Chronique de l'amitié (et de ses dépendances) dont se prend un vieux cow-boy, campé par Tommy Lee Jones avec les mêmes notes de dérision que lorsqu'il interprétait K., pour Melquiades, un immigré clandestin mexicain qu'il recueille et à qui il offre un emploi de vaquero. Enfin tout au moins pour la première partie du film. Chronique donc de la migration et de l'intégration des wet backs (ou espaldas mojadas, littéralement dos mouillés, puisqu'ils traversent le Rio Grande durant leur voyage) dans un Texas traditionaliste et légèrement réactionnaire, personnifié par les membres de la migra, la police des frontières, et en particulier par un de ses agents complètement caricatural, zélé, machiste, violent, mais en vérité pas vraiment maître de ses moyens. Et c'est là forcément que vient le drame, qui amène avec lui la seconde partie du film, le second effet Kiss Cool. Ou la quête entêtée et à la limite de l'absurde, qui fait suite à la promesse faite d'un ami à un autre, de l'enterrer dans son village natal. Le village en question est de l'autre côté de la frontière, de l'autre côté du désert, et c'est un voyage long, lent et pesant qui se profile, à dos de cheval pour ne pas se faire repérer par les douaniers et qui a posteriori me fait un peu penser à une aventure de Don Quichotte des temps modernes. Je ne dirais pas que ce film est mauvais, je ne dirais pas qu'il est génial non plus, il évoque certains détails de situations humaines parfois difficiles, en jouant également sur les histoires personnelles des personnages secondaires, il parle de la force d'une amitié même par delà la mort, il montre enfin l'obstination déterminée d'un homme et les conséquences positives que celle-ci peut avoir sur le comportement de son entourage.
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Yvzn
publié le 11 sept. 06