Dessinateur réunionnais, Tehem (y'a pas d'accent !) s'est fait connaitre en métropole avec la série Malika secouss. Auparavant il débuta avec des bandelettes dessinées avec bulles créoles -ma série préférée-, Tiburce, sous titrée Ilet Titby, coincé entre la ravine gluante et le bras des moustiques. A la Réunion un ilet est un petit village planqué dans un cirque, qui sont au nombre de trois. Dans le désordre Cilaos, Salazie et Mafate. Chacun a sa spécificité, Cilaos c'est un petit air de station balnéaire des Pyrénées, avec son lac et son ancien grand hôtel. Salazie, le plus oriental, comme tout le côté est de l'ile, est le plus arrosée, le plus luxuriant, renommé par sa flore (et la culture des chouchous, autrement appelés christophine ou encore chayotte, en gratin y'a pas de mot) et sa faune. Bonjour les babouks, http://fr.youtube.com/watch?v=ZFWJmcLI5Js ! Mafate est le plus sauvage, aucune route, pas de voiture donc, le pied, le paradis des randonneurs. Et l'univers d'Angelo, le facteur du site, sa tournée dure la semaine !
Arrêtons là le descriptif, je reviendrai certainement pour parler plus longuement de cette ile magnifique, sa population cosmopolite et sa nourriture extra (après avoir gouté un litchi sur place, impossible d'avaler les malgaches que l'on trouve par chez nous).
Tiburce donc est un yab des hauts (pléonasme accepté pour la bonne compréhension), ie un habitant des hauts de l'ile de phénotype blanc. La plupart sont issus des descendants cadets des familles métropolitaines qui s'étaient installée sur le littoral et qui n'héritant pas de la plantation familiale se trouvaient repoussés dans les cirques.
Bien sûr le temps passant, le métissage se fit, c'est un trait prononcé de la Réunion. Mais l'isolement dans les cirques a fait que quelques familles se sont guère mélangées.
Tiburce est jeune, il va à l'école mais l'apprécie peu, d'autant plus qu'il ne peut y parler créole. Pour se déplacer il ne connait qu'un moyen de locomotion, le pneu-à-bâtons, seul façon de franchir les ravines en faisant un maximum d'éclaboussures.
Les autres personnages sont son père, un érudit dans le domaine de la distillerie qui possède l'étonnante capacité de retrouver son chemin après avoir testé moult rhums arrangés. Il y a aussi le père Griberger, Mémé Florida, vieille dame respectable un peu sorcière mais qui ne maitrise que très rarement sa magie, Tiquatorze, sorte de SDF du cru au sexe féminin très indéterminé, Gratapoulé, médecin et maire à l'ambition démesurée, Patelia, le marchand de textiles qui habille n'importe qui n'a pas peur du ridicule, Zézé et sa soeur les amis de Tiburce, Law-Law l'épicier du coin aux fameux macatias (petits pains sucrés) en béton et Saint-Expedit, voyant-médium romain en plâtre peint (c'est une divinité) qui résout à peu près tout, dont les autels de bric et de broc ornent le bord de toutes les routes et chemins de l'ile.
La série, qui compte 4 tomes, nous compte donc la vie quotidienne du sympathique garçonnet, pas avare de bêtises et plaisanteries visant tout ce qui est vivant dans le coin.
Quelques exemples de dialogue, sans les images la compréhension est difficile mais bon.
Tiburce "Y reste a ou macatia au chocolat ?"
Law-Law "Mi fais pas macatia au chocolat !"
Tiburce "... Mais ?! Hier moin la achète a ou deux !! Et l'était bon, oui !!"
Law-Law "Oté Rosy ! Rode plus out' cochon d'inde ! Lu l'est dans la farine !"
Assez clair, juste préciser roder qui signifie chercher.
La principale source de revenus de la famille est les allocations familiales, sujet qui donne lieu à plusieurs bandes et gags, comme le père recevant en guise de réponse de la caisse à un courrier un préservatif !
Il est assez dur de raconter un BD très graphique, et qui je dois l'avouer fait son effet d'autant plus que l'on connait l'ile et ses habitants. Mais c'est une bonne porte d'entrée à la découverte de la vie des hauts, nettement moins "civilisée" que sur le littoral. La présence d'un glossaire créole-français permet aussi de se familiariser avec bon nombre de mots et d'expressions locales bien imagées.
domoune : les gens
lé gayar : c'est intéressant
l'a fine dit a ou : on t'a déjà dit
ou koné : tu sais
totoche ton nenene : censuré (injure)
mon zié y carte : mes yeux s'écarquillent
endormi : caméléon endémique
paille-en-queue ; très bel oiseau blanc
tang : sorte de hérisson qui est fêté chaque année à la Grande Chaloupe (on le mange !)
zamal : herbe locale, plusieurs qualités (le grain, sec-au-pied, ...)
Et bien d'autres dont les produits locaux, la Dodo principale marque de bière avec un dodo sur l'étiquette, rhum charette (ou rak) vendu en pile plate (flasque petit format), kombava sorte de citron un peu amer, les bouchons, bonbons piments, samoussas (miam)...
Ces albums petit format sont maintenant trouvables en métropole, le dépaysement est garanti, et la bonne humeur y est très présente.
Quelques liens pour conclure.
http://www.bedetheque.com/serie-2119-BD-Tiburce.html
http://www.livranoo.com/livre-Reunion-Tiburce-2-Votez-Law-Law-342.html
L'ancien site d'une revue de BD défunte
http://sites.reunionweb.org/margouillat/
Et le portail des Mascareignes
http://www.mascareignes.com/
Oté la Renyon.
Arrêtons là le descriptif, je reviendrai certainement pour parler plus longuement de cette ile magnifique, sa population cosmopolite et sa nourriture extra (après avoir gouté un litchi sur place, impossible d'avaler les malgaches que l'on trouve par chez nous).
Tiburce donc est un yab des hauts (pléonasme accepté pour la bonne compréhension), ie un habitant des hauts de l'ile de phénotype blanc. La plupart sont issus des descendants cadets des familles métropolitaines qui s'étaient installée sur le littoral et qui n'héritant pas de la plantation familiale se trouvaient repoussés dans les cirques.
Bien sûr le temps passant, le métissage se fit, c'est un trait prononcé de la Réunion. Mais l'isolement dans les cirques a fait que quelques familles se sont guère mélangées.
Tiburce est jeune, il va à l'école mais l'apprécie peu, d'autant plus qu'il ne peut y parler créole. Pour se déplacer il ne connait qu'un moyen de locomotion, le pneu-à-bâtons, seul façon de franchir les ravines en faisant un maximum d'éclaboussures.
Les autres personnages sont son père, un érudit dans le domaine de la distillerie qui possède l'étonnante capacité de retrouver son chemin après avoir testé moult rhums arrangés. Il y a aussi le père Griberger, Mémé Florida, vieille dame respectable un peu sorcière mais qui ne maitrise que très rarement sa magie, Tiquatorze, sorte de SDF du cru au sexe féminin très indéterminé, Gratapoulé, médecin et maire à l'ambition démesurée, Patelia, le marchand de textiles qui habille n'importe qui n'a pas peur du ridicule, Zézé et sa soeur les amis de Tiburce, Law-Law l'épicier du coin aux fameux macatias (petits pains sucrés) en béton et Saint-Expedit, voyant-médium romain en plâtre peint (c'est une divinité) qui résout à peu près tout, dont les autels de bric et de broc ornent le bord de toutes les routes et chemins de l'ile.
La série, qui compte 4 tomes, nous compte donc la vie quotidienne du sympathique garçonnet, pas avare de bêtises et plaisanteries visant tout ce qui est vivant dans le coin.
Quelques exemples de dialogue, sans les images la compréhension est difficile mais bon.
Tiburce "Y reste a ou macatia au chocolat ?"
Law-Law "Mi fais pas macatia au chocolat !"
Tiburce "... Mais ?! Hier moin la achète a ou deux !! Et l'était bon, oui !!"
Law-Law "Oté Rosy ! Rode plus out' cochon d'inde ! Lu l'est dans la farine !"
Assez clair, juste préciser roder qui signifie chercher.
La principale source de revenus de la famille est les allocations familiales, sujet qui donne lieu à plusieurs bandes et gags, comme le père recevant en guise de réponse de la caisse à un courrier un préservatif !
Il est assez dur de raconter un BD très graphique, et qui je dois l'avouer fait son effet d'autant plus que l'on connait l'ile et ses habitants. Mais c'est une bonne porte d'entrée à la découverte de la vie des hauts, nettement moins "civilisée" que sur le littoral. La présence d'un glossaire créole-français permet aussi de se familiariser avec bon nombre de mots et d'expressions locales bien imagées.
domoune : les gens
lé gayar : c'est intéressant
l'a fine dit a ou : on t'a déjà dit
ou koné : tu sais
totoche ton nenene : censuré (injure)
mon zié y carte : mes yeux s'écarquillent
endormi : caméléon endémique
paille-en-queue ; très bel oiseau blanc
tang : sorte de hérisson qui est fêté chaque année à la Grande Chaloupe (on le mange !)
zamal : herbe locale, plusieurs qualités (le grain, sec-au-pied, ...)
Et bien d'autres dont les produits locaux, la Dodo principale marque de bière avec un dodo sur l'étiquette, rhum charette (ou rak) vendu en pile plate (flasque petit format), kombava sorte de citron un peu amer, les bouchons, bonbons piments, samoussas (miam)...
Ces albums petit format sont maintenant trouvables en métropole, le dépaysement est garanti, et la bonne humeur y est très présente.
Quelques liens pour conclure.
http://www.bedetheque.com/serie-2119-BD-Tiburce.html
http://www.livranoo.com/livre-Reunion-Tiburce-2-Votez-Law-Law-342.html
L'ancien site d'une revue de BD défunte
http://sites.reunionweb.org/margouillat/
Et le portail des Mascareignes
http://www.mascareignes.com/
Oté la Renyon.
réactions : 6
lectures : 414
votes : 3
Voici les 6 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
oté, domoune y koz kréol !
08/10/08 à 10h24
A c't'heure là les honnêtes gens dorment !
mais j'aime bien ton aproche quand meme, t'en connais un rayon et tu as l'air enthousiaste, et il faut nourir l'enthousiasme, meme underground
ps j'ai un album des freaks chez moi et tes coms son interessant meme si je les lis pas tous
ps j'ai un album des freaks chez moi et tes coms son interessant meme si je les lis pas tous
sur le deuxième lien que j'ai donné. Mais les frais de port depuis la Réunion sont au prix du livre ! M'en fous, viens de commander le 4 que j'avais pas, les autres achetés sur place !
Vous racontez bien en "synthèse" qui va à l'essentiel pour camper le décor et l'ambiance.
J'ai vécu mon adolescence "là bas"... dont un an à Cilaos (là fallait s'accrocher... mais il ya avait les jolis séminaristes qui se balladaient dans l'unique rue principale le samedi après midi !).
ça me parle un max votre évocation ! merci
J'ai vécu mon adolescence "là bas"... dont un an à Cilaos (là fallait s'accrocher... mais il ya avait les jolis séminaristes qui se balladaient dans l'unique rue principale le samedi après midi !).
ça me parle un max votre évocation ! merci


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









bushdoctor
publié le 5 oct. 08