Septembre 1982. Guerre du Liban. Des miliciens phalangistes pénètrent dans deux camps de réfugiés palestiniens à Beyrouth ouest. Environ 3000 civils sont exécutés. C’est ce qu’on a appelé ensuite le massacre de Sabra et Chatila.
Cette zone était occupée par l’armée israélienne et aujourd’hui encore les débats sont nombreux pour savoir son rôle exact. S’il est reconnu qu’elle n’a pas participé à l’exécution sommaire des civils, sa présence passive au moment du massacre reste encore ambigüe.
Ca c’est le coté politique du massacre.
Le film d’animation dont je voulais parler « Valse avec Bachir » de l’israélien Ari Folman évoque aussi cette période trouble à travers l’histoire d’un soldat israélien.
Le film commence en 2007 par l’évocation des cauchemars d’un homme d’une cinquantaine d’années : des chiens féroces courent dans la ville, s’arrêtent en bas de chez lui, menaçants. Ce rêve amènera cet homme à se replonger dans ses souvenirs de jeune adulte, en revoyant ses anciens compagnons de guerre, celle du Liban, où dès l’âge de 19 ans ces garçons sont envoyés.
Au cours du film, cet homme réussira grâce aux témoignages des anciens soldats qu’il a côtoyés à reconstituer sa propre histoire, se souvenir de ce qu’il a vu et fait au Liban. Cette démarche d’introspection nous amènera finalement jusqu’au camp de Chatila , point d’orgue de l’histoire.
Coté esthétique, j’ai trouvé le dessin animé magnifique. Il réussit à mélanger des scènes aussi variées que des discussions entre amis, des scènes de guerre épouvantables, et des scènes complètement irréelles qui donnent une sorte de beauté glaçante, toujours sur le fil.
Certaines d’entre elles sont absolument splendides, celle où le jeune garçon se retrouve dans l’eau sur le corps d’une sirène géante qui lui sert de radeau, phantasme onirique d’une mère absente ?
Il y a aussi cette scène où un des soldats virevolte à travers les balles dans Beyrouth comme un pantin. Enfin, cette scène où trois hommes sortent nus de l’eau dans une lumière crépusculaire, face aux immeubles de Beyrouth et marchent comme des automates vers on ne sait quel destin.
Après ces images très esthétisantes, on est replongé brutalement dans des scènes beaucoup plus réalistes, celles de la guerre du quotidien, celles où il faut évacuer les cadavres des soldats dans les chars, et finalement ces deux minutes d’images vidéo authentiques de la tuerie de Sabra et Chatila qui clôturent le film.
« La guerre c’est moche », c’est finalement ce qu’on retient de ce film.
Je trouve que la façon de nous montrer ces soldats errants, ces soldats sans certitude au sein d’une guerre dont le sens leur échappe, visiblement déboussolés est vraiment très émouvante et décrite avec beaucoup de sensibilité et pudeur.
Coté graphique, je ne m’y connais pas trop, alors je ne saurais pas dire si le dessin est proche d’une école ou d’une autre. Quelquefois certaines scènes m’ont rappelé la BD Maus de Spiegelman, notamment la scène apocalyptique où le dessinateur décrit ses terreurs nocturnes.
Bref, le tout donne un mélange vraiment original, à la fois captivant et émouvant.
La bande annonce :
http://fr.youtube.com/watch?v=7OFoA5H7of4&feature=related
et deux extraits :
http://fr.youtube.com/watch?v=HOsNGNZ9kAE&NR=1
http://fr.youtube.com/watch?v=DHPM5m1K0mI&feature=related
Cette zone était occupée par l’armée israélienne et aujourd’hui encore les débats sont nombreux pour savoir son rôle exact. S’il est reconnu qu’elle n’a pas participé à l’exécution sommaire des civils, sa présence passive au moment du massacre reste encore ambigüe.
Ca c’est le coté politique du massacre.
Le film d’animation dont je voulais parler « Valse avec Bachir » de l’israélien Ari Folman évoque aussi cette période trouble à travers l’histoire d’un soldat israélien.
Le film commence en 2007 par l’évocation des cauchemars d’un homme d’une cinquantaine d’années : des chiens féroces courent dans la ville, s’arrêtent en bas de chez lui, menaçants. Ce rêve amènera cet homme à se replonger dans ses souvenirs de jeune adulte, en revoyant ses anciens compagnons de guerre, celle du Liban, où dès l’âge de 19 ans ces garçons sont envoyés.
Au cours du film, cet homme réussira grâce aux témoignages des anciens soldats qu’il a côtoyés à reconstituer sa propre histoire, se souvenir de ce qu’il a vu et fait au Liban. Cette démarche d’introspection nous amènera finalement jusqu’au camp de Chatila , point d’orgue de l’histoire.
Coté esthétique, j’ai trouvé le dessin animé magnifique. Il réussit à mélanger des scènes aussi variées que des discussions entre amis, des scènes de guerre épouvantables, et des scènes complètement irréelles qui donnent une sorte de beauté glaçante, toujours sur le fil.
Certaines d’entre elles sont absolument splendides, celle où le jeune garçon se retrouve dans l’eau sur le corps d’une sirène géante qui lui sert de radeau, phantasme onirique d’une mère absente ?
Il y a aussi cette scène où un des soldats virevolte à travers les balles dans Beyrouth comme un pantin. Enfin, cette scène où trois hommes sortent nus de l’eau dans une lumière crépusculaire, face aux immeubles de Beyrouth et marchent comme des automates vers on ne sait quel destin.
Après ces images très esthétisantes, on est replongé brutalement dans des scènes beaucoup plus réalistes, celles de la guerre du quotidien, celles où il faut évacuer les cadavres des soldats dans les chars, et finalement ces deux minutes d’images vidéo authentiques de la tuerie de Sabra et Chatila qui clôturent le film.
« La guerre c’est moche », c’est finalement ce qu’on retient de ce film.
Je trouve que la façon de nous montrer ces soldats errants, ces soldats sans certitude au sein d’une guerre dont le sens leur échappe, visiblement déboussolés est vraiment très émouvante et décrite avec beaucoup de sensibilité et pudeur.
Coté graphique, je ne m’y connais pas trop, alors je ne saurais pas dire si le dessin est proche d’une école ou d’une autre. Quelquefois certaines scènes m’ont rappelé la BD Maus de Spiegelman, notamment la scène apocalyptique où le dessinateur décrit ses terreurs nocturnes.
Bref, le tout donne un mélange vraiment original, à la fois captivant et émouvant.
La bande annonce :
http://fr.youtube.com/watch?v=7OFoA5H7of4&feature=related
et deux extraits :
http://fr.youtube.com/watch?v=HOsNGNZ9kAE&NR=1
http://fr.youtube.com/watch?v=DHPM5m1K0mI&feature=related
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il semble s'en dégager une poésie et une force importante d'après ce que je lis de toi et d'autres critiques
et en même temps il me fait peur car je crains que notamment la dernière scène me soit insupportable
très bon com
et en même temps il me fait peur car je crains que notamment la dernière scène me soit insupportable
très bon com
Je n'ai pas de proposition plus pertinente pour ta sélection de films, désolé...
oui la bande son est très réussie aussi. Ca m'a "amusé" d'entendre PIL sur ce genre d'images, c'était inattendu. Pour la scène d'intro, ça ne m'a pas choqué plus que ça, mais en y réfléchissant c'est vrai que les mouvements des chiens étaient peut être un peu saccadés.
oceannox, merci j'avais oublié la soupe aux choux
euhreka, si tu y vas une troisième fois, préviens moi, que notre point commun le reste
oceannox, merci j'avais oublié la soupe aux choux
euhreka, si tu y vas une troisième fois, préviens moi, que notre point commun le reste
Les souvenirs de guerre sont très impressionnants. Cette plongée dans la mémoire est vraiment passionnante.
La bande son contient beaucoup de morceaux cultes des années 80 et des morceaux de rock israéliens vraiment excellent.
Mais je mettrais un petit bémol : la scène d'intro avec les chiens est un peu démodée. Quand on connaît les possibilités actuelles avec l'animation, on se dit qu'elle aurait pu être beaucoup plus fluide et réaliste. Mais c'est la seule faute de goût.
Merci pour ton commentaire. Je crois que tout est dit dedans.
Le site officiel : http://www.valseavecbachir-lefilm.com
La bande son contient beaucoup de morceaux cultes des années 80 et des morceaux de rock israéliens vraiment excellent.
Mais je mettrais un petit bémol : la scène d'intro avec les chiens est un peu démodée. Quand on connaît les possibilités actuelles avec l'animation, on se dit qu'elle aurait pu être beaucoup plus fluide et réaliste. Mais c'est la seule faute de goût.
Merci pour ton commentaire. Je crois que tout est dit dedans.
Le site officiel : http://www.valseavecbachir-lefilm.com
Y'a même pas un film avec JCVD ni "La soupe aux choux" ! Très décevant...
A voir en VO si tu peux ! Et la bande son est aussi très réussie...
Je ne l'ai pas encore vu mais j'ai encore plus envie d'aller le voir à présent...

Moi, j'adoooooooooooooooore les goûts de celui qui s'écoute parler !

je présume alors que la liste des goûts sur ta fiche est à prendre au second degré...
28/07/08 à 16h04
Quelle connerie la guerre ! (Prévert)
Et vive la musique (sa B.O.).
Et vive la musique (sa B.O.).


Je réagis à ce commentaire en
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je-m-ecoute-parler
publié le 28 juillet 08