Il était là, depuis plusieurs heures déjà, et nous n'avions rien vu.
Oh, bien sûr, nous avions entendu son tapage, mais il y en a tellement, par chez nous ! Voyez, nous logeons dans un modeste trois pièces de banlieue ; ancien, moulures en plâtre, parquet plein d'échardes malintentionnées. Surtout, cet appartement possède deux cheminées décoratives bien que fonctionnelles, l'une dans notre chambre, l'autre dans le salon.
De ces conduits s'échappent bien souvent les roucoulades intempestives des pigeons posés sur le faîte de l'immeuble. L'âtre de chaque cheminée est bouché par un volet métallique, ce qui diminue le volume sonore, mais le conduit a une acoustique particulière qui l'amplifie. C'est la raison pour laquelle le bruit caractéristique en provenance de la cheminée de la chambre ne nous a pas alerté tout de suite. C'est le chat qui nous mit la puce à l'oreille. Lorsqu'il pénétra dans la chambre où je bullais en caleçon, il se dirigea droit vers le foyer, se planta devant le rideau métallique et commença à feuler comme un tigre mangeur d'homme devant un touriste américain.
Un con de pigeon était tombé du toit dans le conduit de la cheminée et s'était retrouvé dans l'âtre, chez nous, passager clandestin de notre vaisseau de pierres.
Comment expulser ce colocataire indélicat ?
Dans cette situation, on peut tout imaginer, notamment le pire, et je suis très bon à ce jeu-là. Je voyais déjà l'appartement rempli de plumes bouffies de parasites, un pigeon, mort des suites de sa rencontre avec le chat, qu'il faudra évacuer, ma compagne se vidant de son sang sous l'effet des griffes du greffier qu'elle aura voulu saisir, et moi gisant sans connaissance, devenu borgne après la rencontre de mon oeil avec le bec, la patte ou l'aile du ramier pris de panique à la sortie de sa cache incongrue. On rejouait « Les Oiseaux » dans ma carrée ; je ne pensais pas qu'on pût avoir autant les foies avec un simple pigeon sans être ornithophobe.
A quoi m'a conduit la folle du logis ? J'ai saisi le chat qui faisait les cent pas devant la cheminée et l'ai foutu dehors, comme j'ai l'habitude de le faire quand je veux rester seul avec ma concubine favorite pour lui raconter la dernière histoire de Toto. J'ai foutu ladite dehors aussi. J'ai ouvert la fenêtre. Me suis mis à quatre pattes, plaqué sur le côté de la cheminée, muni d'un cintre dont le crochet me servit à soulever le volet. J'attendis la furieuse envolée du pigeon qui ne vint jamais.
Je risquais alors un oeil craintif dans l'âtre, prêt à bondir en arrière au moindre mouvement suspect qui allait à coup sûr m'éborgner. Rien.
J'avais les mains sur les hanches et l'oeil plein de points d'interrogation quand ma compagne entra accompagnée du chat. Celui-ci se jeta sous le lit, se mit à claquer des dents et à regarder fixement, des lueurs meutrières dans les yeux, le sommet de l'armoire. Le pigeon nous y regardait de son air con de pigeon, et nous le regardions de notre air con de contribuables abonnés à EDF. Il était bêtement sorti en se dandinant puis, silencieusement, s'était posé sur ce perchoir.
Le cintre me servit encore, d'arme cette fois, pour effrayer le volatile. Il n'en fut guère impressionné ; j'en étais à me demander si je n'aurais pas plus de succès en lui agitant une boîte de petits pois devant les yeux quand il s'envola mollement par la fenêtre. Je l'y suivit pour l'accompagner du regard et jouir de ma satisfaction du travail héroïque bien fait.
Là, mes yeux tombèrent sur la voisine d'en face qui affichait un sourire narquois. J'étais à la fenêtre, en caleçon, un cintre à la main, poursuivant un pigeon, et cette jolie conne s'en amusait.
Les gens n'ont plus le sens de l'épopée, aujourd'hui.
Oh, bien sûr, nous avions entendu son tapage, mais il y en a tellement, par chez nous ! Voyez, nous logeons dans un modeste trois pièces de banlieue ; ancien, moulures en plâtre, parquet plein d'échardes malintentionnées. Surtout, cet appartement possède deux cheminées décoratives bien que fonctionnelles, l'une dans notre chambre, l'autre dans le salon.
De ces conduits s'échappent bien souvent les roucoulades intempestives des pigeons posés sur le faîte de l'immeuble. L'âtre de chaque cheminée est bouché par un volet métallique, ce qui diminue le volume sonore, mais le conduit a une acoustique particulière qui l'amplifie. C'est la raison pour laquelle le bruit caractéristique en provenance de la cheminée de la chambre ne nous a pas alerté tout de suite. C'est le chat qui nous mit la puce à l'oreille. Lorsqu'il pénétra dans la chambre où je bullais en caleçon, il se dirigea droit vers le foyer, se planta devant le rideau métallique et commença à feuler comme un tigre mangeur d'homme devant un touriste américain.
Un con de pigeon était tombé du toit dans le conduit de la cheminée et s'était retrouvé dans l'âtre, chez nous, passager clandestin de notre vaisseau de pierres.
Comment expulser ce colocataire indélicat ?
Dans cette situation, on peut tout imaginer, notamment le pire, et je suis très bon à ce jeu-là. Je voyais déjà l'appartement rempli de plumes bouffies de parasites, un pigeon, mort des suites de sa rencontre avec le chat, qu'il faudra évacuer, ma compagne se vidant de son sang sous l'effet des griffes du greffier qu'elle aura voulu saisir, et moi gisant sans connaissance, devenu borgne après la rencontre de mon oeil avec le bec, la patte ou l'aile du ramier pris de panique à la sortie de sa cache incongrue. On rejouait « Les Oiseaux » dans ma carrée ; je ne pensais pas qu'on pût avoir autant les foies avec un simple pigeon sans être ornithophobe.
A quoi m'a conduit la folle du logis ? J'ai saisi le chat qui faisait les cent pas devant la cheminée et l'ai foutu dehors, comme j'ai l'habitude de le faire quand je veux rester seul avec ma concubine favorite pour lui raconter la dernière histoire de Toto. J'ai foutu ladite dehors aussi. J'ai ouvert la fenêtre. Me suis mis à quatre pattes, plaqué sur le côté de la cheminée, muni d'un cintre dont le crochet me servit à soulever le volet. J'attendis la furieuse envolée du pigeon qui ne vint jamais.
Je risquais alors un oeil craintif dans l'âtre, prêt à bondir en arrière au moindre mouvement suspect qui allait à coup sûr m'éborgner. Rien.
J'avais les mains sur les hanches et l'oeil plein de points d'interrogation quand ma compagne entra accompagnée du chat. Celui-ci se jeta sous le lit, se mit à claquer des dents et à regarder fixement, des lueurs meutrières dans les yeux, le sommet de l'armoire. Le pigeon nous y regardait de son air con de pigeon, et nous le regardions de notre air con de contribuables abonnés à EDF. Il était bêtement sorti en se dandinant puis, silencieusement, s'était posé sur ce perchoir.
Le cintre me servit encore, d'arme cette fois, pour effrayer le volatile. Il n'en fut guère impressionné ; j'en étais à me demander si je n'aurais pas plus de succès en lui agitant une boîte de petits pois devant les yeux quand il s'envola mollement par la fenêtre. Je l'y suivit pour l'accompagner du regard et jouir de ma satisfaction du travail héroïque bien fait.
Là, mes yeux tombèrent sur la voisine d'en face qui affichait un sourire narquois. J'étais à la fenêtre, en caleçon, un cintre à la main, poursuivant un pigeon, et cette jolie conne s'en amusait.
Les gens n'ont plus le sens de l'épopée, aujourd'hui.
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Rédacteur
tu m'as révélé : je vais écrire des romans d'épouvante, attention, le Stephen King du XXIème siècle est né !
D'ailleurs, j'ai une idée d'histoire avec un monstrueux mulot dans une cave à vin...
D'ailleurs, j'ai une idée d'histoire avec un monstrueux mulot dans une cave à vin...
les rats volants ne sont pas nos amis, brrrr.
y'en avait sans doute plein sur le pigeon, mais la mienne n'y était pas, elle n'a pas pu voir son papa dans sa geste épique...
ah, enfin quelqu'un qui a le sens de l'héroïsme !
merci pour ton p'tit mot
Je ne suis pas abonné, donc pas de réponse... mais le coeur y est !
Je ne suis pas abonné, donc pas de réponse... mais le coeur y est !
et la puce ?
on avait Hercule qui combattait l'hydre à plein de têtes à mains nues, maintenant on a Doude qui affronte un pigeon géant avec un cintre, les temps ont changé mais les héros demeurent 

je ne regarderai plus les pigeons avec le même oeil
Je ne savais pas que la crécelle faisait partie intégrante d'une batterie.
Voici un de solo avec autour un peu de grat' : John ne s'emmêle même pas les bras dans ses cheveux longs... Moby Dick :
http://fr.youtube.com/watch?v=L47lv3QTkbo&feature=related
Voici un de solo avec autour un peu de grat' : John ne s'emmêle même pas les bras dans ses cheveux longs... Moby Dick :
http://fr.youtube.com/watch?v=L47lv3QTkbo&feature=related
15/05/08 à 17h59
olafgrossebaf
Rue de Nantes - Oldelaf et Monsieur D
Je m'baladais dans la rue de Nantes
Quand quelque chose me tomba dessus
Je mis mon doigt c'était de la fiente
Ah merde, les pigeons m'ont déçu !
Me nettoyant je fis un grand geste
Pour enlever ce fard incongru
Une vieille reçut ma main un peu leste
Et tomba au milieu de la rue
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Ca s'est passé dans la rue de Nantes
La vieille était allongée par terre
Un jeune cycliste de vingt ans ou trente
Tentant d'éviter la grand-mère
Fit un écart vers un trente-huit tonnes
Qui l'écrasa sans faire de manières
Puis dérapa en fauchant trois nonnes
Et défonça un grand mur en pierre
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Y avait des cris dans la rue de Nantes
Les gens couraient vers le camion fou
Qui dans le zoo avait fait une fente
D'où s'échappaient quelques kangourous
Les marsupiaux tentèrent une ruse
En bondissant vers n'importe où
Le hasard les mena à l'écluse
Mais en sautant ils bloquèrent les écrous
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Sacré bazar dans la rue de Nantes
L'eau du canal envahit les quais
Elle inonda l'usine attenante
Qui des éponges fabriquait
Là tout imbibées, elles gonflèrent
Les murs autour finirent par céder
Et pas de chance car passait derrière
Tout le Bagad de Lann Bihoué
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Des éponges qui explosent
Le Bagad est morose
Apocalypse dans la rue de Nantes
Cent vingt bignous se mettent à sonner
Le bruit était proche de l'épouvante
Jusque dans l'espace on l'entendait
Désorientée la fusée Ariane
Vint se crasher devant un ramier
Qui s'envola et que Dieu le damne
Revint sur moi se soulager
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Des éponges qui explosent
Le Bagad est morose
Une fusée qui se croûte
Les pigeons me dégoûtent
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Des éponges qui explosent
Le Bagad est morose
Une fusée qui se croûte
Les pigeons me dégoûtent
J'en ai marre des pigeons
Je déteste les pigeons
Oui je hais les pigeons
Oui je hais les pigeons !
Je m'baladais dans la rue de Nantes
Quand quelque chose me tomba dessus
Je mis mon doigt c'était de la fiente
Ah merde, les pigeons m'ont déçu !
Me nettoyant je fis un grand geste
Pour enlever ce fard incongru
Une vieille reçut ma main un peu leste
Et tomba au milieu de la rue
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Ca s'est passé dans la rue de Nantes
La vieille était allongée par terre
Un jeune cycliste de vingt ans ou trente
Tentant d'éviter la grand-mère
Fit un écart vers un trente-huit tonnes
Qui l'écrasa sans faire de manières
Puis dérapa en fauchant trois nonnes
Et défonça un grand mur en pierre
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Y avait des cris dans la rue de Nantes
Les gens couraient vers le camion fou
Qui dans le zoo avait fait une fente
D'où s'échappaient quelques kangourous
Les marsupiaux tentèrent une ruse
En bondissant vers n'importe où
Le hasard les mena à l'écluse
Mais en sautant ils bloquèrent les écrous
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Sacré bazar dans la rue de Nantes
L'eau du canal envahit les quais
Elle inonda l'usine attenante
Qui des éponges fabriquait
Là tout imbibées, elles gonflèrent
Les murs autour finirent par céder
Et pas de chance car passait derrière
Tout le Bagad de Lann Bihoué
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Des éponges qui explosent
Le Bagad est morose
Apocalypse dans la rue de Nantes
Cent vingt bignous se mettent à sonner
Le bruit était proche de l'épouvante
Jusque dans l'espace on l'entendait
Désorientée la fusée Ariane
Vint se crasher devant un ramier
Qui s'envola et que Dieu le damne
Revint sur moi se soulager
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Des éponges qui explosent
Le Bagad est morose
Une fusée qui se croûte
Les pigeons me dégoûtent
Un pigeon m'a fait d'ssus
Y a une vieille dans la rue
Un cycliste écrasé
Un camion éclaté
Des kangourous en fuite
Une écluse toute remplite
Des éponges qui explosent
Le Bagad est morose
Une fusée qui se croûte
Les pigeons me dégoûtent
J'en ai marre des pigeons
Je déteste les pigeons
Oui je hais les pigeons
Oui je hais les pigeons !
... c'est pas vraiment grave... c'est trop petit pour deux... parlez-moi d'un bon sanglier ! Si jamais il en échoue un dans ta cheminée, n'y touche pas, c'est que le père Noël se sera trompé d'adresse... Tu me contacte... J'ai l'habitude !
A la condition que tu me laisses en prime de quoi faire un sac à main pour ma douce et tendre qui les collectionne au mépris du budget du ménage.
La prochaine fois que j'ai un crocodile planqué sous mes sièges de voiture je t'appelle !!!
c'est toi, la voisine ???
elle a un pigeon mastar à domicile, je crois.
car il n'est pas conseillé de roucouler devant les pigeons 

J'aime bien les pigeons !
et toi, tu es une voyeuse, tss !
Doude, tu es un héros des temps modernes ! On s'y croirais 

le regard de la voisine eût sans doute été différent. Mais il ne manquerait plus que mon caleçon soit la cible d'un de ces columbidae intrusifs et inopportuns ! Il y avait déjà bien assez de parasites comme ça dedans.
ne pas trop me moquer parce que depuis quelques jours, un couple emplumé rôde et roucoule pas loin de mes fenêtres.
Sauf que moi, j'ai pas de chat. Et que mon Conan-en-caleçon est parti en vacances sans moi... Il m'a bien laissé un ou deux cintres, mais y'a des chemises accrochées dessus alors si c'est pour me taper du repassage une fois que j'aurai occis les volatiles, merci bien !
Sauf que moi, j'ai pas de chat. Et que mon Conan-en-caleçon est parti en vacances sans moi... Il m'a bien laissé un ou deux cintres, mais y'a des chemises accrochées dessus alors si c'est pour me taper du repassage une fois que j'aurai occis les volatiles, merci bien !
Un oeil, et un caleçon. Ce qui commence à faire pas mal.
J'ai risqué un oeil, dans l'affaire, quand même
C'est lui qui est en danger, tout de même.
mais j'assume totalement mes perversions ; d'ailleurs Mireille Dumas, Jean-Luc Delarue et Evelyne Thomas se battent pour m'avoir, mais je ne me laisserai pas faire. Mes infirmiers non plus ne les laisseront pas faire. Non mais !
l'utilisation du cintre comme instrument de torture volatile n'est pas un geste innocent et dépourvu de sens. Au contraire. Je préfère te prévenir.
Plus ou moins... on prend ce qu'on a sous la main, mais la main est souvent guidée par le conditionnement culturel...
ça fait longtemps que j'invite les amants de ma femme à bouffer ; j'ai plus de place pour mes fringues, si je le fais pas !
c'est un hommage posthume ?
Ca change de l'amant dans le placard (prochain épisode ?)

... ce que Conan a de plus que moi, avec son pagne et son cure-dents ! C'est bien ce que je disais : l'époque n'est plus à l'épique.
le regard triomphant...
Je comprends que la voisine se marre !
Pas assez relu, bourré de fautes ; désolé, les puristes rectifieront d'eux-mêmes 

Ils ont de beaux yeux ; c'est seulement le regard qui est con
15/05/08 à 11h25
Mais toute ressemblance entre vous et le pigeon n'est peut-être pas complètement fortuite.
post-scriptum: sinon, les pigeons ont de très beaux yeux, il faut savoir les regarder...



@@@@@


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 











doudebaolescu
publié le 15 mai 08