"Femmes noire, femme obscure... les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau...."
Y-a-t-il plus belle poésie? Merci Monsieur Senghor, (qui épousa une normande), au moins pour votre poème!
http://www.franceweb.fr/poesie/senghor1.htm
Du monde, d'en haut, aller vers d'autres lieux, envisager l'inconnu, l'étreindre, m'exalter...
Sur la piste, déposée des airs sur cette terre gorgée d'eau, je me sens la peau transparente. Le ciel gronde, se gorge, assombrit tout autour de moi. Il est midi pourtant, je cours après le temps, j'efface de mon visage l'eau qui éclate, de mes yeux? du ciel?
Qu'ai-je fui? Qu'ai-je oublié?
J'abandonne mes pieds aux flaques insolentes, je tourne, offrant ma face au ciel, que me veux-tu encore? Où est pour moi la paix?
J'entends soudain les rires, les cris, ce sont les enfants qui on prit part d'abord à ma danse. La mère les poursuit, menaçant des pires représailles, mais, au contact de la pluie sur sa peau, elle aussi sourit, rit, brandit son nouveau né au bord de cet espace. Tout s'agite alors, tourbillonne...
J'éclabousse de bonheur, ruissèle d'espérance.
Où suis-je?
Mais soudain je me souviens, au cœur de la saison des pluies, j'ai quitté la France il y a quelques heures, me voilà à BoBo, laissant Ouaga làbas. Plusieurs heures de train, de chaleur moite, Mes épaules et mes cuisses se collent à des épaules et des cuisses inconnues, entre les bagages et le poison séché. L'odeur de ces corps mêlés est forte, obsédante, parfums, épices, agités, malaxés, caresse nos narines, nous grise, ivresse d'une proximité chaleureuse. Sous le siège, le coq en colère, tente à chaque secousse du wagon, de se relever, les pattes liées par un morceau de vieux tissu. J'arrache par la vitre un sachet d'eau glacée, contre quelques pièces de monnaie. Le froid sur mon front apaise ma violence. Je déchire un coin du plastique avec mes dents, laisse cet écoulement jouer lentement sur mes lèvres, glisser au fond de ma gorge, je ferme les yeux. Le plaisir m'enivre, m'inspire, me secoue, s'effrite, le long de mes cuisses la sueur s'écoule, je suis bien, je suis loin...
J'ironise.
Le bus 32 direction St Jérome, m'entraine vers mon quotidien, le chauffeur me sourit, encore bronzé à cette époque de l'année, le Maghreb m'enchante juste à côté. Marseille, la bienheureuse, toute pleine de soleil, comme un fruit mûr même en plein hiver. Je me laisse entrainer, j'essuie juste une goutte qui perle là, cabotine, indécente...
Mutine, je bondis hors de mes habitudes, je m'esclaffe du sérieux de mes semblables, semblables? Pas si sur, moi qu'un rien amuse. Toujours prête à prendre le large, le plus largement possible. Les liens eux me rendent pale, l'enfermement d'un brouillard opaque, d'un esprit rétrécit, rencontré au hasard, me foudroie, m'entraine , hors de moi, assaillie de colère noire, tremblante d'une rage sourde, je déteste cela, me faire hors de ma joie de vivre, sortir...
A mes petites moues, ma paye est raisonnable!
Mes musiques sont lointaines, exotiques, lancinantes.
Ma tortue dessinée dans un bois d'origine lointaine,
Mille et une questions pour mille et une nuits à l'igloo endormie, je ne bougerais plus jusqu'à la fonte des neiges, si l'amour, un jour, aussi fort m'étreignait!
Y-a-t-il plus belle poésie? Merci Monsieur Senghor, (qui épousa une normande), au moins pour votre poème!
http://www.franceweb.fr/poesie/senghor1.htm
Du monde, d'en haut, aller vers d'autres lieux, envisager l'inconnu, l'étreindre, m'exalter...
Sur la piste, déposée des airs sur cette terre gorgée d'eau, je me sens la peau transparente. Le ciel gronde, se gorge, assombrit tout autour de moi. Il est midi pourtant, je cours après le temps, j'efface de mon visage l'eau qui éclate, de mes yeux? du ciel?
Qu'ai-je fui? Qu'ai-je oublié?
J'abandonne mes pieds aux flaques insolentes, je tourne, offrant ma face au ciel, que me veux-tu encore? Où est pour moi la paix?
J'entends soudain les rires, les cris, ce sont les enfants qui on prit part d'abord à ma danse. La mère les poursuit, menaçant des pires représailles, mais, au contact de la pluie sur sa peau, elle aussi sourit, rit, brandit son nouveau né au bord de cet espace. Tout s'agite alors, tourbillonne...
J'éclabousse de bonheur, ruissèle d'espérance.
Où suis-je?
Mais soudain je me souviens, au cœur de la saison des pluies, j'ai quitté la France il y a quelques heures, me voilà à BoBo, laissant Ouaga làbas. Plusieurs heures de train, de chaleur moite, Mes épaules et mes cuisses se collent à des épaules et des cuisses inconnues, entre les bagages et le poison séché. L'odeur de ces corps mêlés est forte, obsédante, parfums, épices, agités, malaxés, caresse nos narines, nous grise, ivresse d'une proximité chaleureuse. Sous le siège, le coq en colère, tente à chaque secousse du wagon, de se relever, les pattes liées par un morceau de vieux tissu. J'arrache par la vitre un sachet d'eau glacée, contre quelques pièces de monnaie. Le froid sur mon front apaise ma violence. Je déchire un coin du plastique avec mes dents, laisse cet écoulement jouer lentement sur mes lèvres, glisser au fond de ma gorge, je ferme les yeux. Le plaisir m'enivre, m'inspire, me secoue, s'effrite, le long de mes cuisses la sueur s'écoule, je suis bien, je suis loin...
J'ironise.
Le bus 32 direction St Jérome, m'entraine vers mon quotidien, le chauffeur me sourit, encore bronzé à cette époque de l'année, le Maghreb m'enchante juste à côté. Marseille, la bienheureuse, toute pleine de soleil, comme un fruit mûr même en plein hiver. Je me laisse entrainer, j'essuie juste une goutte qui perle là, cabotine, indécente...
Mutine, je bondis hors de mes habitudes, je m'esclaffe du sérieux de mes semblables, semblables? Pas si sur, moi qu'un rien amuse. Toujours prête à prendre le large, le plus largement possible. Les liens eux me rendent pale, l'enfermement d'un brouillard opaque, d'un esprit rétrécit, rencontré au hasard, me foudroie, m'entraine , hors de moi, assaillie de colère noire, tremblante d'une rage sourde, je déteste cela, me faire hors de ma joie de vivre, sortir...
A mes petites moues, ma paye est raisonnable!
Mes musiques sont lointaines, exotiques, lancinantes.
Ma tortue dessinée dans un bois d'origine lointaine,
Mille et une questions pour mille et une nuits à l'igloo endormie, je ne bougerais plus jusqu'à la fonte des neiges, si l'amour, un jour, aussi fort m'étreignait!
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pluiesd-ete
publié le 4 déc. 07