Parole donnée… et reprise
Je pense sincèrement que le pardon libère encore davantage la personne qui l'accorde que celle qui le reçoit. C’est la conclusion à laquelle j’en suis arrivée après avoir lu un excellent commentaire récent sur ce thème.
A propos de pardon, que pensez-vous de l'extradition de Marina Petrella, ex-membre des Brigades Rouges ?
Le lien suivant renvoie à un communiqué de l'AFP qui rappelle les faits :
http://afp.google.com/article/ALeqM5iI39bjNUZr7ME4nxA4luqIGn4S8A
J'estime pour ma part que cette décision est inacceptable et je partage la position de François Mitterrand qui « avait annoncé qu’il refuserait d’extrader les Italiens ayant "rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés" ».
L'article du journal "Libération" dont cette citation est tirée se trouve ci-dessous :
http://www.liberation.fr/actualite/monde/273616.FR.php
Enfin, vous trouverez différentes réactions, notamment celle de La Ligue des droits de l'Homme et de différents partis politiques grâce au lien suivant :
http://www.paroledonnee.info/
"Libération" souligne le fait que la position de François Mitterrand avait été "ensuite suivie par neuf gouvernements de droite et de gauche". Il est permis de se demander pourquoi le gouvernement actuel ne respecte pas la parole donnée ? Va-t-on voir toutes nos libertés et tous nos acquis se réduire comme peau de chagrin ? Il me semble que nous en prenons le chemin à un rythme qui s’accélère de façon extrêmement préoccupante.
Je m’oppose vivement à toute forme de violence qu’elle soit verbale ou physique. Je n’approuverai jamais les actes terroristes, quelles qu’en soient leurs motivations. Et la peine de mort en fait partie à mes yeux. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi "Je veux vivre", l'excellent film de Robert Wise remarquablement interprété par Susan Hayward comme référence culturelle.
Mais je pense pour ma part que Marina Petrella n’est plus la femme qu’elle était lorsqu’elle a été jugée et que « l’on n’est pas ce que l’on était, on est ce que l’on est devenu ».
Et honni soit qui mal y pense !
(*) J’ai entendu cette phrase il y a bien longtemps dans un film obscur dont j’ai malheureusement oublié le titre. Je n’en ai retenu que cette idée à laquelle j’adhère pleinement.
Je pense sincèrement que le pardon libère encore davantage la personne qui l'accorde que celle qui le reçoit. C’est la conclusion à laquelle j’en suis arrivée après avoir lu un excellent commentaire récent sur ce thème.
A propos de pardon, que pensez-vous de l'extradition de Marina Petrella, ex-membre des Brigades Rouges ?
Le lien suivant renvoie à un communiqué de l'AFP qui rappelle les faits :
http://afp.google.com/article/ALeqM5iI39bjNUZr7ME4nxA4luqIGn4S8A
J'estime pour ma part que cette décision est inacceptable et je partage la position de François Mitterrand qui « avait annoncé qu’il refuserait d’extrader les Italiens ayant "rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés" ».
L'article du journal "Libération" dont cette citation est tirée se trouve ci-dessous :
http://www.liberation.fr/actualite/monde/273616.FR.php
Enfin, vous trouverez différentes réactions, notamment celle de La Ligue des droits de l'Homme et de différents partis politiques grâce au lien suivant :
http://www.paroledonnee.info/
"Libération" souligne le fait que la position de François Mitterrand avait été "ensuite suivie par neuf gouvernements de droite et de gauche". Il est permis de se demander pourquoi le gouvernement actuel ne respecte pas la parole donnée ? Va-t-on voir toutes nos libertés et tous nos acquis se réduire comme peau de chagrin ? Il me semble que nous en prenons le chemin à un rythme qui s’accélère de façon extrêmement préoccupante.
Je m’oppose vivement à toute forme de violence qu’elle soit verbale ou physique. Je n’approuverai jamais les actes terroristes, quelles qu’en soient leurs motivations. Et la peine de mort en fait partie à mes yeux. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi "Je veux vivre", l'excellent film de Robert Wise remarquablement interprété par Susan Hayward comme référence culturelle.
Mais je pense pour ma part que Marina Petrella n’est plus la femme qu’elle était lorsqu’elle a été jugée et que « l’on n’est pas ce que l’on était, on est ce que l’on est devenu ».
Et honni soit qui mal y pense !
(*) J’ai entendu cette phrase il y a bien longtemps dans un film obscur dont j’ai malheureusement oublié le titre. Je n’en ai retenu que cette idée à laquelle j’adhère pleinement.
réactions : 115
lectures : 1212
votes : 17
Voici les 115 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
Reflex edite regulierement depuis 20 ans un triste receuil appelé
MEURTRE RACISTE ET SECURITAIRE
tres instructif
pour ceux qui veulent des copies jai le cd de lemission de fr3 sur les flics a st denis et ds le 93, qui ont été dénoncé pour tabassage de femmes enceintes et autres blak blanc beur juste parce qu ils habitent le 93
tres instructif
pour ton article meg sur les brigata rosa, j ai personnellement connu des ritals qui en etait dans les années 80, et qui etaient refugiés/cachés (ça depend lesquels) en balieue parisienne, chez des potes entre autre
Mon avis tu le connais deja
bien sur qu il ne faut pas expulser les gens qui ont été refugié,
encore moins elle qui est malade
Pourquoi sarko le fait?
pour la meme raison que les prisonniers français d action directe jann marc rouillan natalie menilgon et les autres qui ne sont pas encore sortie, et ne ce sont jamais repenti, meme s ils sont enfin sortis cette annee pour ces 2 la; (lisez sur www.cequilfautdetruire.org les chroniques de rouillan avant sa sortie)
Nous avons grace a sarko le 1er vrai gouvernement fachiste ou nazional socialiste: un peu de social beaucoup de police et d injustice et de medias, sans oublier le sport, du pain et des jeux.
tous les populistes ont toujours fonctionné comme ça: fidel, staline, adolf, pol pot, lepen...
Autre question plus polemique: d apres ton argument
« l’on n’est pas ce que l’on était, on est ce que l’on est devenu ».
tsahal a tué sans proces de nombreux nazi caché en argentine et ailleurs
d autres ont été expulsé et executé
fallait il les expulser?
en amerik latine la violence est quotidienne et
la vida no vale nada!
on se tue pour rien, l'honneur machiste, l alcool, un cochon, 5 francs, une couleur de peau
les valeurs ne sont pas les memes
tu as connu pas aussi longtemps que moi ;mais ds un pays plus violent que le mien;
alors on va dire que mon opinion a changé avec ma vie
j avais je l avoue la machete dans la voiture et elle m a sauvé la vie plusieurs fois
je deteste la violence
je deteste la loi du plus fort
mais quand tu y es confronté physiquement
ou pire que tu as tes enfants avec toi
tu deviens vite un fauve blessé que tu le veuille ou non
En cité avec les zonards c est pareil
ou tu manges ou te fais manger
A 12 ans apres un coup de tete et un gazage lakrimo
je suis devenu hargneux et stupide
par nécéssité
cf. darwin the survival of species/of the fittest
le besoin crée l outil malgré mes tonnes de philo et de gandhi et martin luther king
bref c est compliqué
mon pere trouve debile ce qu a fait action directe et pas moi
mais moi je suis passé par l amérique, amendement constitution USA jai le droit davoir un flingue, a influencé tout le continent
les 500 ans d esclavage et de massacres indigenes y font aussi pour bcp.
dernierzo, les pays soient disant 'communiste' comme on ta apris a lecole cher hamn (je crois que cest toi)
n avais rien de communiste, je pensais que tout le monde savais ça sur pcc
ceaucescu, jaruzelski, gromiko, kroutchev, tito; etc etc communiste?
a ce moment la jean paul 2 lech walesa et robert hue sont des cocos
dit leur que tu leur retire leur voiture de fonction pour le peuple tu verras s ils sont coco
cuba a la rigueur, et encore je ny suis pas aller verifier
Nous (jemepermet) on prone l autogestion!
decide par toi meme comme l a fait mitterand pour lui meme, sachant qu il etait de droite, que chirac est de gauche et que sarkosy est perdu comme tout les traitres. les 3 sont des traitres; bonne nuit
el hijo del viento
ps: proposition de decret d application sur pcc: on ne parle plus des fautes de frappes d orthograf ect ect
MEURTRE RACISTE ET SECURITAIRE
tres instructif
pour ceux qui veulent des copies jai le cd de lemission de fr3 sur les flics a st denis et ds le 93, qui ont été dénoncé pour tabassage de femmes enceintes et autres blak blanc beur juste parce qu ils habitent le 93
tres instructif
pour ton article meg sur les brigata rosa, j ai personnellement connu des ritals qui en etait dans les années 80, et qui etaient refugiés/cachés (ça depend lesquels) en balieue parisienne, chez des potes entre autre
Mon avis tu le connais deja
bien sur qu il ne faut pas expulser les gens qui ont été refugié,
encore moins elle qui est malade
Pourquoi sarko le fait?
pour la meme raison que les prisonniers français d action directe jann marc rouillan natalie menilgon et les autres qui ne sont pas encore sortie, et ne ce sont jamais repenti, meme s ils sont enfin sortis cette annee pour ces 2 la; (lisez sur www.cequilfautdetruire.org les chroniques de rouillan avant sa sortie)
Nous avons grace a sarko le 1er vrai gouvernement fachiste ou nazional socialiste: un peu de social beaucoup de police et d injustice et de medias, sans oublier le sport, du pain et des jeux.
tous les populistes ont toujours fonctionné comme ça: fidel, staline, adolf, pol pot, lepen...
Autre question plus polemique: d apres ton argument
« l’on n’est pas ce que l’on était, on est ce que l’on est devenu ».
tsahal a tué sans proces de nombreux nazi caché en argentine et ailleurs
d autres ont été expulsé et executé
fallait il les expulser?
en amerik latine la violence est quotidienne et
la vida no vale nada!
on se tue pour rien, l'honneur machiste, l alcool, un cochon, 5 francs, une couleur de peau
les valeurs ne sont pas les memes
tu as connu pas aussi longtemps que moi ;mais ds un pays plus violent que le mien;
alors on va dire que mon opinion a changé avec ma vie
j avais je l avoue la machete dans la voiture et elle m a sauvé la vie plusieurs fois
je deteste la violence
je deteste la loi du plus fort
mais quand tu y es confronté physiquement
ou pire que tu as tes enfants avec toi
tu deviens vite un fauve blessé que tu le veuille ou non
En cité avec les zonards c est pareil
ou tu manges ou te fais manger
A 12 ans apres un coup de tete et un gazage lakrimo
je suis devenu hargneux et stupide
par nécéssité
cf. darwin the survival of species/of the fittest
le besoin crée l outil malgré mes tonnes de philo et de gandhi et martin luther king
bref c est compliqué
mon pere trouve debile ce qu a fait action directe et pas moi
mais moi je suis passé par l amérique, amendement constitution USA jai le droit davoir un flingue, a influencé tout le continent
les 500 ans d esclavage et de massacres indigenes y font aussi pour bcp.
dernierzo, les pays soient disant 'communiste' comme on ta apris a lecole cher hamn (je crois que cest toi)
n avais rien de communiste, je pensais que tout le monde savais ça sur pcc
ceaucescu, jaruzelski, gromiko, kroutchev, tito; etc etc communiste?
a ce moment la jean paul 2 lech walesa et robert hue sont des cocos
dit leur que tu leur retire leur voiture de fonction pour le peuple tu verras s ils sont coco
cuba a la rigueur, et encore je ny suis pas aller verifier
Nous (jemepermet) on prone l autogestion!
decide par toi meme comme l a fait mitterand pour lui meme, sachant qu il etait de droite, que chirac est de gauche et que sarkosy est perdu comme tout les traitres. les 3 sont des traitres; bonne nuit
el hijo del viento
ps: proposition de decret d application sur pcc: on ne parle plus des fautes de frappes d orthograf ect ect
Il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé. Veuillez consulter l'annuaire ou votre centre de renseignements. Il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé. Veuillez consulter l'annuaire ou votre centre de renseignements. Il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé. Veuillez consulter l'annuaire ou votre centre de renseignements.
Bouhhhhhhh bouhhhhhhhhhh bouhhhhhhhhhhh
Bouhhhhhhh bouhhhhhhhhhh bouhhhhhhhhhhh
voici ce que dit mon courriéleur :
« Diagnostic-Code: smtp;550 Requested action not taken: mailbox unavailable »
on dirait que tu est seule au monde, perdue dans le désert numérique. j'espère que tu trouveras vite une oasis...

« Diagnostic-Code: smtp;550 Requested action not taken: mailbox unavailable »
on dirait que tu est seule au monde, perdue dans le désert numérique. j'espère que tu trouveras vite une oasis...
C'est passé... comme une lettre à la poste 
et ça m'est pas revenu à la figure donc je suppute que c'est passé...
La meg et la Laetitia dans le même post. Si c'est pas des grands esprits qui se rencontrent ça hein ;o) J'ai survolé tout ça... je ne vais pas m'exprimer tout de suite sur le fond parce que je manque de "background" sur le pourquoi du comment... mais sur le point particulier de la parole donnée puis reprise, je plussoie dans ton sens. En même temps, ça ne m'étonne pas beaucoup, je me suis résigné à ne plus m'étonner de grand chose depuis mai dernier. Je précise que je suis moi même vigoureusement opposé à toute forme de terrorisme, mais il ne me semble pas que ce soit de ça que tu parles précisément.
Je savais que celui vers lequel je t'ai envoyée t'intéresserait et te plairait. Elle prend des risques énormes.
Respect.
Respect.
Je ne renonce jamais ! 
pollokpark@msn.com
Non d'un petit bonhomme !
Non d'un petit bonhomme !
et dire que j'ai loupé ça !!
yen as à lire dans les commentaires je vais y revenir
yen as à lire dans les commentaires je vais y revenir

tu as mon mail en clair
le tien ne fonctionne pas
le tien ne fonctionne pas
je ne suis pas certaine d'avoir saisie je tente
laetitiacava yahoo fr
nous sommes abonnée donc tout vas bien
pirrrates !
laetitiacava yahoo fr
nous sommes abonnée donc tout vas bien

pirrrates !
Si tu as envie de passer un peu de temps sur le commentaire de Plume, ce n'est pas un problème. L'une de mes adresses électroniques est la suivante :
pollokpark
a informatique
èm
esse
èn
point
com(munication)
pollokpark
a informatique
èm
esse
èn
point
com(munication)
mais aux yeux et au vue de tous !
Il me semble que nous inaugurons ce soir toutes les deux une nouvelle forme de chat sur PCC...
Je suis là...
19/06/08 à 15h10
http://www.dailymotion.com/video/x5cb38_expulses_news
Un grand merci à LN66 de nous l'avoir indiqué.
Un grand merci à LN66 de nous l'avoir indiqué.
"Directive européenne : un jour de honte
Pour le MRAP, le 18 juin 2008 restera comme un jour de honte et d’immense tristesse pour tous les défenseurs des droits de la dignité humaine.
Ce jour, le parlement européen vient de consacrer une conception et unegestion de l’immigration qui réduisent l’immigré à un objet jetable, corvéable et expulsable.
En effet, terrible réalité qui autorise désormais l’enfermement généralisé et l’emprisonnement sans jugement de 18 mois des ressortissants étrangers, l’institutionnalisation d’une forme de bannissement par la mise en place d’une clause de non-retour pendant cinq ans dans les territoires européens, l’autorisation d’expulsion d’enfant en parfaite violation avec les dispositions de la convention internationale des droits de l’enfant, sans compter enfin l’autorisation d’expulsion des femmes enceintes et les personnes victimes de torture.
Devant cet affront à la conscience des défenseurs des droits de l’homme, le MRAP en appelle à la résistance et à la mobilisation citoyenne contre les ravages de cette Europe forteresse.
Fait à Paris, le 18 juin 2008"
Pour le MRAP, le 18 juin 2008 restera comme un jour de honte et d’immense tristesse pour tous les défenseurs des droits de la dignité humaine.
Ce jour, le parlement européen vient de consacrer une conception et unegestion de l’immigration qui réduisent l’immigré à un objet jetable, corvéable et expulsable.
En effet, terrible réalité qui autorise désormais l’enfermement généralisé et l’emprisonnement sans jugement de 18 mois des ressortissants étrangers, l’institutionnalisation d’une forme de bannissement par la mise en place d’une clause de non-retour pendant cinq ans dans les territoires européens, l’autorisation d’expulsion d’enfant en parfaite violation avec les dispositions de la convention internationale des droits de l’enfant, sans compter enfin l’autorisation d’expulsion des femmes enceintes et les personnes victimes de torture.
Devant cet affront à la conscience des défenseurs des droits de l’homme, le MRAP en appelle à la résistance et à la mobilisation citoyenne contre les ravages de cette Europe forteresse.
Fait à Paris, le 18 juin 2008"
Monsieur le ministre,
De tout temps, l’une des caractéristiques fondamentales des êtres humains est qu’ils se déplacent. Aujourd’hui, 175 millions d’hommes et de femmes résident en dehors de leur pays d’origine.
Nous vivons dans un pays où les gens ont tellement peur des policiers qu’ils sautent par la fenêtre pour leur échapper alors qu’ils n’ont rien à se reprocher. C’est arrivé six fois et cela arrive encore. Ils étaient venus ici pour fuir la guerre, la répression ou la misère. Leur seul tort, c’est d’avoir eu le courage de tout quitter pour avoir une vie meilleure et au lieu de les aider, de les protéger, notre pays les pourchasse et les expulse.
J’ai honte et nous sommes certainement nombreux à avoir honte de cette violence quotidienne faite en notre nom aux étrangers. Cette violence déshonore ceux qui la décident, ceux qui la mettent en œuvre mais aussi ceux qui laissent faire et ceux qui se taisent. Chacun devrait hurler pour que de telles tragédies ne puissent plus se produire en France et partout dans le monde, pour que jamais nous ne nous habituions à l’inacceptable. Chacun devrait hurler pour que notre société ne tourne pas définitivement le dos à la solidarité et à la fraternité.
Brigitte Wieser
Membre du collectif Réseau d’Education sans Frontière
Si cela intéresse certains d'entre vous d'écouter ce texte superbement dit par Jeanne Moreau, je l'ai en mp3. Je vous l'enverrai avec plaisir.
De tout temps, l’une des caractéristiques fondamentales des êtres humains est qu’ils se déplacent. Aujourd’hui, 175 millions d’hommes et de femmes résident en dehors de leur pays d’origine.
Nous vivons dans un pays où les gens ont tellement peur des policiers qu’ils sautent par la fenêtre pour leur échapper alors qu’ils n’ont rien à se reprocher. C’est arrivé six fois et cela arrive encore. Ils étaient venus ici pour fuir la guerre, la répression ou la misère. Leur seul tort, c’est d’avoir eu le courage de tout quitter pour avoir une vie meilleure et au lieu de les aider, de les protéger, notre pays les pourchasse et les expulse.
J’ai honte et nous sommes certainement nombreux à avoir honte de cette violence quotidienne faite en notre nom aux étrangers. Cette violence déshonore ceux qui la décident, ceux qui la mettent en œuvre mais aussi ceux qui laissent faire et ceux qui se taisent. Chacun devrait hurler pour que de telles tragédies ne puissent plus se produire en France et partout dans le monde, pour que jamais nous ne nous habituions à l’inacceptable. Chacun devrait hurler pour que notre société ne tourne pas définitivement le dos à la solidarité et à la fraternité.
Brigitte Wieser
Membre du collectif Réseau d’Education sans Frontière
Si cela intéresse certains d'entre vous d'écouter ce texte superbement dit par Jeanne Moreau, je l'ai en mp3. Je vous l'enverrai avec plaisir.
Autant réécrire tout le premier paragraphe qui compte beaucoup trop de points :
Je trouve très enrichissant d'échanger des points de vue sur des sujets "brûlants" comme celui-ci et notamment avec des personnes qui ne partagent pas mon opinion.
Pour les autres coquilles qui foisonnent ci-dessous, je réclame votre indulgence. Désolée, j'ai validé ma réaction avant de l'avoir relue.
Je trouve très enrichissant d'échanger des points de vue sur des sujets "brûlants" comme celui-ci et notamment avec des personnes qui ne partagent pas mon opinion.
Pour les autres coquilles qui foisonnent ci-dessous, je réclame votre indulgence. Désolée, j'ai validé ma réaction avant de l'avoir relue.

Mon cher ami,
Tu sais, je pense, à quel point je respecte au plus haut point l'opinion d'autrui.
Je trouve très enrichissant d'échanger des points de vue sur de sujets "brûlants" comme celui-ci et notamment avec des personnes qui ne partagent pas mon point de vue.
Sache que je ne suis pas et ne serai jamais socialiste. Je reconnais volontiers que François Mitterrand possédait des qualités indéniables et un charisme immense auquels je n'étais pas insensible. Je fais partie de ceux qui l'ont conduit au pouvoir et j'ai pleuré quand il est mort, je n'ai pas honte de le dire. Si c'était à refaire, je le referais. Je n'ignore pas ses errances mais me paraît infiniment supérieur au despote qui dirige actuellement notre pays.
Ceci dit, il n'a rien à voir avec un Léon Blum ou un Jean Jaurès auxquels je voue une admiration inconditionnelle.
Je méprise plus que tout la gauche caviar actuelle, qui n'a de gauche que le nom.
Ceci posé, François Mitterrand a accordé le droit d'asile à Marina Petrella et à ses camarades et je ne supporte pas l'idée que l'on revienne là-dessus. C'est l'unique propos de mon commentaire. Une parole donnée est sacrée. Si l'on ne la respecte pas, on se rend coupable de parjure.
Je n'excuse pas les actes terroristes et ne le ferai jamais mais on ne revient pas sur sa parole. J'en fais une question de principe.
Notre gouvernement actuel s'arroge le droit de le faire, tout comme il s'arroge le droit de commettre beaucoup d'actes iniques au sujet lesquels je m'exprimerai sans doute plus tard et plus en détail.
Pour l'heure, je demande instamment l'abrogation du décret d'extradition de Marina Petrella, qui me semble l'une des décisions les plus injustes et injustifiées que notre gouvernement actuel ait prises. Leur liste est pourtant longue.
C'est l'unique propos de mon commentaire. Même si le pardon est évoqué dans mon accroche, il est hors sujet en ce qui me concerne.
Tu sais, je pense, à quel point je respecte au plus haut point l'opinion d'autrui.
Je trouve très enrichissant d'échanger des points de vue sur de sujets "brûlants" comme celui-ci et notamment avec des personnes qui ne partagent pas mon point de vue.
Sache que je ne suis pas et ne serai jamais socialiste. Je reconnais volontiers que François Mitterrand possédait des qualités indéniables et un charisme immense auquels je n'étais pas insensible. Je fais partie de ceux qui l'ont conduit au pouvoir et j'ai pleuré quand il est mort, je n'ai pas honte de le dire. Si c'était à refaire, je le referais. Je n'ignore pas ses errances mais me paraît infiniment supérieur au despote qui dirige actuellement notre pays.
Ceci dit, il n'a rien à voir avec un Léon Blum ou un Jean Jaurès auxquels je voue une admiration inconditionnelle.
Je méprise plus que tout la gauche caviar actuelle, qui n'a de gauche que le nom.
Ceci posé, François Mitterrand a accordé le droit d'asile à Marina Petrella et à ses camarades et je ne supporte pas l'idée que l'on revienne là-dessus. C'est l'unique propos de mon commentaire. Une parole donnée est sacrée. Si l'on ne la respecte pas, on se rend coupable de parjure.
Je n'excuse pas les actes terroristes et ne le ferai jamais mais on ne revient pas sur sa parole. J'en fais une question de principe.
Notre gouvernement actuel s'arroge le droit de le faire, tout comme il s'arroge le droit de commettre beaucoup d'actes iniques au sujet lesquels je m'exprimerai sans doute plus tard et plus en détail.
Pour l'heure, je demande instamment l'abrogation du décret d'extradition de Marina Petrella, qui me semble l'une des décisions les plus injustes et injustifiées que notre gouvernement actuel ait prises. Leur liste est pourtant longue.
C'est l'unique propos de mon commentaire. Même si le pardon est évoqué dans mon accroche, il est hors sujet en ce qui me concerne.
...me parait insensé. Tout ces crimes horribles, tous ces innocents tues violemment pour des raisons politiques, économiques et religieuses, me choc au plus profond de moi-même.
Rappelons les suppliciés et leur proches, pour leur dire ce qu’ils en pense de tous cela…Du pardon, de leur, soit disant, repenti, de la réconciliation nationale etc…
D’après la dernière interview de Sauaresse, officier supérieur militaire Français , durant la guerre d’Algérie, encore vivant, qui avait déclaré, que c’était bien le président François Mitterrand qui avait ordonné, à l’époque, l’exécution extrajudiciaire du Prisonnier et homme politique et révolutionnaire Algérien Larbi Ben M’hidi dans sa geôle même.
Rappelons les suppliciés et leur proches, pour leur dire ce qu’ils en pense de tous cela…Du pardon, de leur, soit disant, repenti, de la réconciliation nationale etc…
D’après la dernière interview de Sauaresse, officier supérieur militaire Français , durant la guerre d’Algérie, encore vivant, qui avait déclaré, que c’était bien le président François Mitterrand qui avait ordonné, à l’époque, l’exécution extrajudiciaire du Prisonnier et homme politique et révolutionnaire Algérien Larbi Ben M’hidi dans sa geôle même.
mais depuis quand les politiciens disent-ils la vérité ? Si ce n'était que la première fois que le gouvernement se parjurait. D'ailleurs être politicien c'est à ma connaissance, la seule profession où l'on le droit d'exercer après une condamnation, que vous ayez fait des abus de biens sociaux, voler dans la caisse (de l'Etat ou une autre), fait preuve de xénophobie, racisme et j'en passe. Cherchez où est l'erreur !
Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas de pardon mais de manquement à le parole donnée. Le gouvernement français s'est rendu coupable de parjure et j'estime que c'est très grave.
Notre démocratie s'en va en lambeaux. Chaque jour, ce qu'il en reste s'effrite un peu plus.
De plus, le procès de Marina Petrella a été bâclé. Je poursuis mes recherches documentaires pour étayer mon propos.
Notre démocratie s'en va en lambeaux. Chaque jour, ce qu'il en reste s'effrite un peu plus.
De plus, le procès de Marina Petrella a été bâclé. Je poursuis mes recherches documentaires pour étayer mon propos.
de manque de clairvoyance. Car enfin, pardonner (est'il besoin) pour quelqu'un qui change d'axe politique, c'est aberrant, nous sommes en démocratie, et nous savons que l'homme intelligent est celui qui change parfois d'opinion. Par contre concernant les meurtriers et violeurs récidivistes, concernant les terroristes (qui se font extrader pour retourner dans leurs pays où ils sont acquittés) je ne suis pas du tout pour le pardon. Parfois un signal fort est nécessaire, parfois il faut savoir admettre que nous ne pouvons changer le "mental" de certaines personnes, et admettre que si nous pardonnons, c'est parce que nous savons, tout au fond de nous, que nous ne serons pas la prochaine victime de ces tueurs fous. Alors soyons responsables et pensons à ces nombreux adultes et enfants victimes de nos "si beaux" pardons.
Je partage votre avis : le pardon libère.
J'ai trouvé ce texte, que pour ma part je trouve très beau et auquel j'adhère pleinement sur le site du journal "L'Humanité" :
La parole donnée est-elle négociable ? par Erri De Luca, écrivain.
Je suis d’un pays où la parole donnée est toujours négociable en fonction des offres du marché. L’hospitalité offerte au leader kurde ™calan se transforme en expulsion, suivie de la remise d’un réfugié entre les mains de ses persécuteurs. Chez nous, la parole donnée sert à majorer le prix de la trahison. Nous sommes un pays marchand qui fait commerce de tout, du patrimoine artistique aux prisonniers politiques. Notre esprit levantin a élevé au pouvoir le plus riche.
À partir de cette expérience de priorité aux affaires et d’indifférence envers les engagements, j’éprouve de l’admiration pour un pays qui agit différemment. Tout au long de ces années, tous les gouvernements français ont résisté aux pressions italiennes et n’ont pas livré les gênants hôtes politiques accueillis depuis longtemps. Ils ont été condamnés en Italie à des peines si exceptionnelles qu’elles ne sont même plus en vigueur, alors qu’elles restent valables pour eux seulement. Hôtes politiques : les crimes qu’on leur attribue ont été commis au cours d’une décennie fiévreuse et révolutionnaire de mon pays qui fait désormais partie de l’autre siècle. Hôtes politiques : aucun de ces condamnés n’a exposé sa vie et sa liberté par intérêt personnel, pour s’enrichir. Et ça, c’est aujourd’hui incompréhensible et impardonnable en Italie.
Et en France ?
Ici, à l’échelle réduite de ces cas, il s’agit d’une question d’identité nationale : la France peut-elle discréditer sa parole donnée et réduire son image à l’image marchande et levantine de la politique italienne ? En tenant compte de toutes les difficultés rencontrées pour être restée l’unique terre d’asile dans une Europe de polices et de monnaies : je crois que non.
Je crois au poids de sa tradition. Je crois à la loyauté envers des étrangers accueillis et transformés, par l’hospitalité si longtemps accordée, en citoyens français. Ce ne sont même plus des ex-Italiens. Sans la France, ce sont des apatrides, sans la France, ce sont des paupiettes entourées de fil barbelé.
(Traduction par Danièle Valin.)
http://www.humanite.fr/2004-04-06_Tribune-libre_-La-parole-donnee-est-elle-ne
gociable-par-Erri-De-Luca
La parole donnée est-elle négociable ? par Erri De Luca, écrivain.
Je suis d’un pays où la parole donnée est toujours négociable en fonction des offres du marché. L’hospitalité offerte au leader kurde ™calan se transforme en expulsion, suivie de la remise d’un réfugié entre les mains de ses persécuteurs. Chez nous, la parole donnée sert à majorer le prix de la trahison. Nous sommes un pays marchand qui fait commerce de tout, du patrimoine artistique aux prisonniers politiques. Notre esprit levantin a élevé au pouvoir le plus riche.
À partir de cette expérience de priorité aux affaires et d’indifférence envers les engagements, j’éprouve de l’admiration pour un pays qui agit différemment. Tout au long de ces années, tous les gouvernements français ont résisté aux pressions italiennes et n’ont pas livré les gênants hôtes politiques accueillis depuis longtemps. Ils ont été condamnés en Italie à des peines si exceptionnelles qu’elles ne sont même plus en vigueur, alors qu’elles restent valables pour eux seulement. Hôtes politiques : les crimes qu’on leur attribue ont été commis au cours d’une décennie fiévreuse et révolutionnaire de mon pays qui fait désormais partie de l’autre siècle. Hôtes politiques : aucun de ces condamnés n’a exposé sa vie et sa liberté par intérêt personnel, pour s’enrichir. Et ça, c’est aujourd’hui incompréhensible et impardonnable en Italie.
Et en France ?
Ici, à l’échelle réduite de ces cas, il s’agit d’une question d’identité nationale : la France peut-elle discréditer sa parole donnée et réduire son image à l’image marchande et levantine de la politique italienne ? En tenant compte de toutes les difficultés rencontrées pour être restée l’unique terre d’asile dans une Europe de polices et de monnaies : je crois que non.
Je crois au poids de sa tradition. Je crois à la loyauté envers des étrangers accueillis et transformés, par l’hospitalité si longtemps accordée, en citoyens français. Ce ne sont même plus des ex-Italiens. Sans la France, ce sont des apatrides, sans la France, ce sont des paupiettes entourées de fil barbelé.
(Traduction par Danièle Valin.)
http://www.humanite.fr/2004-04-06_Tribune-libre_-La-parole-donnee-est-elle-ne
gociable-par-Erri-De-Luca
Nous sommes donc d'accord. 
Si vous souhaitez aider Marina Petrella, vous pouvez signer la pétition demandant l'application de la clause humanitaire à Marina, qui se trouve à l'adresse suivante :
http://en.wikipedia.org/wiki/Back_Street_(1941_film)
Pour ce qui est d'aider les victimes de ses actes terroristes, c'est tout de même une affaire qui remonte à vingt-cinq ans... Je ne nie pas le chagrin de des familles des victimes qui ne s'efface jamais mais que faire en effet ?
http://en.wikipedia.org/wiki/Back_Street_(1941_film)
Pour ce qui est d'aider les victimes de ses actes terroristes, c'est tout de même une affaire qui remonte à vingt-cinq ans... Je ne nie pas le chagrin de des familles des victimes qui ne s'efface jamais mais que faire en effet ?
Tu as dit "Le problème des attentats terroristes, c'est qu'ils coûtent souvent la vie à de parfaits innocents, qui avaient le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment."
Voilà, pour moi, c'est le seul problème.
Voilà, pour moi, c'est le seul problème.
Tout d'abord, la doctrine de Mitterand de 85 n'a pas de valeur juridique.
Le problème selon moi est que ,selon la procédure italienne,un condamné par contumace ne peut être jugé en cas de retour (même si la cour europeenne des droits de l'homme est en désaccord avec cela).
En ce sens,avec la mise en application du décret d'extradition de Balladur de 1994,Marina Petrella serait condamnée à la réclusion criminelle à perpetuité en Italie et ce quoi qu'elle ai fait durant ces 20dernières années en France.
Elle à été condamnée en son absence et peut- être pourrions nous avoir quelques doutes sur les motifs politiques de cette condamnation?(Je n'y connais rien en politique)
Il y a donc là,une victime car un jugement par contumace devrait être caduque à partir du moment ou l'accusée serait en position d'être jugée.Alors,quoi faire pour dire le désaccord avec ce qui semble injuste?
D'autres furent des victimes directes et indirectes des brigades rouges dont faisait parti MP.A part aider les personnes à se donner le droit d'exprimer(lorsqu'elles le peuvent encore)leur douleur,leur souffrance,leur colère,ainsi que le droit de désigner des coupables(je dis bien "des")je ne vois pas ce que nous pouvons faire de mieux.
En fait,le problème avec l'amnistie,c'est qu'elle ne permet plus de juger et que donc,c'est un déni des violences faites aux victimes.La gestion d'un traumatisme passe par la reconnaissance officielle des faits incriminés.
Si le devoir d'un homme est d'aider les autres comme le dit le Dalai Lama,que faire pour aider et MP et les victimes d'actes terroristes?
Le problème selon moi est que ,selon la procédure italienne,un condamné par contumace ne peut être jugé en cas de retour (même si la cour europeenne des droits de l'homme est en désaccord avec cela).
En ce sens,avec la mise en application du décret d'extradition de Balladur de 1994,Marina Petrella serait condamnée à la réclusion criminelle à perpetuité en Italie et ce quoi qu'elle ai fait durant ces 20dernières années en France.
Elle à été condamnée en son absence et peut- être pourrions nous avoir quelques doutes sur les motifs politiques de cette condamnation?(Je n'y connais rien en politique)
Il y a donc là,une victime car un jugement par contumace devrait être caduque à partir du moment ou l'accusée serait en position d'être jugée.Alors,quoi faire pour dire le désaccord avec ce qui semble injuste?
D'autres furent des victimes directes et indirectes des brigades rouges dont faisait parti MP.A part aider les personnes à se donner le droit d'exprimer(lorsqu'elles le peuvent encore)leur douleur,leur souffrance,leur colère,ainsi que le droit de désigner des coupables(je dis bien "des")je ne vois pas ce que nous pouvons faire de mieux.
En fait,le problème avec l'amnistie,c'est qu'elle ne permet plus de juger et que donc,c'est un déni des violences faites aux victimes.La gestion d'un traumatisme passe par la reconnaissance officielle des faits incriminés.
Si le devoir d'un homme est d'aider les autres comme le dit le Dalai Lama,que faire pour aider et MP et les victimes d'actes terroristes?
Au sempiternel blabla médiatique, que peut on offrir.
2ème lecture et merci.
Anticapitalisme
Le capitalisme est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange et non seulement du capital, comme on peut lire dans certains manuels d'économie de lycée. A nuancer : actuellement, ce sont ceux qui contrôlent la finance, autrement dit la circulation et l’affectation des capitaux, qui règnent effectivement l’ensemble de l’économie mondiale.
La propriété privée des moyens d'information et de communication dans la société contemporaine revêt une importance particulière.
Ne pas oublier une autre donnée essentielle : les propriétaires des moyens de production achètent la force de travail (et non le travail) des salariés en exploitant celle-ci, c'est à dire en la faisant travailler plus que le temps nécessaire à sa reproduction.
L'achat de la force de travail se réalise par le versement d'un salaire et par un surtravail non payé qui est à l'origine du profit et de ses différentes formes de réalisation financières : intérêt, rente,…. Ainsi, un artisan indépendant, qui travaille à son compte, seul, propriétaire de ses moyens de production n'exploite pas la force de travail d'autrui, ce qui n'est pas le cas si un artisan emploie plusieurs salariés.
Nombreux économistes définissent le capitalisme comme le système de l'économie (sociale ou non) de marché. Il s'agit là d'une réduction qui tend à identifier marché et capitalisme, alors que le capitalisme constitue une forme particulière possible d'économie de marché par transformation de l'argent en capital et transformation de la force de travail libre de s'échanger à sa juste valeur en force salariale exploitée.
Oui, mais en même temps, l’économie de marché est une composante essentielle du système capitaliste et de sa marche à la crise : la concurrence sur les marchés pousse en permanence les producteurs à baisser leurs coûts de production, tout en poussant les « consommateurs » à la « consommation ». Deuxième aspect, « l’utilité » (au sens du capitaliste, c'est-à-dire de leur capacité à produire du profit) des marchandises produites se vérifie non par rapport aux besoins réels de la population, mais par rapport à la capacité du marché solvable à les acquérir : le capitaliste ne sait si ce qu’il produit est « utile » qu’au moment de le vendre, autre élément de la crise. C’est pourquoi mettre fin au capitalisme signifie aussi mettre fin à l’économie de marché, (et non pas aux échanges, y compris l’intermédiaire de monnaie) ; et remplacer la justification à postériori de la production par le marché, par une planification démocratique de la production en fonction des besoins, au plus près de la population.
Ce capitalisme historiquement d'abord marchand, devient aussi industriel et financier.
Le fait que le capitalisme dit "managérial" cède la place dans les années 80 au capitalisme "actionnarial" s'accompagnant d'une financiarisation de l'économie et d'une dispersion de la propriété notamment sur les fonds de pension, s'accompagnant de la complexification des marchés financiers ne change rien sur le fond : en témoigne l'avidité de privatisation des moyens de production à tout crin de ces 25 dernières années pour enrichir toujours plus la même classe de propriétaires. Ce soit-disant capitalisme sans visage s'accompagne d'une concentration accrue du patrimoine total (10% des ménages possèdent au moins la moitié du patrimoine de la France) : les yachts, voitures et hôtels de luxe sont toujours plus nombreux pour enrichir concrètement ces gens au visage souriant, détendu et bronzé par un soleil souvent présent…
Mais le capitalisme reste le capitalisme où s'affrontent deux groupes sociaux appelés, au grand regret de certains intellectuels, classes.
Par ailleurs, certains économistes considèrent que l'avènement du capitalisme dit informationel (lié à l'utilisation massif de l'informatique et des réseaux de communication), ou encore du capitalisme dit cognitif (importance croissante de l'économie de la connaissance) constitueraient des ruptures qualitatives dans la nature du capitalisme.
Ceci est illusoire : cela fait bien longtemps que le capitalisme produit des biens immatériels marchands, que le travail des scientifiques – chercheurs, techniciens et ingénieurs- fait partie intégrante des processus de production capitaliste.
Bien sûr, la référence ci-dessus, à deux classes antagoniques, est un peu schématique et suffit à satisfaire bon nombre de militants d'extrême gauche.
Néanmoins, la réalité est un peu plus complexe : le groupe dominant est constitué de 2 pôles indissociables mais distincts : l'un qui s'occupe du savoir, de l'organisation, de la compétence l'autre qui s'occupe du marché, de la propriété (mais ces 2 pôles peuvent coexister chez le même acteur). Marx, à la fin du tome 3 du Capital distingue 3 sous groupes capitalistes : les propriétaires des moyens de production, vivant de profits d'entreprise, les propriétaires du capital vivant de dividendes, les propriétaires fonciers vivant de rentes foncières Il est intéressant de constater que son manuscrit, sur cette question de classes, reste inachevé.
Il me semble que ce passage n’est pas utile, en particulier parce que les données ont changé depuis Marx. Le groupe dominant lui-même a évolué. Ceux qui s’occupent du savoir, de l’organisation, de la compétence sont devenus depuis longtemps des salariés (professeurs, ingénieurs, etc…). Le fait qu’ils n’aient pas toujours conscience d’être eux-aussi des prolétaires ne changer rien à l’affaire. D’autre part les catégories de capitalistes ont-elles aussi évolué. Lénine le pointait déjà sur son bouquin sur l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, et c’est encore plus vrai aujourd’hui : il n’y a plus de capitalisme spécifiquement industriel, financier ou rentier, il y a un capitalisme multiforme, centralisé au sommet par de grandes institutions financières concurrentes.
Le capitalisme, encore aujourd'hui donc, n'est pas compréhensible en profondeur, sans admettre et reconnaître cette réalité : il implique schématiquement deux classes sociales qui, avec des modalités et intensités variables, entrent en conflit, et ce, malgré les techniques sophistiquées d'aliénation mises en œuvre au sein des entreprises, bien décrites par le psychiatre C. Dejours, (à mon avis, personne ne le connaît, il faut le présenter…) ou par manipulation de l'imaginaire au sein de la société au moyen des médias.
Etre anticapitaliste, c'est donc refuser, remettre en cause ce système économique essentiellement fondée sur la propriété privée des moyens de production, l'exploitation de la force de travail manuelle et intellectuelle et régi par les lois aveugles du marché et de la concurence.
Cette remise en cause est non seulement fondée sur l'idée ou le constat que le fonctionnement du capitalisme se nourrit de l'exploitation, de guerres, de précarité, de calamités sociales, de gaspillages, de dégâts et de pillage de l'environnement mais que la finalité du capital n'est pas dans ce système la satisfaction des besoins humains mais le profit.
Certes, chaque marchandise possède une "valeur d'usage" satisfaisant certains besoins, mais celle-ci ne constitue pas la finalité du système. C'est la "valeur d'échange" qui est primordiale.
Il ne s'agit donc pas seulement de remettre en question les conséquences désastreuses de son fonctionnement mais de s'attaquer aux causes, donc aux fondements du système lui-même
Cela implique donc que les moyens de production et le Capital, les sols générateurs de production ou de rentes foncières, deviennent propriété publique collective et que la force de travail ne soit plus objet d'exploitation.
Cela conduit alors à la série de questions suivantes :
1 - Quelle doit être la forme de cette propriété publique : étatique ? régionale ? communale ? mutualiste ? Toutes ces formes, distribuées selon les secteurs ?
2 - Quelle est l'ampleur de cette appropriation collective ? Tous les moyens de production ?
Les plus importants pour le contrôle de l'économie : dans ce cas, lesquels ?
Cette question ne se réduit pas aux moyens de production mais concerne aussi à celui des ressources naturelles, pas forcément moyens de production : faut-il socialiser toutes les rivières, lacs, étangs, côtes, forêts, et tous les sols ?
3- Cette socialisation doit se faire massivement et brutalement ou graduellement ?
4 – Selon quelle procédure politique doit s'effectuer cette socialisation ? C'est le fameux problème de la "transition", mais transition vers quoi ?
L'Histoire a déjà, en partie, répondu à ces questions.
Il est clair que les voies suivies par les pays dits "communistes" de l'époque contemporaine ne sont pas à suivre et les différents contradicteurs voudraient faire croire que toutes les réponses à ces questions ont été données et ont échoué, et, en conséquence, que la question de la propriété des moyens de production est un faux problème.
Ce qui paraît être maintenant établi, c'est que cette transition doit être de nature démocratique et s'appuyer sur une large majorité du peuple suffisamment informé et convaincu de la validité des mesures économiques et politiques à prendre pour un tel changement de société.
Schématiquement, trois modèles sont possibles :
propriété privée des moyens de production et des biens de consommation ;
propriété collective des moyens de production et propriété privée des biens de consommation propriété collective des moyens de production et des biens de consommation.
Chacun de ces modèles a trouvé des adeptes dans le mouvement anarchiste, donnant naissance aux courants de l’individualisme, du collectivisme et du communisme anarchiste…"
L'expérience a montré et montre que non seulement le mode de propriété publique est important à considérer, en ne perdant pas de vue que, notamment, l'étatisme menait au totalitarisme, mais que le mode d'organisation du travail et du contrôle des moyens de production étaient fondamentaux.
L'anticapitalisme n'implique aucunement l'adoption d'un modèle de société du type soviétique, chinois, cubain….Une appropriation collective des moyens de production est pensable, sans vouloir adopter ces modèles ou plutôt contre-modèles.
Ces systèmes sont nées d'une vision simpliste des systèmes de domination, d'une vision verticale et autoritaire du Politique : Selon cette vision, seul Le Parti Révolutionnaire d'Avant Garde est porteur des intérêts des opprimés, le seul capable d'organiser les Luttes et de mener à la Victoire et plus tard, seul l'Etat prolétarien, émanation du Parti, définira d'en haut ce qui est bon ou pas bon pour le Peuple, seul l'Etat et ses commissaires conduira l'économie pour le bien de tous, moyennant une planification totale de l'économie remplaçant ainsi l'économie de marché de type capitaliste.
Je crois qu’il faut dire les choses autrement : ces systèmes sont le produit d’une histoire, indépendamment de ce qu’en disent ceux qui les dirigent. Et ce qu’en disent ce qui les dirigent, montrant des « modèles » là où il n’y a que des monstres sociaux et économiques, ne sert qu’à justifier leur propre pouvoir, et, accessoirement, à discréditer l’idée même de socialisme ou de communisme. Moralité : nous n’utilisons pas la notion de « modèle », nous en contestons la pertinence…
On sait à quels systèmes a conduit cette manière de voir, systèmes qui se sont d'ailleurs établis, ne l'oublions pas tout de même, dans des contextes de guerre et d'isolement économique...
Même remarque que ci-dessus : ce ne sont pas les choix idéologiques qui ont conduit aux systèmes monstrueux qui se sont donnés le nom de « socialisme réel », mais l’histoire, avec ses guerres, l’isolement économique, etc. ; l’idéologie vient par-dessus cette réalité première, la justifier, en justifier toutes les aberrations, à commencer par le parti unique, le « leader maximo », etc…
Donc l'anticapitalisme ne se réduit pas seulement à une remise en cause du système de production - ce qui serait une vision productiviste de la société – mais est aussi une remise en cause des formes de domination politiques, idéologiques et culturelles liées à ce système et notamment une remise en cause du libéralisme. L'étude des formes et des mécanismes de domination devrait donc être fondamentale pour qui se dit anti capitaliste.
Je tombe au passage sur le mot « libéralisme » . Mais je pense que tel que posé, il manque la dimension économico-politique : les antilibéraux remettent en cause le capitalisme « libéral », c’est-à-dire un capitalisme qu’ils appellent sauvage, en imaginant qu’il serait possible de revenir à un capitalisme régulé par l’Etat, la situation que l’on a connu en fait dans les « 30 glorieuses ». De fait, pour utiliser les vieux termes, il s’agit d’une position « réformiste », au sens qu’il serait possible d’amender la chose sans la renverser. En fait, il y a plein de nuances dans l’antilibéralisme, mais le fond est là, me semble-t-il. Sans utiliser de jugement de valeur, la question qui se pose réellement dans le débat entre antilibéralisme et anticapitalisme est de savoir si on peut espérer une possibilité d’amélioration de la situation par des réformes du capitalisme, ou s’il n’y a pas d’autre choix que de s’en débarrasser…
La classe exploitée n'arrivera jamais seule à se libérer : il est nécessaire que se constitue un mouvement intellectuel organique décryptant les mécanismes de domination, d'asservissement, et ce, sans tomber pour autant dans "l'avant-gardisme", maladie infantile des partis communistes contemporains. Cela demanderait organisation, coordination, financement pour pouvoir permettre ce travail interdisciplinaire.
Je pense qu’il faut prendre acte d’une évolution historique : la classe exploitée comporte actuellement de nombreux intellectuels : quasiment tous les ingénieurs, professeurs, etc… sont des salariés, un paquet d’ouvriers d’usine, du moins dans les pays riches, ont un bac, voire une licence ou plus… La classe exploitée à largement les moyens intellectuels de se libérer, et cela d’autant plus qu’elle assure, sans les patrons qui sont devenus une classe totalement parasitaire, collectivement, le fonctionnement de tous les rouages de la société. Ce qui permet de tordre le cou d’autant plus tranquillement à l’idée stalinienne de l’avant-garde « éclairée et éclairante », hélas reprise parfois par l’extrême-gauche. Un nouveau mouvement, il faut le penser et le formuler comme l’organisation de la classe elle-même, pas comme une organisation d’intellectuels qui réfléchissent pour, à l’image d’organisations comme Attac. C’est important de le penser et de le formuler comme cela.
Ce genre de travail ne se fait pas dans l'urgence d'une productivité électoraliste. Un nouveau projet de société ne se construit pas avec des sièges à l'assemblée nationale ou avec les sièges d'un conseil municipal.
Actuellement aucune force de gauche ne propose une nouvelle société alternative, assise sur une nouvelle philosophie politique en accord avec les données scientifiques contemporaines, proposant de nouvelles formes d'organisations sociales et politiques non aliénantes pour le Peuple, et notamment pour les salariés et proposant aussi de nouvelles raisons de vivre autres que la sécurité matérielle et de consommer plus.
Sur l’ensemble des quatre questions, j’ai une différence d’approche.
Le problème de la transition ne se pose pas, selon moi, en termes de « vers quoi », mais en termes de « comment ».
Une des grandes responsabilités du stalinisme est d’avoir permis que le problème de la nouvelle société soit posé en termes de « modèle », manière de voir utilisée copieusement par pratiquement tous ceux qui nous « veulent du bien » : d’où la querelle des « modèles ».
De fait, critiquer ces « modèles » de façon totalement justifiée, mais il me semble que l'on reste un peu prisonnier de leur logique, que d’une certaine façon, tu essais de fixer les bases d’un modèle qui serait le nôtre.
Je crois qu’il faut totalement inverser le raisonnement, et ne surtout pas se préoccuper de la forme que revêtira la société future, tout simplement parce qu’on n’en sait strictement rien... On peut toujours espérer des choses, telles que tu les décrits, mais le résultat dépendra de l’histoire, en se fichant totalement, hélas, de tous les plans que nous aurons pu élaborer.
L’évolution des sociétés est le produit de la lutte des classes et c’est à travers la lutte des classes que s’élaborera la société nouvelle. Et nous verrons bien, si nous ne sommes pas morts avant, comment la nouvelle société se construira, les choix que feront les citoyens qui feront cette révolution économique et sociale.
Mais quel est, alors, le rôle du parti anticapitaliste que nous sommes en train de construire ?
C’est de faire en sorte que la révolte sociale, qui nait de l’exacerbation de la lutte des classes menées par les capitalistes contre la grande majorité de la population se transforme en lutte des classes menée de façon consciente par les salariés contre les patrons et leur Etat.
Et c’est ça la véritable question qui nous est posée : comment faire en sorte que l’expérience accumulée par les travailleurs dans la lutte des classes de tous les jours se transforme en « conscience de classe », et acquière la force politique de mener les changements économiques, sociaux et institutionnels qui s’imposent.
C’est cela le véritable problème de la transition : passer d’une situation où la grande majorité des prolétaires subit le poids idéologique de la classe dominante, au point pour beaucoup de ne même pas voir l’exploitation qu’ils subissent et de justifier les patrons, à une situation où une partie significative des salariés et de la population trouve la situation insupportable, et trouve légitime la volonté d’en changer, et est prête à obtenir satisfaction, quel qu’en soit le prix.
C’est là qu’on tombe sur la nécessité d’un « programme pour les luttes », le véritable programme d'un parti, un programme pour donner une cohérence aux luttes catégorielles dispersées. Ce programme n’est pas un programme revendicatif de type syndical, même s’il est composé d’une série de mesures (salaires, temps de travail, etc.) qui ressemblent à des revendications syndicales.
Il est un véritable programme politique au sens où :
Il ne fait pas confiance aux institutions de l’Etat pour régler les problèmes, parce qu’il a acquis par l’expérience et la théorie que l’Etat n’est pas au dessus des classes, mais bien au service de la classe dominante et a pour but essentiel de maintenir le système en l’état. Ce qui ne veut pas dire que le parti se refuse à utiliser les possibilités que lui offrent ces institutions pour mener sa propre politique de classe (utilisation des campagnes électorales, utilisation des mandats électoraux, etc…)
Il s’appuie sur la lutte des classes réelle, la contestation sociale qui concerne de multiples catégories sociales, salariés du public comme du privé, mais aussi petits paysans, artisans, commerçants, voire petits patrons coincés entre les banques et les donneurs d’ordre. Pris dans les contradictions du système, la révolte de ces catégories sociales (petite-bourgeoisie) ne peut trouver de solution dans le cadre d’un aménagement du système. Le système capitaliste pousse à la concentration, donc à la disparition des petites entreprises privées. Les travailleurs indépendants, voire les petits patrons ne peuvent trouver de solution que dans le cadre de la lutte plus générale des salariés contre le capitalisme.
Au point de vue idéologique, il participe à la construction d’une conscience de classe collective : en mettant en regard une série de mesures qui touchent une multitude de problèmes (sociaux, économiques, écologiques, féministes, etc.), il aide à ce que se forme, dans les cerveaux, l’idée que tout est lié, et que la solution est nécessairement collective. L’idée aussi que la véritable cause du disfonctionnement de la société est dans le système qui la régit, le système capitaliste, la propriété privée des moyens de production et d’échange, et, juste au dessus, les lois du marché et de la concurrence, qui poussent la société à la course à la productivité, au chômage et à la crise.
Qui dit « programme pour les luttes » dit aussi élaboration de ce programme, et mise en œuvre… Autrement dit débats et organisation démocratique. Une question essentielle qui se pose actuellement très concrètement pour de nombreux travailleurs qui ne se résignent plus à subir, c’est : comment passer outre les inerties et les trahisons des directions syndicales pour que nos luttes aboutissent ? Cela pose le problème de la direction démocratique des luttes : à la base, dans les AG de grévistes, ça c’est le plus facile ; mais aussi au sommet, par la mise en place d’un comité central de grève élu par les grévistes, mandaté pour discuter avec les darons et le gouvernement, révocable à chaque instant. A travers les nécessités de la lutte s’inventeront les outils de la démocratie la plus large.
Et la révolution dans tout ça ? De fait, chacune des mesures du programme remet en cause les fondements mêmes du capitalisme, que ce soit sur les salaires, les licenciements, etc… Mener la lutte jusqu’au bout pour arracher ces mesures conduit, dans les faits, à la révolution sociale. Elle conduit aussi, en conséquence, à une révolution politique, dans la mesure où l’Etat interviendra forcément, d’une façon ou d’une autre, pour jouer son rôle, autrement dit maintenir les bases même du système. Pour résumer, la révolution, au sens où l’entendent les marxistes, n’est pas un choix idéologique à priori, où de joyeux révolutionnaires partent la fleur au fusil renverser la société, en essayant de recruter des guérilleros pour mener le combat. Elle est le résultat « naturel » de la lutte des opprimés contre l’oppression. Un parti anticapitaliste est un outil pour aider à cette évolution « naturelle », la « transition » d’une situation de révoltes dispersées à une contestation sociale organisée et structurée, « révolutionnant » l’organisation économique, sociale et politique de la société.
Le succès n’est bien évidemment pas garanti, et dépend de multiples facteurs. D’une part la détermination et le degré d’évolution de la contestation sociale, sa capacité à s’organiser, à trouver de nouveaux chemins au fur et à mesure que la situation avance. D’autre part de la capacité de la bourgeoisie à lâcher du lest ou pas, et à quel niveau (juin 36, mai 68…) Dans quelle mesure ce qui est lâché suffit à calmer une partie de la révolte et à restaurer le rapport des forces ?
2ème lecture et merci.
Anticapitalisme
Le capitalisme est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange et non seulement du capital, comme on peut lire dans certains manuels d'économie de lycée. A nuancer : actuellement, ce sont ceux qui contrôlent la finance, autrement dit la circulation et l’affectation des capitaux, qui règnent effectivement l’ensemble de l’économie mondiale.
La propriété privée des moyens d'information et de communication dans la société contemporaine revêt une importance particulière.
Ne pas oublier une autre donnée essentielle : les propriétaires des moyens de production achètent la force de travail (et non le travail) des salariés en exploitant celle-ci, c'est à dire en la faisant travailler plus que le temps nécessaire à sa reproduction.
L'achat de la force de travail se réalise par le versement d'un salaire et par un surtravail non payé qui est à l'origine du profit et de ses différentes formes de réalisation financières : intérêt, rente,…. Ainsi, un artisan indépendant, qui travaille à son compte, seul, propriétaire de ses moyens de production n'exploite pas la force de travail d'autrui, ce qui n'est pas le cas si un artisan emploie plusieurs salariés.
Nombreux économistes définissent le capitalisme comme le système de l'économie (sociale ou non) de marché. Il s'agit là d'une réduction qui tend à identifier marché et capitalisme, alors que le capitalisme constitue une forme particulière possible d'économie de marché par transformation de l'argent en capital et transformation de la force de travail libre de s'échanger à sa juste valeur en force salariale exploitée.
Oui, mais en même temps, l’économie de marché est une composante essentielle du système capitaliste et de sa marche à la crise : la concurrence sur les marchés pousse en permanence les producteurs à baisser leurs coûts de production, tout en poussant les « consommateurs » à la « consommation ». Deuxième aspect, « l’utilité » (au sens du capitaliste, c'est-à-dire de leur capacité à produire du profit) des marchandises produites se vérifie non par rapport aux besoins réels de la population, mais par rapport à la capacité du marché solvable à les acquérir : le capitaliste ne sait si ce qu’il produit est « utile » qu’au moment de le vendre, autre élément de la crise. C’est pourquoi mettre fin au capitalisme signifie aussi mettre fin à l’économie de marché, (et non pas aux échanges, y compris l’intermédiaire de monnaie) ; et remplacer la justification à postériori de la production par le marché, par une planification démocratique de la production en fonction des besoins, au plus près de la population.
Ce capitalisme historiquement d'abord marchand, devient aussi industriel et financier.
Le fait que le capitalisme dit "managérial" cède la place dans les années 80 au capitalisme "actionnarial" s'accompagnant d'une financiarisation de l'économie et d'une dispersion de la propriété notamment sur les fonds de pension, s'accompagnant de la complexification des marchés financiers ne change rien sur le fond : en témoigne l'avidité de privatisation des moyens de production à tout crin de ces 25 dernières années pour enrichir toujours plus la même classe de propriétaires. Ce soit-disant capitalisme sans visage s'accompagne d'une concentration accrue du patrimoine total (10% des ménages possèdent au moins la moitié du patrimoine de la France) : les yachts, voitures et hôtels de luxe sont toujours plus nombreux pour enrichir concrètement ces gens au visage souriant, détendu et bronzé par un soleil souvent présent…
Mais le capitalisme reste le capitalisme où s'affrontent deux groupes sociaux appelés, au grand regret de certains intellectuels, classes.
Par ailleurs, certains économistes considèrent que l'avènement du capitalisme dit informationel (lié à l'utilisation massif de l'informatique et des réseaux de communication), ou encore du capitalisme dit cognitif (importance croissante de l'économie de la connaissance) constitueraient des ruptures qualitatives dans la nature du capitalisme.
Ceci est illusoire : cela fait bien longtemps que le capitalisme produit des biens immatériels marchands, que le travail des scientifiques – chercheurs, techniciens et ingénieurs- fait partie intégrante des processus de production capitaliste.
Bien sûr, la référence ci-dessus, à deux classes antagoniques, est un peu schématique et suffit à satisfaire bon nombre de militants d'extrême gauche.
Néanmoins, la réalité est un peu plus complexe : le groupe dominant est constitué de 2 pôles indissociables mais distincts : l'un qui s'occupe du savoir, de l'organisation, de la compétence l'autre qui s'occupe du marché, de la propriété (mais ces 2 pôles peuvent coexister chez le même acteur). Marx, à la fin du tome 3 du Capital distingue 3 sous groupes capitalistes : les propriétaires des moyens de production, vivant de profits d'entreprise, les propriétaires du capital vivant de dividendes, les propriétaires fonciers vivant de rentes foncières Il est intéressant de constater que son manuscrit, sur cette question de classes, reste inachevé.
Il me semble que ce passage n’est pas utile, en particulier parce que les données ont changé depuis Marx. Le groupe dominant lui-même a évolué. Ceux qui s’occupent du savoir, de l’organisation, de la compétence sont devenus depuis longtemps des salariés (professeurs, ingénieurs, etc…). Le fait qu’ils n’aient pas toujours conscience d’être eux-aussi des prolétaires ne changer rien à l’affaire. D’autre part les catégories de capitalistes ont-elles aussi évolué. Lénine le pointait déjà sur son bouquin sur l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, et c’est encore plus vrai aujourd’hui : il n’y a plus de capitalisme spécifiquement industriel, financier ou rentier, il y a un capitalisme multiforme, centralisé au sommet par de grandes institutions financières concurrentes.
Le capitalisme, encore aujourd'hui donc, n'est pas compréhensible en profondeur, sans admettre et reconnaître cette réalité : il implique schématiquement deux classes sociales qui, avec des modalités et intensités variables, entrent en conflit, et ce, malgré les techniques sophistiquées d'aliénation mises en œuvre au sein des entreprises, bien décrites par le psychiatre C. Dejours, (à mon avis, personne ne le connaît, il faut le présenter…) ou par manipulation de l'imaginaire au sein de la société au moyen des médias.
Etre anticapitaliste, c'est donc refuser, remettre en cause ce système économique essentiellement fondée sur la propriété privée des moyens de production, l'exploitation de la force de travail manuelle et intellectuelle et régi par les lois aveugles du marché et de la concurence.
Cette remise en cause est non seulement fondée sur l'idée ou le constat que le fonctionnement du capitalisme se nourrit de l'exploitation, de guerres, de précarité, de calamités sociales, de gaspillages, de dégâts et de pillage de l'environnement mais que la finalité du capital n'est pas dans ce système la satisfaction des besoins humains mais le profit.
Certes, chaque marchandise possède une "valeur d'usage" satisfaisant certains besoins, mais celle-ci ne constitue pas la finalité du système. C'est la "valeur d'échange" qui est primordiale.
Il ne s'agit donc pas seulement de remettre en question les conséquences désastreuses de son fonctionnement mais de s'attaquer aux causes, donc aux fondements du système lui-même
Cela implique donc que les moyens de production et le Capital, les sols générateurs de production ou de rentes foncières, deviennent propriété publique collective et que la force de travail ne soit plus objet d'exploitation.
Cela conduit alors à la série de questions suivantes :
1 - Quelle doit être la forme de cette propriété publique : étatique ? régionale ? communale ? mutualiste ? Toutes ces formes, distribuées selon les secteurs ?
2 - Quelle est l'ampleur de cette appropriation collective ? Tous les moyens de production ?
Les plus importants pour le contrôle de l'économie : dans ce cas, lesquels ?
Cette question ne se réduit pas aux moyens de production mais concerne aussi à celui des ressources naturelles, pas forcément moyens de production : faut-il socialiser toutes les rivières, lacs, étangs, côtes, forêts, et tous les sols ?
3- Cette socialisation doit se faire massivement et brutalement ou graduellement ?
4 – Selon quelle procédure politique doit s'effectuer cette socialisation ? C'est le fameux problème de la "transition", mais transition vers quoi ?
L'Histoire a déjà, en partie, répondu à ces questions.
Il est clair que les voies suivies par les pays dits "communistes" de l'époque contemporaine ne sont pas à suivre et les différents contradicteurs voudraient faire croire que toutes les réponses à ces questions ont été données et ont échoué, et, en conséquence, que la question de la propriété des moyens de production est un faux problème.
Ce qui paraît être maintenant établi, c'est que cette transition doit être de nature démocratique et s'appuyer sur une large majorité du peuple suffisamment informé et convaincu de la validité des mesures économiques et politiques à prendre pour un tel changement de société.
Schématiquement, trois modèles sont possibles :
propriété privée des moyens de production et des biens de consommation ;
propriété collective des moyens de production et propriété privée des biens de consommation propriété collective des moyens de production et des biens de consommation.
Chacun de ces modèles a trouvé des adeptes dans le mouvement anarchiste, donnant naissance aux courants de l’individualisme, du collectivisme et du communisme anarchiste…"
L'expérience a montré et montre que non seulement le mode de propriété publique est important à considérer, en ne perdant pas de vue que, notamment, l'étatisme menait au totalitarisme, mais que le mode d'organisation du travail et du contrôle des moyens de production étaient fondamentaux.
L'anticapitalisme n'implique aucunement l'adoption d'un modèle de société du type soviétique, chinois, cubain….Une appropriation collective des moyens de production est pensable, sans vouloir adopter ces modèles ou plutôt contre-modèles.
Ces systèmes sont nées d'une vision simpliste des systèmes de domination, d'une vision verticale et autoritaire du Politique : Selon cette vision, seul Le Parti Révolutionnaire d'Avant Garde est porteur des intérêts des opprimés, le seul capable d'organiser les Luttes et de mener à la Victoire et plus tard, seul l'Etat prolétarien, émanation du Parti, définira d'en haut ce qui est bon ou pas bon pour le Peuple, seul l'Etat et ses commissaires conduira l'économie pour le bien de tous, moyennant une planification totale de l'économie remplaçant ainsi l'économie de marché de type capitaliste.
Je crois qu’il faut dire les choses autrement : ces systèmes sont le produit d’une histoire, indépendamment de ce qu’en disent ceux qui les dirigent. Et ce qu’en disent ce qui les dirigent, montrant des « modèles » là où il n’y a que des monstres sociaux et économiques, ne sert qu’à justifier leur propre pouvoir, et, accessoirement, à discréditer l’idée même de socialisme ou de communisme. Moralité : nous n’utilisons pas la notion de « modèle », nous en contestons la pertinence…
On sait à quels systèmes a conduit cette manière de voir, systèmes qui se sont d'ailleurs établis, ne l'oublions pas tout de même, dans des contextes de guerre et d'isolement économique...
Même remarque que ci-dessus : ce ne sont pas les choix idéologiques qui ont conduit aux systèmes monstrueux qui se sont donnés le nom de « socialisme réel », mais l’histoire, avec ses guerres, l’isolement économique, etc. ; l’idéologie vient par-dessus cette réalité première, la justifier, en justifier toutes les aberrations, à commencer par le parti unique, le « leader maximo », etc…
Donc l'anticapitalisme ne se réduit pas seulement à une remise en cause du système de production - ce qui serait une vision productiviste de la société – mais est aussi une remise en cause des formes de domination politiques, idéologiques et culturelles liées à ce système et notamment une remise en cause du libéralisme. L'étude des formes et des mécanismes de domination devrait donc être fondamentale pour qui se dit anti capitaliste.
Je tombe au passage sur le mot « libéralisme » . Mais je pense que tel que posé, il manque la dimension économico-politique : les antilibéraux remettent en cause le capitalisme « libéral », c’est-à-dire un capitalisme qu’ils appellent sauvage, en imaginant qu’il serait possible de revenir à un capitalisme régulé par l’Etat, la situation que l’on a connu en fait dans les « 30 glorieuses ». De fait, pour utiliser les vieux termes, il s’agit d’une position « réformiste », au sens qu’il serait possible d’amender la chose sans la renverser. En fait, il y a plein de nuances dans l’antilibéralisme, mais le fond est là, me semble-t-il. Sans utiliser de jugement de valeur, la question qui se pose réellement dans le débat entre antilibéralisme et anticapitalisme est de savoir si on peut espérer une possibilité d’amélioration de la situation par des réformes du capitalisme, ou s’il n’y a pas d’autre choix que de s’en débarrasser…
La classe exploitée n'arrivera jamais seule à se libérer : il est nécessaire que se constitue un mouvement intellectuel organique décryptant les mécanismes de domination, d'asservissement, et ce, sans tomber pour autant dans "l'avant-gardisme", maladie infantile des partis communistes contemporains. Cela demanderait organisation, coordination, financement pour pouvoir permettre ce travail interdisciplinaire.
Je pense qu’il faut prendre acte d’une évolution historique : la classe exploitée comporte actuellement de nombreux intellectuels : quasiment tous les ingénieurs, professeurs, etc… sont des salariés, un paquet d’ouvriers d’usine, du moins dans les pays riches, ont un bac, voire une licence ou plus… La classe exploitée à largement les moyens intellectuels de se libérer, et cela d’autant plus qu’elle assure, sans les patrons qui sont devenus une classe totalement parasitaire, collectivement, le fonctionnement de tous les rouages de la société. Ce qui permet de tordre le cou d’autant plus tranquillement à l’idée stalinienne de l’avant-garde « éclairée et éclairante », hélas reprise parfois par l’extrême-gauche. Un nouveau mouvement, il faut le penser et le formuler comme l’organisation de la classe elle-même, pas comme une organisation d’intellectuels qui réfléchissent pour, à l’image d’organisations comme Attac. C’est important de le penser et de le formuler comme cela.
Ce genre de travail ne se fait pas dans l'urgence d'une productivité électoraliste. Un nouveau projet de société ne se construit pas avec des sièges à l'assemblée nationale ou avec les sièges d'un conseil municipal.
Actuellement aucune force de gauche ne propose une nouvelle société alternative, assise sur une nouvelle philosophie politique en accord avec les données scientifiques contemporaines, proposant de nouvelles formes d'organisations sociales et politiques non aliénantes pour le Peuple, et notamment pour les salariés et proposant aussi de nouvelles raisons de vivre autres que la sécurité matérielle et de consommer plus.
Sur l’ensemble des quatre questions, j’ai une différence d’approche.
Le problème de la transition ne se pose pas, selon moi, en termes de « vers quoi », mais en termes de « comment ».
Une des grandes responsabilités du stalinisme est d’avoir permis que le problème de la nouvelle société soit posé en termes de « modèle », manière de voir utilisée copieusement par pratiquement tous ceux qui nous « veulent du bien » : d’où la querelle des « modèles ».
De fait, critiquer ces « modèles » de façon totalement justifiée, mais il me semble que l'on reste un peu prisonnier de leur logique, que d’une certaine façon, tu essais de fixer les bases d’un modèle qui serait le nôtre.
Je crois qu’il faut totalement inverser le raisonnement, et ne surtout pas se préoccuper de la forme que revêtira la société future, tout simplement parce qu’on n’en sait strictement rien... On peut toujours espérer des choses, telles que tu les décrits, mais le résultat dépendra de l’histoire, en se fichant totalement, hélas, de tous les plans que nous aurons pu élaborer.
L’évolution des sociétés est le produit de la lutte des classes et c’est à travers la lutte des classes que s’élaborera la société nouvelle. Et nous verrons bien, si nous ne sommes pas morts avant, comment la nouvelle société se construira, les choix que feront les citoyens qui feront cette révolution économique et sociale.
Mais quel est, alors, le rôle du parti anticapitaliste que nous sommes en train de construire ?
C’est de faire en sorte que la révolte sociale, qui nait de l’exacerbation de la lutte des classes menées par les capitalistes contre la grande majorité de la population se transforme en lutte des classes menée de façon consciente par les salariés contre les patrons et leur Etat.
Et c’est ça la véritable question qui nous est posée : comment faire en sorte que l’expérience accumulée par les travailleurs dans la lutte des classes de tous les jours se transforme en « conscience de classe », et acquière la force politique de mener les changements économiques, sociaux et institutionnels qui s’imposent.
C’est cela le véritable problème de la transition : passer d’une situation où la grande majorité des prolétaires subit le poids idéologique de la classe dominante, au point pour beaucoup de ne même pas voir l’exploitation qu’ils subissent et de justifier les patrons, à une situation où une partie significative des salariés et de la population trouve la situation insupportable, et trouve légitime la volonté d’en changer, et est prête à obtenir satisfaction, quel qu’en soit le prix.
C’est là qu’on tombe sur la nécessité d’un « programme pour les luttes », le véritable programme d'un parti, un programme pour donner une cohérence aux luttes catégorielles dispersées. Ce programme n’est pas un programme revendicatif de type syndical, même s’il est composé d’une série de mesures (salaires, temps de travail, etc.) qui ressemblent à des revendications syndicales.
Il est un véritable programme politique au sens où :
Il ne fait pas confiance aux institutions de l’Etat pour régler les problèmes, parce qu’il a acquis par l’expérience et la théorie que l’Etat n’est pas au dessus des classes, mais bien au service de la classe dominante et a pour but essentiel de maintenir le système en l’état. Ce qui ne veut pas dire que le parti se refuse à utiliser les possibilités que lui offrent ces institutions pour mener sa propre politique de classe (utilisation des campagnes électorales, utilisation des mandats électoraux, etc…)
Il s’appuie sur la lutte des classes réelle, la contestation sociale qui concerne de multiples catégories sociales, salariés du public comme du privé, mais aussi petits paysans, artisans, commerçants, voire petits patrons coincés entre les banques et les donneurs d’ordre. Pris dans les contradictions du système, la révolte de ces catégories sociales (petite-bourgeoisie) ne peut trouver de solution dans le cadre d’un aménagement du système. Le système capitaliste pousse à la concentration, donc à la disparition des petites entreprises privées. Les travailleurs indépendants, voire les petits patrons ne peuvent trouver de solution que dans le cadre de la lutte plus générale des salariés contre le capitalisme.
Au point de vue idéologique, il participe à la construction d’une conscience de classe collective : en mettant en regard une série de mesures qui touchent une multitude de problèmes (sociaux, économiques, écologiques, féministes, etc.), il aide à ce que se forme, dans les cerveaux, l’idée que tout est lié, et que la solution est nécessairement collective. L’idée aussi que la véritable cause du disfonctionnement de la société est dans le système qui la régit, le système capitaliste, la propriété privée des moyens de production et d’échange, et, juste au dessus, les lois du marché et de la concurrence, qui poussent la société à la course à la productivité, au chômage et à la crise.
Qui dit « programme pour les luttes » dit aussi élaboration de ce programme, et mise en œuvre… Autrement dit débats et organisation démocratique. Une question essentielle qui se pose actuellement très concrètement pour de nombreux travailleurs qui ne se résignent plus à subir, c’est : comment passer outre les inerties et les trahisons des directions syndicales pour que nos luttes aboutissent ? Cela pose le problème de la direction démocratique des luttes : à la base, dans les AG de grévistes, ça c’est le plus facile ; mais aussi au sommet, par la mise en place d’un comité central de grève élu par les grévistes, mandaté pour discuter avec les darons et le gouvernement, révocable à chaque instant. A travers les nécessités de la lutte s’inventeront les outils de la démocratie la plus large.
Et la révolution dans tout ça ? De fait, chacune des mesures du programme remet en cause les fondements mêmes du capitalisme, que ce soit sur les salaires, les licenciements, etc… Mener la lutte jusqu’au bout pour arracher ces mesures conduit, dans les faits, à la révolution sociale. Elle conduit aussi, en conséquence, à une révolution politique, dans la mesure où l’Etat interviendra forcément, d’une façon ou d’une autre, pour jouer son rôle, autrement dit maintenir les bases même du système. Pour résumer, la révolution, au sens où l’entendent les marxistes, n’est pas un choix idéologique à priori, où de joyeux révolutionnaires partent la fleur au fusil renverser la société, en essayant de recruter des guérilleros pour mener le combat. Elle est le résultat « naturel » de la lutte des opprimés contre l’oppression. Un parti anticapitaliste est un outil pour aider à cette évolution « naturelle », la « transition » d’une situation de révoltes dispersées à une contestation sociale organisée et structurée, « révolutionnant » l’organisation économique, sociale et politique de la société.
Le succès n’est bien évidemment pas garanti, et dépend de multiples facteurs. D’une part la détermination et le degré d’évolution de la contestation sociale, sa capacité à s’organiser, à trouver de nouveaux chemins au fur et à mesure que la situation avance. D’autre part de la capacité de la bourgeoisie à lâcher du lest ou pas, et à quel niveau (juin 36, mai 68…) Dans quelle mesure ce qui est lâché suffit à calmer une partie de la révolte et à restaurer le rapport des forces ?
Vérité et justice pour Lamine et les autres
Un an après le décès de Lamine dans un fourgon de police, le MRAP exige que toute la vérité soit faite sur cette mort suspecte.
Le 17 juin 2007, Lamine DIENG, jeune de 25 ans, habitant le quartier des Amandiers (Paris 20e) a trouvé la mort dans un fourgon de police à la suite de son interpellation, alors qu’il était menotté. La famille a déposé une plainte avec constitution de partie civile le 22 juin 2007.
Le MRAP s’étonne de l’absence d’informations après un an d’attente.
Pour le MRAP, la gestion de l’affaire Dieng est un révélateur d’une réalité tenace : la lenteur et le piétinement de l’instruction presque systématique - si ce n’est pas de l’ensemble de la procédure - lorsque sont mis en cause des policiers ou des gendarmes dans les affaires de violences et de bavures. Les faits suivants viennent confirmer cette inquiétante réalité :
Abou Bakari Tandia à Courbevoie, Bouna et Zyed à Clichy-sous-Bois, Mohamed Elmi Abdi à Lyon, Joseph Randolph à Paris, Moushin et Larami à Villiers-le-Bel , Reda Semoudi à Noisy-le-Sec, Baba Traoré à Joinville-le-Pont, Abdelhakim Ajimi à Grasse, Joseph Guerdner à Draguignan…
Elles restent toujours en suspens, l’instruction piétinant, ou même le juge d’instruction n’étant toujours pas nommé.
Continuer dans cette voie ne peut qu’amplifier le sentiment qu’a cette jeunesse d’une justice qui ne serait pas impartiale, et creuser un fossé entre la police et cette jeunesse qui vit la stigmatisation et les discriminations au quotidien.
Le MRAP exige que la justice mette tout en œuvre, rapidement, pour faire connaître la vérité sur la mort de Lamine Dieng, Abou Bakari Tandia, Bouna et Zyed, Mohamed Elmi Abdi, Joseph Randolph, Moushin et Larami , Reda Semoudi, Baba Traoré, Abdelhakim Ajimi, Joseph Guerdner…
Il est permis de se demander si la "justice" ("Drôle d'idée de donner le nom d'une vertu à une institution aussi imparfaite", j'ai entendu cette remarque, à laquelle j'adhère pleinement, à la radio lorsque j'étais enfant et cela m'a marquée) ne serait pas à deux vitesses, l'une pour la "racaille" stigmatisée par notre président actuel qui se faisait fort de la nettoyer au karcher, celle qui n'a pas un nom bien de chez nous et peut-être pas non plus la bonne couleur de peau et les autres...
Quelle tristesse. J'ai de plus en plus souvent honte d'être française.
Un an après le décès de Lamine dans un fourgon de police, le MRAP exige que toute la vérité soit faite sur cette mort suspecte.
Le 17 juin 2007, Lamine DIENG, jeune de 25 ans, habitant le quartier des Amandiers (Paris 20e) a trouvé la mort dans un fourgon de police à la suite de son interpellation, alors qu’il était menotté. La famille a déposé une plainte avec constitution de partie civile le 22 juin 2007.
Le MRAP s’étonne de l’absence d’informations après un an d’attente.
Pour le MRAP, la gestion de l’affaire Dieng est un révélateur d’une réalité tenace : la lenteur et le piétinement de l’instruction presque systématique - si ce n’est pas de l’ensemble de la procédure - lorsque sont mis en cause des policiers ou des gendarmes dans les affaires de violences et de bavures. Les faits suivants viennent confirmer cette inquiétante réalité :
Abou Bakari Tandia à Courbevoie, Bouna et Zyed à Clichy-sous-Bois, Mohamed Elmi Abdi à Lyon, Joseph Randolph à Paris, Moushin et Larami à Villiers-le-Bel , Reda Semoudi à Noisy-le-Sec, Baba Traoré à Joinville-le-Pont, Abdelhakim Ajimi à Grasse, Joseph Guerdner à Draguignan…
Elles restent toujours en suspens, l’instruction piétinant, ou même le juge d’instruction n’étant toujours pas nommé.
Continuer dans cette voie ne peut qu’amplifier le sentiment qu’a cette jeunesse d’une justice qui ne serait pas impartiale, et creuser un fossé entre la police et cette jeunesse qui vit la stigmatisation et les discriminations au quotidien.
Le MRAP exige que la justice mette tout en œuvre, rapidement, pour faire connaître la vérité sur la mort de Lamine Dieng, Abou Bakari Tandia, Bouna et Zyed, Mohamed Elmi Abdi, Joseph Randolph, Moushin et Larami , Reda Semoudi, Baba Traoré, Abdelhakim Ajimi, Joseph Guerdner…
Il est permis de se demander si la "justice" ("Drôle d'idée de donner le nom d'une vertu à une institution aussi imparfaite", j'ai entendu cette remarque, à laquelle j'adhère pleinement, à la radio lorsque j'étais enfant et cela m'a marquée) ne serait pas à deux vitesses, l'une pour la "racaille" stigmatisée par notre président actuel qui se faisait fort de la nettoyer au karcher, celle qui n'a pas un nom bien de chez nous et peut-être pas non plus la bonne couleur de peau et les autres...
Quelle tristesse. J'ai de plus en plus souvent honte d'être française.
Je réagirai plus en détail à l'ensemble de que vous avez écrit un peu plus tard. Pour l'heure, il faut que je travaille plus pour gagner moins. 
Merci pour le "recadrage"qui n'était pas inutile.
Emportée par le mouvement, j'ai prononcé un peu à la hâte le terme "amnistie" dans plusieurs réactions sans avoir vérifié sa pertinence. Je vais me documenter davantage afin de pouvoir répondre de façon plus "consistante". Il est intéressant de noter que la dépêche de l'AFP ne fait pas état du droit d'asile accordé par l'ancien chef de l'Etat.
J'avais lu que Mitterrand avait exprimé sa réserve à propos des crimes de sang mais d'une part, la source n'était pas fiable et je n'ai pas pris le temps d'en chercher une autre pour développer le sujet car je souhaitais réagir "à chaud".
Je me doutais d'autre part que cette précision surgirait à un moment ou à un autre de la discussion car je connais la vivacité d'esprit de mes camarades PPCistes et me délectais à l'avance à l'idée de savourer leur esprit de répartie.
Je suis enchantée par les multiples réactions toutes plus intéressantes les unes que les autres que ce débat suscite. Je ne connais pas le sujet à fond, loin de là, et j'apprends énormément en les lisant. Un grand merci à toutes et à tous.

Merci pour le "recadrage"qui n'était pas inutile.
Emportée par le mouvement, j'ai prononcé un peu à la hâte le terme "amnistie" dans plusieurs réactions sans avoir vérifié sa pertinence. Je vais me documenter davantage afin de pouvoir répondre de façon plus "consistante". Il est intéressant de noter que la dépêche de l'AFP ne fait pas état du droit d'asile accordé par l'ancien chef de l'Etat.
J'avais lu que Mitterrand avait exprimé sa réserve à propos des crimes de sang mais d'une part, la source n'était pas fiable et je n'ai pas pris le temps d'en chercher une autre pour développer le sujet car je souhaitais réagir "à chaud".
Je me doutais d'autre part que cette précision surgirait à un moment ou à un autre de la discussion car je connais la vivacité d'esprit de mes camarades PPCistes et me délectais à l'avance à l'idée de savourer leur esprit de répartie.
Je suis enchantée par les multiples réactions toutes plus intéressantes les unes que les autres que ce débat suscite. Je ne connais pas le sujet à fond, loin de là, et j'apprends énormément en les lisant. Un grand merci à toutes et à tous.

et ta réaction apporte beaucoup pour tenter de comprendre les contextes passés et actuels.
Je souscris aux questions que tu poses, même si parfois je ne suis pas du même avis que toi sur certraines de leurs bases.
Le seul point sur lequel je vois les choses vraiment différemment concerne le début de ton pargraphe, concernant la lutte des classes. En effet, si cette idée était vraie au 19e siècle, et en France jusqu'en 1936, je pense que aujourd'hui, sauf dans certains pays émergents, elle n'a plus cours et que c'est un épouvantail.
Je pense vraiment que le capitalisme tel qu'on le vit aujourd'hui abat les barrières et les formes de ségrégation. Le capital a besoin de toutes les bonnes volontés, sans distinction d'origine, de niveau d'étude, et ça je le constate tous les jours dans le monde de l'entreprise privée.
Le capitalisme n'est pas égalitaire, mais il est moteur. Cependant pour tempérer des abus, il est bon de le tempérer en ayant des garde-fous.
Mais ce que je constate depuis des années, c'est que la discrimination vient des zélateurs de la lutte des classes qui tiennent à leur combat.
Pour ma part, je ne me fais pas d'illusions, il y aura toujours des différences, mais c'est ce qui nous tire vers le haut, pour des motivations purement humaines, et ça ne me choque pas. Ce qu'il faut, c'est empêcher les abus de position dominante.
Je souscris aux questions que tu poses, même si parfois je ne suis pas du même avis que toi sur certraines de leurs bases.
Le seul point sur lequel je vois les choses vraiment différemment concerne le début de ton pargraphe, concernant la lutte des classes. En effet, si cette idée était vraie au 19e siècle, et en France jusqu'en 1936, je pense que aujourd'hui, sauf dans certains pays émergents, elle n'a plus cours et que c'est un épouvantail.
Je pense vraiment que le capitalisme tel qu'on le vit aujourd'hui abat les barrières et les formes de ségrégation. Le capital a besoin de toutes les bonnes volontés, sans distinction d'origine, de niveau d'étude, et ça je le constate tous les jours dans le monde de l'entreprise privée.
Le capitalisme n'est pas égalitaire, mais il est moteur. Cependant pour tempérer des abus, il est bon de le tempérer en ayant des garde-fous.
Mais ce que je constate depuis des années, c'est que la discrimination vient des zélateurs de la lutte des classes qui tiennent à leur combat.
Pour ma part, je ne me fais pas d'illusions, il y aura toujours des différences, mais c'est ce qui nous tire vers le haut, pour des motivations purement humaines, et ça ne me choque pas. Ce qu'il faut, c'est empêcher les abus de position dominante.
- Marina Petrella n'a jamais été amnistiée, elle était en cavale, c'est différent
- Si Mitterrand avait refusé l'extradition de ceux qui avaient arrêté leurs activités, il avait cependant exclu de sa promesse es crimes de sang, et je pense qu'il avait raison, car il ne faut pas tout mettre sur le même plan.
Je pense donc que, contrairement à ses habitudes (hélas), la France, pour une fois, ne revient pas sur sa parole.
Et enfin, MysticMeg, c'est un sacré débat, riche, que tu nous amènes, bravo !
- Si Mitterrand avait refusé l'extradition de ceux qui avaient arrêté leurs activités, il avait cependant exclu de sa promesse es crimes de sang, et je pense qu'il avait raison, car il ne faut pas tout mettre sur le même plan.
Je pense donc que, contrairement à ses habitudes (hélas), la France, pour une fois, ne revient pas sur sa parole.
Et enfin, MysticMeg, c'est un sacré débat, riche, que tu nous amènes, bravo !

"Voici la lutte universelle :
Dans l'air plane la Liberté !
A la bataille nous appelle
La clameur du déshérité !...
... L'aurore a chassé l'ombre épaisse,
Et le Monde nouveau se dresse
A l'horizon ensanglanté ! "

Je suis entièrement d'accord avec vous lorsque vous écrivez qu'"Il y a également beaucoup d''ayatollah' qui pensent détenir la vérité et veulent l'imposer aux autres !...." et je suis la première à le déplorer.
J'ai bien pris soin de souligner le fait que je m'oppose vivement à toutes les formes de violence verbale et physique et à tous les intégrismes, qu'ils soient religieux ou politiques. Parmi toutes les citations de mon annonce, ma préférée est celle de Bakounine :
« La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini. »
Je ne cherche aucunement à justifier les différentes actions des Brigades rouges. Mais je ne supporte pas l'idée que l'on revienne sur une amnistie et que l'on retire à quelqu'un le droit d'asile qu'on lui avait accordé.
Cela me paraît malhonnête et scandaleux. J'irai même jusqu'à dire que cela constitue dans le cas présent une grave atteinte à tous les principes démocratiques. Cette extradition a des relents de dictature et cela m'effraie.
J'ai bien pris soin de souligner le fait que je m'oppose vivement à toutes les formes de violence verbale et physique et à tous les intégrismes, qu'ils soient religieux ou politiques. Parmi toutes les citations de mon annonce, ma préférée est celle de Bakounine :
« La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini. »
Je ne cherche aucunement à justifier les différentes actions des Brigades rouges. Mais je ne supporte pas l'idée que l'on revienne sur une amnistie et que l'on retire à quelqu'un le droit d'asile qu'on lui avait accordé.
Cela me paraît malhonnête et scandaleux. J'irai même jusqu'à dire que cela constitue dans le cas présent une grave atteinte à tous les principes démocratiques. Cette extradition a des relents de dictature et cela m'effraie.
Le capitalisme, encore aujourd'hui donc, n'est pas compréhensible en profondeur, sans admettre et reconnaître cette réalité : il implique schématiquement deux classes sociales qui, avec des modalités et intensités variables, entrent en conflit, et ce, malgré les techniques sophistiquées d'aliénation mises en œuvre au sein des entreprises, bien décrites par le psychiatre C. Dejours, ou par manipulation de l'imaginaire au sein de la société au moyen des médias.
Etre anticapitaliste, c'est donc refuser, remettre en cause ce système économique essentiellement fondée sur la propriété privée des moyens de production et l'exploitation de la force de travail manuelle et intellectuelle.
Cette remise en cause est non seulement fondée sur l'idée ou le constat que le fonctionnement du capitalisme se nourrit de l'exploitation, de guerres, de précarité, de calamités sociales, de gaspillages, de dégâts et de pillage de l'environnement mais que la finalité du capital n'est pas dans ce système la satisfaction des besoins humains mais le profit.
Certes, chaque marchandise possède une "valeur d'usage" satisfaisant certains besoins, mais celle-ci ne constitue pas la finalité du système. C'est la "valeur d'échange" qui est primordiale.
Il ne s'agit donc pas seulement de remettre en question les conséquences désastreuses de son fonctionnement mais de s'attaquer aux causes, donc aux fondement du système lui-même
Cela implique donc que les moyens de production et le Capital, les sols générateurs de production ou de rentes foncières, deviennent propriété publique et que la force de travail ne soit plus objet d'exploitation.
Cela conduit alors à la série de questions suivantes :
1 - Quelle doit être la forme de cette propriété publique : étatique ? régionale ? communale ? mutualiste ? Toutes ces formes, distribuées selon les secteurs ?
2 - Quelle est l'ampleur de cette appropriation collective ? Tous les moyens de production ?
Les plus importants pour le contrôle de l'économie : dans ce cas, lesquels ?
Cette question ne se réduit pas aux moyens de production mais concerne aussi à celui des ressources naturelles, pas forcément moyens de production : faut-il socialiser toutes les rivières, lacs, étangs, côtes, forêts, et tous les sols ?
3- Cette socialisation doit se faire massivement et brutalement ou graduellement ?
4 – Selon quelle procédure politique doit s'effectuer cette socialisation ? C'est le fameux problème de la "transition", mais transition vers quoi ?
L'Histoire a déjà, en partie, répondu à ces questions.
Il est clair que les voies suivies par les pays dits "communistes" de l'époque contemporaine ne sont pas à suivre et les différents contradicteurs voudraient faire croire que toutes les réponses à ces questions ont été données et ont échoué, et, en conséquence, que la question de la propriété des moyens de production est un faux problème.
Ce qui paraît être maintenant établi, c'est que cette transition doit être de nature démocratique et s'appuyer sur une large majorité du peuple suffisamment informé et convaincu de la validité des mesures économiques et politiques à prendre pour un tel changement de société.
Schématiquement, trois modèles sont possibles :
propriété privée des moyens de production et des biens de consommation ;
propriété collective des moyens de production et propriété privée des biens de consommation propriété collective des moyens de production et des biens de consommation.
Chacun de ces modèles a trouvé des adeptes dans le mouvement anarchiste, donnant naissance aux courants de l’individualisme, du collectivisme et du communisme anarchiste…"
L'expérience a montré et montre que non seulement le mode de propriété publique est important à considérer, en ne perdant pas de vue que, notamment, l'étatisme menait au totalitarisme, mais que le mode d'organisation du travail et du contrôle des moyens de production étaient fondamentaux.
L'anticapitalisme n'implique aucunement l'adoption d'un modèle de société du type soviétique, chinois, cubain….Une appropriation collective des moyens de production est pensable, sans vouloir adopter ces modèles ou plutôt contre-modèles.
Ces systèmes sont nées d'une vision simpliste des systèmes de domination, d'une vision verticale et autoritaire du Politique : Selon cette vision, seul Le Parti Révolutionnaire d'Avant Garde est porteur des intérêts des opprimés, le seul capable d'organiser les Luttes et de mener à la Victoire et plus tard, seul l'Etat prolétarien, émanation du Parti, définira d'en haut ce qui est bon ou pas bon pour le Peuple, seul l'Etat et ses commissaires conduira l'économie pour le bien de tous, moyennant une planification totale de l'économie remplaçant ainsi l'économie de marché de type capitaliste.
On sait à quels systèmes a conduit cette manière de voir, systèmes qui se sont d'ailleurs établis, ne l'oublions pas tout de même, dans des contextes de guerre et d'isolement économique...
Donc l'anticapitalisme ne se réduit pas seulement à une remise en cause du système de production - ce qui serait une vision productiviste de la société – mais est aussi une remise en cause des formes de domination politiques, idéologiques et culturelles liées à ce système et notamment une remise en cause du libéralisme . L'étude des formes et des mécanismes de domination devrait donc être fondamentale pour qui se dit anti capitaliste.
la classe exploitée n'arrivera jamais seule à se libérer : il est nécessaire que se constitue un mouvement intellectuel organique décryptant les mécanismes de domination, d'asservissement, et ce, sans tomber pour autant dans "l'avant-gardisme", maladie infantile des partis communistes contemporains.
Cela demanderait organisation, coordination, financement pour pouvoir permettre ce travail interdisciplinaire.
Ce genre de travail ne se fait pas dans l'urgence d'une productivité électoraliste. Un nouveau projet de société ne se construit pas avec des sièges à l'assemblée nationale ou avec les sièges d'un conseil municipal.
Actuellement aucune force de gauche ne propose une nouvelle société alternative, assise sur une nouvelle philosophie politique en accord avec les données scientifiques contemporaines, proposant de nouvelles formes d'organisations sociales et politiques non aliénantes pour le Peuple, et notamment pour les salariés et proposant aussi de nouvelles raisons de vivre autres que la sécurité matérielle et de consommer plus.
Etre anticapitaliste, c'est donc refuser, remettre en cause ce système économique essentiellement fondée sur la propriété privée des moyens de production et l'exploitation de la force de travail manuelle et intellectuelle.
Cette remise en cause est non seulement fondée sur l'idée ou le constat que le fonctionnement du capitalisme se nourrit de l'exploitation, de guerres, de précarité, de calamités sociales, de gaspillages, de dégâts et de pillage de l'environnement mais que la finalité du capital n'est pas dans ce système la satisfaction des besoins humains mais le profit.
Certes, chaque marchandise possède une "valeur d'usage" satisfaisant certains besoins, mais celle-ci ne constitue pas la finalité du système. C'est la "valeur d'échange" qui est primordiale.
Il ne s'agit donc pas seulement de remettre en question les conséquences désastreuses de son fonctionnement mais de s'attaquer aux causes, donc aux fondement du système lui-même
Cela implique donc que les moyens de production et le Capital, les sols générateurs de production ou de rentes foncières, deviennent propriété publique et que la force de travail ne soit plus objet d'exploitation.
Cela conduit alors à la série de questions suivantes :
1 - Quelle doit être la forme de cette propriété publique : étatique ? régionale ? communale ? mutualiste ? Toutes ces formes, distribuées selon les secteurs ?
2 - Quelle est l'ampleur de cette appropriation collective ? Tous les moyens de production ?
Les plus importants pour le contrôle de l'économie : dans ce cas, lesquels ?
Cette question ne se réduit pas aux moyens de production mais concerne aussi à celui des ressources naturelles, pas forcément moyens de production : faut-il socialiser toutes les rivières, lacs, étangs, côtes, forêts, et tous les sols ?
3- Cette socialisation doit se faire massivement et brutalement ou graduellement ?
4 – Selon quelle procédure politique doit s'effectuer cette socialisation ? C'est le fameux problème de la "transition", mais transition vers quoi ?
L'Histoire a déjà, en partie, répondu à ces questions.
Il est clair que les voies suivies par les pays dits "communistes" de l'époque contemporaine ne sont pas à suivre et les différents contradicteurs voudraient faire croire que toutes les réponses à ces questions ont été données et ont échoué, et, en conséquence, que la question de la propriété des moyens de production est un faux problème.
Ce qui paraît être maintenant établi, c'est que cette transition doit être de nature démocratique et s'appuyer sur une large majorité du peuple suffisamment informé et convaincu de la validité des mesures économiques et politiques à prendre pour un tel changement de société.
Schématiquement, trois modèles sont possibles :
propriété privée des moyens de production et des biens de consommation ;
propriété collective des moyens de production et propriété privée des biens de consommation propriété collective des moyens de production et des biens de consommation.
Chacun de ces modèles a trouvé des adeptes dans le mouvement anarchiste, donnant naissance aux courants de l’individualisme, du collectivisme et du communisme anarchiste…"
L'expérience a montré et montre que non seulement le mode de propriété publique est important à considérer, en ne perdant pas de vue que, notamment, l'étatisme menait au totalitarisme, mais que le mode d'organisation du travail et du contrôle des moyens de production étaient fondamentaux.
L'anticapitalisme n'implique aucunement l'adoption d'un modèle de société du type soviétique, chinois, cubain….Une appropriation collective des moyens de production est pensable, sans vouloir adopter ces modèles ou plutôt contre-modèles.
Ces systèmes sont nées d'une vision simpliste des systèmes de domination, d'une vision verticale et autoritaire du Politique : Selon cette vision, seul Le Parti Révolutionnaire d'Avant Garde est porteur des intérêts des opprimés, le seul capable d'organiser les Luttes et de mener à la Victoire et plus tard, seul l'Etat prolétarien, émanation du Parti, définira d'en haut ce qui est bon ou pas bon pour le Peuple, seul l'Etat et ses commissaires conduira l'économie pour le bien de tous, moyennant une planification totale de l'économie remplaçant ainsi l'économie de marché de type capitaliste.
On sait à quels systèmes a conduit cette manière de voir, systèmes qui se sont d'ailleurs établis, ne l'oublions pas tout de même, dans des contextes de guerre et d'isolement économique...
Donc l'anticapitalisme ne se réduit pas seulement à une remise en cause du système de production - ce qui serait une vision productiviste de la société – mais est aussi une remise en cause des formes de domination politiques, idéologiques et culturelles liées à ce système et notamment une remise en cause du libéralisme . L'étude des formes et des mécanismes de domination devrait donc être fondamentale pour qui se dit anti capitaliste.
la classe exploitée n'arrivera jamais seule à se libérer : il est nécessaire que se constitue un mouvement intellectuel organique décryptant les mécanismes de domination, d'asservissement, et ce, sans tomber pour autant dans "l'avant-gardisme", maladie infantile des partis communistes contemporains.
Cela demanderait organisation, coordination, financement pour pouvoir permettre ce travail interdisciplinaire.
Ce genre de travail ne se fait pas dans l'urgence d'une productivité électoraliste. Un nouveau projet de société ne se construit pas avec des sièges à l'assemblée nationale ou avec les sièges d'un conseil municipal.
Actuellement aucune force de gauche ne propose une nouvelle société alternative, assise sur une nouvelle philosophie politique en accord avec les données scientifiques contemporaines, proposant de nouvelles formes d'organisations sociales et politiques non aliénantes pour le Peuple, et notamment pour les salariés et proposant aussi de nouvelles raisons de vivre autres que la sécurité matérielle et de consommer plus.
Il ne se trame rien de bon, à mon avis. Je penche pour la seconde hypothèse et aussi un peu la troisième (Ce que Mitterrand a fait, nous pouvons le défaire).
A quand le rétablissement de la peine de mort ? Et de la seconde classe dans le métro aussi, parce qu'après tout, la "racaille", ça ne devrait pas voyager avec les honnêtes gens... (Ceci est du second degré, je préfère le préciser okazou, afin de ne pas recevoir d'autres MP vengeurs et des menaces de procès, ce qui est devenu très "tendance" ces derniers temps, lorsque l'on s'écarte un tant soit peu du politiquement correct.)
Je pense comme toi, nous nous trouvons bien devant "Des intérêts politiques derrière les prises de position de 'principe' de l'Etat, maintenant comme sous Mitterrand, et des vies ordinaires qui en deviennent la cible."
Je crains que ce ne soit toujours le cas, quels que soient les gouvernements mais il me semble que celui que nous avons actuellement a poussé un peu loin le bouchon cette fois (une fois de plus).
Je n'ai pas vu de réactions de gens du PS non plus hier et je n'ai pas cherché à en savoir plus aujourd'hui.
A quand le rétablissement de la peine de mort ? Et de la seconde classe dans le métro aussi, parce qu'après tout, la "racaille", ça ne devrait pas voyager avec les honnêtes gens... (Ceci est du second degré, je préfère le préciser okazou, afin de ne pas recevoir d'autres MP vengeurs et des menaces de procès, ce qui est devenu très "tendance" ces derniers temps, lorsque l'on s'écarte un tant soit peu du politiquement correct.)
Je pense comme toi, nous nous trouvons bien devant "Des intérêts politiques derrière les prises de position de 'principe' de l'Etat, maintenant comme sous Mitterrand, et des vies ordinaires qui en deviennent la cible."
Je crains que ce ne soit toujours le cas, quels que soient les gouvernements mais il me semble que celui que nous avons actuellement a poussé un peu loin le bouchon cette fois (une fois de plus).
Je n'ai pas vu de réactions de gens du PS non plus hier et je n'ai pas cherché à en savoir plus aujourd'hui.
Tu es toujours le bienvenu, mon cher Magic. 

"ont produit (...) plus de massacres que le nazisme": hum..., passons.
Et de tout mélanger, les affaires politiques, les faits divers, la question des tractations politiques, qui font peu de cas des personnes, et celle de la sanction, "qui peut être dissuasive", le principal étant de : 1) taper sur les gens de gauche (quitte à faire mine de ne pas comprendre leur argumentation); 2) justifier une série de politiques qui s'appuient sur la peur et son corollaire, l'appétit de vengeance (peu importe que ça marche ou pas, on est soulagé, et on dira que ça marche).
On mélange tout, ici.Les grands criminels récidivistes, les terroristes, les criminels de masse, ce n'est pas la même chose,même si certains individus peuvent cumuler tous ces "profils".
Pour ce qui est de Marina Petrella, je me demande s'il ne serait effectivement pas sain psychiquement pour elle de subir la justice des hommes. Mais là resurgit ma méfiance vis-à-vis de Berlusconi et consorts: quelle justice lui réservent-ils? Est-elle condamnée d'avance? L'évolution, effectivement, de cette femme, devenue assistante sociale en France et ayant renoncé à son idéologie fumeuse et meurtrière, sera(it) -t- elle prise en compte? Ou bien aura-t-on droit à un jugement Rollex péroxydé, un qui brille et vise à montrer que l'homme d'affaire quasi-mafieux tient bon la barre face aux difficultés que connaît l'Italie et qu'il fait oeuvre de nettoyage, de lavage des mains? Il est vrai que cela lui évitera(it) de s'attaquer à certains de ses amis.
Alors, quelles sont les raisons qui pousent Sarkozy, et ont,a vant lui, poussé Balladur, à accéder à ces demandes d'extradition ? Politiques (à visée intérieure, mais également européenne?), personnelles (bancaires, on dira)?
Et de tout mélanger, les affaires politiques, les faits divers, la question des tractations politiques, qui font peu de cas des personnes, et celle de la sanction, "qui peut être dissuasive", le principal étant de : 1) taper sur les gens de gauche (quitte à faire mine de ne pas comprendre leur argumentation); 2) justifier une série de politiques qui s'appuient sur la peur et son corollaire, l'appétit de vengeance (peu importe que ça marche ou pas, on est soulagé, et on dira que ça marche).
On mélange tout, ici.Les grands criminels récidivistes, les terroristes, les criminels de masse, ce n'est pas la même chose,même si certains individus peuvent cumuler tous ces "profils".
Pour ce qui est de Marina Petrella, je me demande s'il ne serait effectivement pas sain psychiquement pour elle de subir la justice des hommes. Mais là resurgit ma méfiance vis-à-vis de Berlusconi et consorts: quelle justice lui réservent-ils? Est-elle condamnée d'avance? L'évolution, effectivement, de cette femme, devenue assistante sociale en France et ayant renoncé à son idéologie fumeuse et meurtrière, sera(it) -t- elle prise en compte? Ou bien aura-t-on droit à un jugement Rollex péroxydé, un qui brille et vise à montrer que l'homme d'affaire quasi-mafieux tient bon la barre face aux difficultés que connaît l'Italie et qu'il fait oeuvre de nettoyage, de lavage des mains? Il est vrai que cela lui évitera(it) de s'attaquer à certains de ses amis.
Alors, quelles sont les raisons qui pousent Sarkozy, et ont,a vant lui, poussé Balladur, à accéder à ces demandes d'extradition ? Politiques (à visée intérieure, mais également européenne?), personnelles (bancaires, on dira)?
"non par intérêt personnel mais pour ce qu'il estime êtr le bien du plus grand nombre ?"
Il y a également beaucoup d' " ayatollah " qui pensent détenir la vérité et veulent l'imposer aux autres !....
Il y a également beaucoup d' " ayatollah " qui pensent détenir la vérité et veulent l'imposer aux autres !....
Je suppose que la vérité se situe quelque part entre les deux hypothèses de ton premier paragraphe.
En ce qui concerne la seconde question, je serais tentée de répondre "un peu des deux" aussi. Pour accepter de commettre un acte terroriste, il me semble qu'il faut avoir franchi un certaine limite au-delà de laquelle plus rien d'autre n'a d'importance que le combat que l'on mène, à tort ou à raison. Je suppose que les terroristes (en dehors des kamikazes) espèrent s'en tirer mais qu'ils acceptent l'éventualité de ne pas survivre à leurs actes de violence, ainsi que celle de passer le reste de leur vie dans la clandestinité. Ils prennent le parti de sacrifier leur vie à une cause qui leur semble juste. C'est pourquoi je ne les comparerai jamais à quelqu'un comme Pinochet qui a été évoqué beaucoup plus bas.
La différence entre un dictateur et un terroriste, cela pourrait-il être que le premier ne voit aucun inconvénient à sacrifier la vie des autres pour assouvir son besoin de pouvoir et assurer sa fortune personnelle, alors que le second prend le parti de sacrifier la vie de certains, y compris la sienne, non par intérêt personnel mais pour ce qu'il estime êtr le bien du plus grand nombre ?
Ceci dit, je le répète et le répéterai encore : je n'approuve pas le terrorisme et ne pourrais jamais participer à des actes de violence de ce genre.
En ce qui concerne la non-violence, justement, je me décrirais comme pacifiste mais pas comme non-violente. Dans certaines conditions, en particulier pour défendre la vie de personnes que j'aime, je pense que je serais capable de violence. Et je ne me laisserais pas trucider sans broncher non plus d'ailleurs.
Pour ce qui est du troisième point de ta réaction, j'éprouve la même chose dans une certaine mesure. Si quelqu'un s'était dévoué pour assassiner Papon, par exemple, je n'aurais pas porté le deuil et j'aurais plutôt eu envie de danser la carmagnole. J'irai même jusqu'à dire que je regrette que cela ne soit pas arrivé à l'époque où il avait autant de pouvoir, cela aurait épargné nombre de vies humaines plus précieuses que la sienne (celles d'innocents).
Le problème des attentats terroristes, c'est qu'ils coûtent souvent la vie
En ce qui concerne la seconde question, je serais tentée de répondre "un peu des deux" aussi. Pour accepter de commettre un acte terroriste, il me semble qu'il faut avoir franchi un certaine limite au-delà de laquelle plus rien d'autre n'a d'importance que le combat que l'on mène, à tort ou à raison. Je suppose que les terroristes (en dehors des kamikazes) espèrent s'en tirer mais qu'ils acceptent l'éventualité de ne pas survivre à leurs actes de violence, ainsi que celle de passer le reste de leur vie dans la clandestinité. Ils prennent le parti de sacrifier leur vie à une cause qui leur semble juste. C'est pourquoi je ne les comparerai jamais à quelqu'un comme Pinochet qui a été évoqué beaucoup plus bas.
La différence entre un dictateur et un terroriste, cela pourrait-il être que le premier ne voit aucun inconvénient à sacrifier la vie des autres pour assouvir son besoin de pouvoir et assurer sa fortune personnelle, alors que le second prend le parti de sacrifier la vie de certains, y compris la sienne, non par intérêt personnel mais pour ce qu'il estime êtr le bien du plus grand nombre ?
Ceci dit, je le répète et le répéterai encore : je n'approuve pas le terrorisme et ne pourrais jamais participer à des actes de violence de ce genre.
En ce qui concerne la non-violence, justement, je me décrirais comme pacifiste mais pas comme non-violente. Dans certaines conditions, en particulier pour défendre la vie de personnes que j'aime, je pense que je serais capable de violence. Et je ne me laisserais pas trucider sans broncher non plus d'ailleurs.

Pour ce qui est du troisième point de ta réaction, j'éprouve la même chose dans une certaine mesure. Si quelqu'un s'était dévoué pour assassiner Papon, par exemple, je n'aurais pas porté le deuil et j'aurais plutôt eu envie de danser la carmagnole. J'irai même jusqu'à dire que je regrette que cela ne soit pas arrivé à l'époque où il avait autant de pouvoir, cela aurait épargné nombre de vies humaines plus précieuses que la sienne (celles d'innocents).
Le problème des attentats terroristes, c'est qu'ils coûtent souvent la vie


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 









MysticMeg
publié le 10 juin 08