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Suede is dead
 Suede is dead
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catégorie : chronique
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(...)

-Et si on se faisait le top de la honte ? Le méa culpa musical !
-Oh oui ! J'ai cru en the verve. J'ai cru qu'Oasis allait être un bon groupe
-Moi j'ai même cru en Richard Ashcroft en solo. Et j'ai cru pendant longtemps qu'Oasis étaient ENCORE un bon groupe.

Un moment d'hésitation et je lâche la tuerie, le pêché ultime.

-J'ai été fan de Suede
-Je le suis toujours. Brett Anderson est toujours aussi sexy à mes oreilles
-Moi aussi mais Suede n'existent plus. Mais j'ai acheté The Tears, et même son album solo.

Suede, Brett Anderson. La britpop. Les souvenirs remontent. Qu'est ce qu'il en reste 10 ans après 1998, l'année ou tout à basculé dans le n'importe quoi, dans le Robbie Williams, dans le TravisColdplay. Not much... mais tout de même, étrange coïncidence. Cette année, en 2008, trois événements. Un nouvel album d'Oasis, la reformation de The Verve, et surtout, le nouvel album de Brett Anderson. On passera rapidement sur les premiers. On commence à en avoir l'habitude. On ne sait plus trop ce qui peut encore motiver Oasis, ou ce qu'il en reste. Peut être une sorte de routine... Oasis a été un grand groupe entre 1994 et 1996, après quoi ils auraient du se séparer. Mais un groupe ne se sépare pas à ce moment là, donc ils ont continué. A sortir des albums de plus en plus insignifiants, des albums qui ne sont même pas mauvais, mais qui ne sont pas bons pour autant. Et à enchaîner les tournées, de plus en plus convenues, où les fans d'Oasis, qui commencent à ressembler de plus en plus aux fans des Rolling Stones, viennent écouter les mêmes tubes tous les deux ans, un peu comme disait John Peel à propos des Stones, un peu comme on va visiter les ruines de Pompéi.

The Verve, c'est plus intéressant. D'abord parce que ce groupe en est déjà à sa deuxième reformation, ce qui commence à tenir de l'acharnement thérapeutique. La première fois, ça n'avait pas duré bien longtemps, et tout le monde s'en foutait, parce que le groupe n'avait jamais vraiment percé, et puis aussi un peu parce qu'à l'époque c'était juste une bande de chevelus vaguement psychédéliques aux chansons embrumées. La deuxième fois, ils avaient, entre temps, volé la vedette à Oasis avec un Urban Hymns beaucoup plus malin et intéressant que le lamentable Be Here Now des Gallagher enfarinés dans leur saladier de coke et leur vénération stupide des Beatles qui avait tourné au pastiche. Une sublime Bitter Sweet Symphony empruntée aux Stones, des ballades belles à en mourir et des envolées rock et psychédéliques monstrueuses (Come On), comment ne pas y croire ? Barbieturik y a cru, j'y ai cru, tout le monde y a cru. Et puis ils sont repartis aussi vite qu'ils sont arrivés. On s'est alors dit que Richard Ashcroft pourrait émerger comme une espèce d'artiste providentiel, de singer/songwriter héritier de Neil Young ou de Bob Dylan. Et le problème, c'est que lui même y a tellement cru, à son désir d'universalité, qu'il n'a rien pu en sortir d'autre que trois albums solo creux comme c'est pas permis, aux textes gnangnans sur son bel amour avec l'ex Spiritualized Kate Radley ou sur ses réflexions philosophiques sur l'univers qui nous entoure ("we are on a rock, spinning silently", pfff), aux arrangements pourris par des requins de studio à la Pino Palladino et un son désespérément plat. Il m'a tellement déçu, Ashcroft, qu'à la seule occasion qu'il avait de se racheter, à Rock en Seine 2006, il n'est même pas venu, ce con. Il s'est défilé, remplacé par Kasabian. Alors que peut on attendre de la re-reformation de The Verve ? Pas grand chose de pire, mais ça laisse le champ libre à de bonnes surprises. Juste dommage qu'on s'en fout.

Alors ? Alors il reste Brett Anderson. Moi, j'ai toujours aimé Suede. La période grandiloquente et sombre avec Bernard Butler, la période plus pop avec Richard Oakes. Même le dernier album, A New Morning. La voix de Brett Anderson m'a toujours fait fondre. Brett Anderson est un vrai survivant. D'abord parce qu'il a essayé de mener le frêle radeau Suede contre vents et marées. Le départ de Bernard Butler, guitariste génial mais égo démesuré, n'a pas réussi à le faire flancher. La presse ne l'a pas épargné. Brett Anderson a continué à s'accrocher. Et quand ça n'était plus possible, il a tenté la réconciliation avec son passé. Un nouveau groupe avec Bernard Butler, The Tears. Un assez bon album et un beau rêve, forcément foutu d'avance. On ne revit jamais ses 20 ans. Ni nous, quand nous écoutions Definitely Maybe ou Dog Man Star, ni lui. Ce qui aura au moins permis de tordre le cou a un cliché qui veut que Bernard Butler soit parti avec tout ce qui faisait de Suede un groupe spécial. Here Come The Tears n'était en rien différent des derniers Suede. Parce que le vrai génie, c'était Anderson, pas Butler. Ce dernier ne faisait que sublimer son talent. Bref... après cette expérience, le "bisexuel qui n'a jamais eu de relation homosexuelle" a finalement décidé de fendre l'armure et de s'assumer sous son seul nom, avec un premier album solo éponyme, encore un peu timide, encore trop influencé par les guitares de Suede. Mais prometteur quand il s'en éloignait (Love is Dead, The More We Possess The Less We Own Of Ourselves). Et la promesse a été tenue. Brett vient de sortir Wilderness. Un deuxième album débarrassé de tout, les artifices, les guitares, les paillettes, Bernard Butler, Suede. Wilderness, c'est l'enterrement de la britpop. Tout est mort, tout a disparu, à part la voix de Brett Anderson, un piano, une guitare acoustique et quelques cordes. C'est le plus bel album qui ait porté sa voix depuis Dog Man Star. Les textes sont magnifiques, il n'a jamais été aussi bon. Sa voix est de plus en plus belle, légèrement erraillée par des années d'excès mais toujours aussi évocatrice. Les mélodies sont là. Vers la fin, il reçoit la visite d'Emmanuelle Seigner. Petit moment précieux, dont il aurait même pu se passer, mais c'est toujours ça de pris. Brett Anderson a réussi à tuer ses 20 ans, alors que ses collègues de l'époque continuent de courir après.

-Je sèche...
-menteur !
-j'attends le nouvel album de The Verve
-Hihi
-j'ai cru que le trip hop annonçait la mort du rock'n'roll ! ah non pire : j'ai cru en The Prodigy !

(...)
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Voici les 16 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 31/08/08 à 04h17
bon ben jai jamais osé acheter un album, tu mas vacciner bro'
alors moi je te balance 2 valeurs sure , super galere a trouver

REDSKINS/ NEITHER WASHINGTON NOR MOSCOU ou en peel secion
kick over the statues
et
BLURT!!! aboule ton fric, est leur seule chanson en français je crois, ils sont 3 sans basse mais avec un sax chanteur ovni comme on les aime
el hijo del rock ya se volvio funky
a voir sur scene absolument , theatre dunois 1993 (si on veux avoir une chance de comprendre)
 18/08/08 à 10h40
cette discussion me rappelle quelque chose

Ai très envie du dernier dandy Brett du coup , merci !

Faut que je te parle de la jolie zik découverte à Saint Malo
 16/08/08 à 09h56
Sur pills, thrills & bellyaches, leur classique, Bez est credité comme "Bez : Bez" l'homme qui joue de lui même. De Mansun, j'adore surtout Six, un album completement dingue.
C'est mon trésor caché, perso, c'est Mansun. Jamais compris pourquoi ils n'ont pas marché autant que les autres.

http://www.youtube.com/watch?v=LbMqdix6C_A

Bah sinon impossible de parler de britpop sans eux, http://www.youtube.com/watch?v=b-aIFKvWHvM

Et puis les petits rigolos de Happy Mondays
http://www.youtube.com/watch?v=i21jr1-V7oY. Un destin bien tragique en vérité pour Bez, leur danseur, qui a fini il y a quelques années sur le plateau de l'émission de téléréalité Celebrity Big Brother.
 12/08/08 à 20h46
de tomaok
du décalage culturel en pleine poire
trop trash la vie
et tout se qui s'passe dans not'dos
 12/08/08 à 20h44
 12/08/08 à 20h22
Blur le groupe est malheureusement mort de sa belle mort. Quelque part, ils auront au moins eu le mérite de se séparer sur une très bonne note (Think Tank).
 12/08/08 à 13h45
... il y a du renouvellement dans les productions de Albarn, que mon "et Blur alors?" c'était comme une pointe ironique comparative
 12/08/08 à 13h19
je les ai volontairement exclus, parce qu'ils ont finalement tracé leur propre chemin assez tôt, dès leur album Blur de 1997. Puis, Damon Albarn a continué à papillonner entre ses gorilles cartoon et ses multiples projets, souvent très intéressants.

Be Here Now, en fait, ça dépend des jours. Parfois, je le trouve osé et fascinant quelque part, dans son espèce d'honnêteté, genre on va droit dans le mur et on y va à fond. C'est quand même un gros truc balourd, produit la tête dans les lignes blanches. Mais il y'avait au moins encore un côté flamboyant qui a même disparu des albums suivants. Par contre, ils sont effectivement toujours bons sur scène, tout simplement parce que Liam Gallagher a et a toujours eu la classe absolue, sans doute le meilleur "frontman" britannique avec Bobby Gillespie de Primal Scream. Mais ça devient de plus en plus prévisible, leurs concerts, une setlist qui ne bouge presque plus, avec juste des blancs pour insérer les cinq ou six nouveaux morceaux.

Le nouveau single de The Verve ne m'a pas du tout convaincu. Ca a l'air d'être un retour au côté psychédélique des premiers albums. Urban Hymns était déjà presque un album solo de Richard Ashcroft. J'aime beaucoup ce type mais ses albums solo étaient vraiment planplans.

Je ne disais pas que c'était mieux avant, attention. J'adore plein d'artistes actuels. Mais cette époque là me semble révolue, et les quelques survivants ont parfois l'air de courir après, ce qui est toujours un peu vain.

à part de nom....
et apparemment, j'ai pas râté grand chose
mouarf !
 12/08/08 à 12h10
ça doit être la drogue.
donc, normal...
 12/08/08 à 12h07
Oasis sur scène, j'y vais tout de suite.

suede, inégal mais bien: pas de honte à vaoir.

The Verve: chez eux, et chez Ashcroft en particulier, le gros problème, c'est la drogue.

The Prodigy, c'était très bien le temps que ça a été: eux aussi, la drogue... Tiens, ils sont dans mon canton dans deux jours avec Metallica et Rage Against the Machine. Bonne chanse à eux.

Kasabian, c'est un très bon groupe: quelle chance de les avoir vus.

Rien n'est mort: ça vit, ça pullule parfois; mais ça vit, quelque chose survit. Cé'tait pas mieux avant.
 12/08/08 à 09h09

aller...quelques illustrations sonores :

Oasis : champagne supernova http://fr.youtube.com/watch?v=g3C7DECI0jU
et le here now (décrit ici comme lamentable...moi je dirai juste "ennnuyant") http://fr.youtube.com/watch?v=osxsCyU77MY

The Verve, bitter sweet symphony http://fr.youtube.com/watch?v=kJmcTpggknk

Suede
beautiful ones http://fr.youtube.com/watch?v=tkRW8kBdgzg&feature=related
trash http://fr.youtube.com/watch?v=hXo1f37Pexg

Brett tout seul Anderson , Love is dead http://fr.youtube.com/watch?v=UsIiAvmy4zc