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Tranche de mort
 Tranche de mort
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catégorie : tranche de vie
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Je ne vais pas parler du film, une personne dont je ne me souviens plus du pseudo l'a très bien fait. Il m'a même donné l'envie de ce commentaire.


1982

(septembre) Ils sont entrés en fin d’après-midi - et du haut de nos terrasses, nous regardions - sous la bienveillante impassibilité de Tsahal. ‘’Des non juifs qui massacrent des non juifs, en quoi cela nous regarde-t-il’’ disait le premier ministre. L’histoire jugera, peut-être, et peut-être qu’il sera dit un jour que le ’’boucher ’’ a les mains couvertes de sang.
Ils voulaient anéantir toutes les infrastructures terroristes, traquer à la lueur des fusées les derniers fedayins, - et du haut de nos balcons, nous regardions - quelle démence s’est alors emparée de leurs esprits, les poussant à perdre leur humanité ?
2 jours, 40 heures, 36 heures ?
700, 1300, 3500 ? civils massacrés, hommes, femmes, vieillards, enfants, bébés.
Crânes défoncés, cuisses arrachées, bras coupés, corps éventrés, fœtus arrachés.

1982, j’avais 25 ans et je m’occupais d’un petit centre social dans une cité de transit. J’ai reçu de plein fouet l’horreur de cette abomination et partagé l’émoi de mes ’’frères et sœurs’’ arabes. J’ai compris ce qu’était la douleur, la haine, la culpabilité.

2004

(mai) Nous arrivons à Borj al Barajneh le jour de la commémoration de la Naqba (la catastrophe). C’est étrangement festif ; une foule immense, tout le camp est présent, se presse sur le terrain vague devenu ‘’place du village’’. Une estrade est dressée, et de magnifiques enfants vêtus des costumes de chaque région palestinienne dansent pour notre plaisir. C’est même joyeux.
A Chatila, l’atmosphère n’est pas la même. La tension est palpable et tout le temps que durera notre séjour là-bas, nous ne serons jamais détendus.
Je dors dans la famille de Marmhoud, toute la nuit la lumière reste éclairée hormis lorsqu’il y a des pannes d’électricité (fréquentes ). Ils sont sans cesse sur le qui-vive et je me rappelle l’affolement qui les gagne à chaque passage des voitures de police, toutes sirènes hurlantes quand elles circulent à la périphérie du camp. Je visite leur arsenal, ils devront être prêts lorsque la foudre s’abattra encore sur eux, lorsqu’ils retourneront en enfer. Nous communiquons dans un mauvais anglais mais il n’est pas besoin des mots pour ressentir la tragédie d’un peuple marqué par l’exil forcé et l'impossible intégration, un peuple sans identité. Un peuple martyr dans l’incapacité de faire la paix avec son destin et laisser la mémoire faire œuvre d’apaisement. Un peuple traumatisé poursuivi par son malheur, seul legs à ses enfants.

Ce devait être un terrain vague, transformé en fosse commune après la tuerie, sur lequel a été édifié par manque de place un immeuble. C’est un des cimetières, dans un rez-de-chaussée désert et sur les murs duquel on peut lire comme une longue litanie beaucoup de noms.


''Je ne vous pardonnerai jamais d'avoir bouleversé un pays que j'aimais, dans une débauche monstrueuse de bêtise et de mort. Dans les camps de Sabra et Chatila, mon père et ma mère, que j'ai perdus dans l'holocauste, ont été assassinés pour la seconde fois"
Itzhak Orpaz




Irak, Tchétchénie, Rwanda, etc… et du haut de nos balcons, nous regardons.


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Voici les 23 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 20/08/08 à 11h31
IL LUI PLAIT,FORTUNE FAIT AVOIR,
GLOIRE ET HONNEUR,RICHESSES ET SAVOIR..
MALGRE GRANDS ENNUIS ENTREMELES DE JOIE..
VIENDRA L'AUBE ILLUMINER MA FOI..
 20/08/08 à 09h13
pour un coeur qui résonne à la vue de la détresse humaine.votre
sensibilité marque votre écrit qui me touche profondément.En ces temps ou
les gens sont économes de sentiments,de sincérité,vous etes là,debout,
avec un tempérament entier,frontal...
je dois vous dire que le rapprochement et la paix entre les peuples
se feront,meme si parmi nous il y a ceux qui regardent par dessus leurs balcons.Gardons espoir..L'espoir ,cette manne du ciel,ce bienfait de DIEU sur la terre,
le baton de l'aveugle, la lumière de l'orphelin et de l'opprimé.....
Malgré tout,le genre humain mérite votre amour,votre combat,vos écrits...
..permettez moi de vous serrer la main..ou plutot
vous donner l'accolade..car je vous admire..
et MERCI..
 04/08/08 à 21h35
Puisque tu as été là-bas, tu comprends...

Merci à tous pour vos réactions,
même à rivale qui a compris d'abord comme ça l'arrangeait et quand ça ne l'arrangeait plus, qui n'a plus rien compris du tout
et à gadjo... gadjo (soupir)
 04/08/08 à 21h11
J'étais à Sabra en 1975;
Surtout merci pour eux.
 01/08/08 à 18h20
entièrement d'accord avec vos réactions
la barbarie n'a pas de bord, ni de nationalité,ni de religion, elle est humaine malheureusement
certains contextes peuvent l'aggraver , certains mots-maux aussi
 01/08/08 à 15h05
être d'un bord ou de l'autre bord. Il y aurait donc, sur cette planète, ceux que l'on peut massacrer et ceux pour lesquels il convient de s'indigner ?

Quand à la dernière phrase "du haut de nos balcons, nous regardons" elle est terrible par la vérité qu'elle nous inflige en pleine figure.
Oui, nous regardons, oui nous savons ! et que faisons-nous ?
L'indignation est la moindre des choses.

de toute évidence, certains n'en sont même pas capable qui choisissent d'abord leur camp avant de commencer à réfléchir
mais il faut apprendre à lire moins vite ou alors plus attentivement.
Je n'ai jamais parlé d'objectivité dans ce conflit.
Je demandais simplement à gadjo de porter un regard plus objectif sur mon écrit.


je suis tout à fait d'accord avec gadjoalone. En effet mieh-mieh, après vous avoir relue (je vous avais lue trop vite), je me suis aperçue que vous étiez de l'autre bord. Ce qui m'a induite en erreur, c'est votre citation d'Itzak Orpaz (est-elle tiré de son livre, les Fourmis!) Libre à vous d'avoir votre point de vue, et libre à moi d'avoir le mien
 01/08/08 à 14h40
hors loin de moi l'envie de polémique.

Quant à vous, gadjoalone, je ne porte pas de jugements tranchés ou abrupts si vous êtes capable de me lire objectivement.
arabe, donc extérieur à un conflit qui semble insoluble? Pour moi, non.
 01/08/08 à 14h10
j'ai sans doute été horriblement peu claire, même carrément hermétique dans mon propos car visiblement vous n'avez pas compris du tout.
...tout simplement parce que vous parlez de quelque chose que vous avez vécu de l'intérieur, à savoir Israël, où vous avez été très active notamment en 1982. C'est votre expérience personnelle qui a retenu mon attention.

L'énumération de la fin atténue dommage la puissance de votre narration.
Oui, la tragédie du peuple juif. L'antisémitisme est bien antérieur au Christ, il remonte aux Pharaons. Israël ne connaîtra pas la paix car il est né d'une extermination et que les pays arabes n'admettront jamais Eretz Israël. Ce pays ne se porte pas si mal mais il est et restera un pays en guerre. Quant à la diaspora juive à laquelle j'appartiens, elle peut dire merci à la France d'aujourd'hui, et au XVIème siècle, à la Turquie.
J'utilise un diminutif, si tu le permets
 01/08/08 à 13h02
 01/08/08 à 12h49
Quel temps en Haute Savoie ?
Bisous
 01/08/08 à 12h49
Mais puisque tu me connais un peu, tu sais que je parle avec le coeur


 01/08/08 à 12h48
j'ai des frissons de partout et j'ai envie de pleurer

lire l'attentat de yasmina khadra, c'est très fort aussi
 01/08/08 à 11h47
 01/08/08 à 11h43
de sortir un magnifique com juste avant le mien ?
Tu vas accaparer tous les lecteurs et je vais me sentir orphelin
Bisous.