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J’aurais eu tendance à vouloir chercher mes mots, une approbation, à tenter d’écrire quelque chose qui plaise, à faire exploser les réactions et les mails...ca fait longtemps et il y en a qui m’ont beaucoup manqués. Sans doute. Mais cela c’est une autre histoire…
Là je ne peux que partager avec vous…et penser a eux, plus qu’a tout…
Ce documentaire, n’est pas un documentaire comme les autres, que je déteste cette phrase banale mais indispensable, pas de palettes ni de monstres ni de pétales de roses.
Et je ne peux qu’espérer que d’autres documentaires comme Congo Na Biso, feront parler ce qu’on tait, vivre ce que l’on oppresse.

Le rideau se lève…Il ne me reste plus qu’à lui laisser raconter son histoire…

Je m’appelais Zaire et j’avais tout pour être heureux. De la force, de l’intelligence, un fleuve magnifique, une foret immense, du cobalt, de l’or, de uranium, du pétrole, de l’argent…beaucoup d’argent pour être convoité et aimé. J’acquis l’indépendance en 1960 et je rêvais d’un avenir coloré tout autant que ces fragments de vie qui me composent. Ce n’était qu’un rêve…bercé par la musique d’un peuple qui l’utilise pour survivre.
Mais le Congo que je devins fut tout sauf libre.
Assassinats (Lumumba en 1961 et Kabila père en 2001, dictature (plus de 30 ans de mobutisme), guerre ( de 1996 à 2002), domination (belge, rwandaise, ougandaise…), envahissement, corruption, viols, pillages, terreur, violence, voilà ce que fut mon destin.

Puis l’espoir de paix, de transition, de changements, d’élections libres, démocratiques et transparentes.

Qu’en savez-vous de ce que c’est de ne pas pouvoir même pas choisir ?
De vivre dans la poussière et dans le sang. D’avoir plus facilement d’armes que de pain. De devoir s’imaginer le visage de celui qu’on va élire au dépit de recevoir des journaux dans les provinces…
Qu’en savez vous de ce que c’est de pas pouvoir tout simplement s’exprimer ?
De cette presse qui souffre, sans professionnels, sans moyes techniques, sans pouvoir être diffusée convenablement et qui est contrainte au coupage, censure effectuée par les politiciens qui payent pour qu’on parle ou l’on taise leurs magouilles.
Qu’en savez vous de ces femmes orphelines violées et malades…
De ces hommes qui ont tout perdu…
De ces enfants contraint à tuer avant d’apprendre à vivre.
Il y en a qui sont obligés de vivre dans le silence, de subir le régime, de manger des déchets, de vivre dans l’insalubrité, de ne pas pouvoir lire un journal qui couté un dollar pour un salaire qui en atteins rarement 20…

Qu’en savez vous de la joie ressentie par ces gens en allant voter, malgré tout ?

Le rideau tombe…
C’est si facile de fermer les yeux. D’être racistes. De préférer la peur de l’autre, l’ignorance, la surévaluation de la différance, de préférer l’exclusion plutôt que l’affronter, la comprendre.
C’est si facile de vivre dans ce petit monde…
Alors on continue dans l’ignorance à se voiler la face. A lire des sonneries. A se morfondre parce qu’une riche héritière ira en prison pour avoir trop bu.
Et on est tous pareils, qui plus qui moins. La faute des traditions, des médias, des gouvernements, des soucis quotidiens ? Non, personne ne peut donner la faute aux autres.
On ne peut pas changer le monde. On a pas tous les moyens, le temps, la vocation pour leur tendre la main.
Mais les yeux sont faits pour regarder, les oreilles pour écouter, la bouche pour s’exprimer et réagir contre les dérapages humains, dont nous sommes tous responsables.
Les rêves sont faits pour penser que la justice ce n’est pas qu’une illusion…
Personne ne pourra jamais arrêter ceux qui veulent vraiment s’exprimer, sortir de leur trou, croquer la vie, dénoncer. Même la mort n’aura pas de gains sur le rôle qu’ils jouent…

Je vivais dans une petite bulle et je l’ignorais. Je savais pas mal de choses mais je les minimisais, mettait dans un tiroir confortable entouré par la certitude que cela n’arrive qu’aux autres. L’American dream, les iles étalés au soleil à l’ombre d’un palmier, un week-end sur une gondole à Venise, une visite aux kangourous australiens… Voilà notre vision du monde…
Que sait-on des pays pauvres, au delà de la misère ?
Connaître leur histoire, serait une façon pour, au dépit de les sauver, nous sauver.
Un film, une vérité, pour redescendre les pieds sur terre et se rendre compte que les choses les plus simples sont du bonheur…dans un pays ou lorsqu’il y a sang, corruption, c’est une exception. Dans un pays où, aussi imparfaite soit-elle la presse peut s’exprimer et où l’on peut choisir nos dirigeants même si on n’est pas tous d’accords.
Ca s’appelle la démocratie et tandis que certains en rêvent, d’autres la bafouent en la dissociant de la tolérance…

A regarder rapidement parce qu’on a pas de temps à perdre…on à toujours quelque chose à apprendre, quelqu’un à découvrir…





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Voici les 17 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
J'aime aussi profondément ce pays et ces gens.............
Certainement MON pays.
 07/06/07 à 21h26
Le documentaire est excellent, tout comme le commentaire A voir, pour tout ceux qui s'intéressent à l'Afrique, à la politique, et à tous les autres.
il nous avait aussi manqué
 06/06/07 à 13h19
ils ne les soutiennent pas ils les mettent en place et la nuance est de taille!
sujet toujours d'actualité et comment !!
magnifique manière d'en parler
maintenant il faut faire pression sur les politiques pour qu'ils arrêtent de soutenir les dictateurs qui vampirisent l'Afrique et ceci pour commencer
même si les solutions sont toujours complexes
 06/06/07 à 01h50
caribabou
 05/06/07 à 19h34
... s'exprimer, comme par exemple Florence Aubenas et le photographe Anthony Suau, dans "On a deux yeux de trop" (Actes Sud)
à la page 50 de ce témoignage sur le Rwanda : "Et nous, on voudrait être aveugles. On voudrait être sourds."
... mais on en a bien besoin. Merci pour ce regard bien posé et ... partagé !
 05/06/07 à 15h10
soupalafraise
 05/06/07 à 15h07
sont parfois à l'infini, comme il n'y a jamais tout blanc ou tout noir, si au lieu de nous plaindre, nous sommes vigilant pour notre propre démocratie, elle déterminera les autres, celles des pays en développement anciennes colonies où nous choisissons qui doit vivre et qui doit mourir. Vaste monde triste, si c'était si simple, comme nous serions heureux.
J'aime beaucoup votre pseudo

Bisous petit soleil.
 05/06/07 à 14h23
merci pour cette richesse et ce sens des autres, quand sévit ici le nombrilisme.

et merci d'être revenue
 05/06/07 à 14h04
plouf !