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Carla's summertime bouse (ou la bouse de la businesswoman)
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Quand on se veut journaliste rock, il faut parfois payer de sa personne, se sacrifier sur l’autel du disque dont tout le monde parle et surtout, n’en parler qu’après l’avoir écouté… Pourtant, avec cet album, la tentation était énorme !

Le « buzz » autour de sa sortie, le contexte de son écriture, son système promotionnel d’écoute gratuite comme un cadeau fait au petit peuple, autant de raisons d’avoir envie de tailler la chose sans prendre la peine de se pencher dessus… Mais voilà, le devoir commande et puisque l’on nous offre la possibilité de passer 120 minutes en compagnie de cette musique élyséenne, il serait dommage de s’en priver afin de conserver la plus totale objectivité !

Et bien, croyez le ou non, je n’ai pu tenir que onze minutes sur les deux heures proposées ! En toute objectivité. Le premier titre, « Ma jeunesse », est un ego-trip complaisant servi sur une mélodie d’une banalité à laquelle l’auteur de « Quelqu’un m’a dit » ne nous avait pas habitué. Autant j’avais été troublé et séduit à l’époque de la sortie de son premier album, autant cette entame d’album n’annonce rien de bon… Suit « La possibilité d’une île », une adaptation peu inspirée du texte pseudo-philosophique indigeste du sieur Houellebecq, aussi pesant et pompeux que l’original. La possibilité de l’ennui se transforme en certitude !

La chanson suivante, « l’amoureuse », a quelques chances d’obtenir un certain succès en radios et pour cause, c’est presque un plagiat de « La dernière minute » tiré du premier album de la chanteuse ! Si ça a marché à l’époque, aucune raison que ça ne prenne pas aujourd’hui … Carla Bruni n’essaye même plus de chanter d’ailleurs, elle chuinte ! Dès qu’une note a le malheur de durer plus d’une seconde, elle disparaît dans une sorte de soupir à la limite du cancer du larynx !
Vient ensuite « Tu es ma came », aux rimes aussi pauvres que le pouvoir d’achat du français moyen. On reste dans le chuintement permanant et on oublie bien vite la brise de scandale qui avait soufflé sur ce titre, car pour qu’il y ait scandale, il faudrait pouvoir en comprendre les paroles… Les trois morceaux suivants subissent le même traitement, entre auto parodie et déclaration d’impuissance créative la miss nous remplit les oreilles avec une poésie digne des années collèges et un étalage d’états d’âmes dont le monde se moque éperdument. On a très envie de lui dire qu’on en a pas grand-chose à faire de sa vie mais bon, on est qu’à la moitié de l’album… Et puis de toute façon, on ne comprend toujours pas le quart de ce qu’elle raconte.

C’est à ce moment précis que le sacrilège m’atteignit les tympans. « You belong to me », l’une des plus belles chansons de Bob Dylan se retrouve massacrée sans procès, comme karcherisée de toute émotion par la chanteuse aphone ! Sur l’original, le Barde faisait résonner sa voix nasillarde et vieillissante pour transporter l’auditeur dans un monde de douceur et de douleur d’une vérité crue, un monde où le temps passait au ralenti. Ici, le temps s’est arrêté pour de bon et on tape sur sa montre pour vérifier qu’elle marche encore, et on a hâte que ça se termine ! Accordons cependant à la belle d’avoir d’excellents goûts musicaux, cette reprise n’étant certes pas évidente au regard de toutes celles qu’elle aurait pu choisir.

« Le temps perdu » tiens, on en parlait justement et je ne l’ai même pas fait exprès ! Une chanson qui commence par « Le temps des cerises et le temps des roses… » Y’aurait-t-il une petite critique sous jacente ? On y voit plutôt le temps des noyaux et des épines, c’est mou et toujours aussi désespérément long. On zappe donc.
On zappe même tellement que je vous fait un lot pour les quatre suivantes, tant tellement rien n’en sort , toujours du moi-moi-moi, à croire qu’elle subit la mauvaise influence d’une personnalité à l’égo hypertrophié à défaut d’autre chose, mais qui donc cela peut-il être ? La question reste posée, en attendant ce n’était pas un service à rendre à l’artiste !

Petit bémol dans cet océan de mièvrerie pénible, la dernière chanson « il vecchio e il bambino ». C’est toujours au ralenti mais pour le coup, cela se prête assez bien à l’ambiance du titre interprété dans sa langue maternelle par la chanteuse transalpine. La variété italienne n’étant pas réputée pour son dynamise enfiévré, il n’y a pas vraiment de surprise mais j’avoue qu’après avoir subi le reste du disque, même sans écouter les chansons en entier, ce petit morceau là fait du bien. Une sur onze, on est vraiment loin du compte néanmoins.

Pour résumer, les deux heures d’écoute gratuite sur le site carlabruni.com devraient suffire amplement à tout le monde pour se faire une idée de ce disque à oublier d’urgence, tellement je ne connais personne qui aurait envie de l’écouter plusieurs fois. Il paraît que la belle, pour des raisons de sécurité, ne compte pas se produire en concert pendant plusieurs années… Quel soulagement !
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Voici les 16 dernières réactions à ce commentaire
 Date
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Rédacteur
 11/08/08 à 13h48
...d'aimer ces chansons. Même si, bon, la cover de Dylan hein? L'est quand même bien meilleure, l'originale nan?

En attendant je te jure que je n'ai subi aucine pression de la part de la "Masse", quand je trouve qu'un truc pue, ça n'engage que moi !

En définitive, tout le talent de Carla Bruni résidait en un certain Louis Bertignac semble-t-il, c'est mon opinion à moi tout seul! Juré craché!
 08/08/08 à 21h02
.. un jour il faudra que j'écrive un comm sur la psychologie de masse, la mauvaise foi, les pressions du collectif sur l'individuel, etc... ou alors essayer de démonter les mécanismes qui font qu'un individu vient à prendre un avis dans la société contemporaine.
Mais peut-être que ça existe déjà : bon des mecs comme Nietzsche ou Foucault avaient un peu réfléchi là-dessus je crois...

En attendant, j'ose dire que moi j'aime bien "la possibilité d'une île', "salut marin" ainsi que "Déranger les pierres" ou "you belong to me" parce que j'y trouve des résonances personnelles fortes. Voilà.

Enfin je me mets à leur place les journalistes es-musique...
 19/07/08 à 09h05
malheureusement ont bien marché,
quelqu'un m'a dit ca
hier sur france inter
qui fait la promo de l'album
sevice public oblige ????
pa'ce que quand même, c'était déjà pas terrible terrible, le yaourt...
http://fr.youtube.com/watch?v=MZCXyM3hJuo
 13/07/08 à 23h43

 13/07/08 à 22h36
ni tant d'opprobe: mais ça fait un comm.
. .
.
 13/07/08 à 21h01
oublie pas les vieux adages de nos croutons: "le rire châtie les moeurs" et hop les coeurs
la bise
bon, scred, je trouve que tu fais des efforts pour être objectif (je suis sérieuse)
et mort aux vaches
 13/07/08 à 20h34
de l'objectivité de cette chronique. Un album au titre en rapport avec le contenu donc.
carla ? que le mari de sa femme s'envoie...
je m'amuse à aller sur des fiches de copains ou au feeling et de découvrir de nouveau sons

bonobo : superbe !
je me sent polluée
et harcelée
voila