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Dunia incarnée par hanan turk : la sensualité et le courage
 Dunia incarnée par hanan turk : la sensualité et le courage
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Dunia danse. Son professeur est exigeant, il veut la libérer de l’emprise de sa mère, célèbre danseuse, dont elle garde, enroulé à son poignet, un voile de tissu rouge.

Dunia écrit des poèmes, en cachette.

Dunia rêve de l’amour, au plaisir de l’amour. Sa thèse portera sur les poètes Ce ne sera pas simple, dit avec humour son professeur de thèse, le Dr Beshir, joué par Mohamed Mounir.
Les noms d'Abu Nawas, Ibn Burd, Ibn Hazm et Ibn Arabi sont cités.

Dunia bouge. Dunia, en arabe, signifie monde.

Jocelyne Saab, la réalisatrice du fim, journaliste libanaise, cadre la main de Dunia pianotant sur la rampe de l’escalier de l’immeuble où elle habite. Sa main est animée du profond désir de Dunia de s’échapper aux carcans d’une société où 96 % des femmes sont excisées. Filmer cet escalier c’est montrer ses ouvertures multiples sur les guetteurs : voisins prompts à juger, à intimider le cousin qui ose venir en pleine journée parler à Dunia…

Les mains et les pieds sont des images récurrentes du toucher, de l’ancrage au sol. Danse, et marche.

Son mentor en poésie devient presque totalement aveugle suite à une agression. Il cherche un nouvel équilibre, sur les conseils du prof de danse de Dunia.

Très belle scène où un enfant dépose du sable rouge dans un damier à même le sol du désert, traces d’un alphabet essentiel : lumière, aube, amour. Mots de la renaissance de cet homme.
Comment savoir qui a besoin de qui ? dit il au moment où il voit Dunia la première fois, quand elle récite des vers sans conviction.

Juste avant de se marier, quatre fois elle lui pose la question « Qu’est ce que l’amour ? »
Il lui répond « Une fantaisie, un tourment, une dévotion, une tendresse, une fête de tous les sens, un accomplissement ».

Ce film pose la problématique de l’amour du point de vue des hommes, leur sens personnel de l’obscénité « On ne veut pas de cette merde » dit le mari de Dunia.
Paravent des traditions, domination.

« Les livres, ça mite la cervelle. L’amour ne s’apprend pas à l’école » dit la joyeuse conductrice du taxi, dont la voiture porte à la fois un cœur rouge et une boule verte aux piquants du virus du sida … Excisée, comme sa petite fille …

Jocelyne Saab filme avec sensualité et intelligence.

S’impose la rigueur de la géométrie : quadrature du cercle de la piste de danse, entrecroisements métalliques plongeant sur le Caire où se réfugie Dunia, surplombant le Nil, le trafic routier, les tours et les damiers où se posent les pieds du Dr Beshir.

Patience et apprentissages. Beauté.

La robe de mariée a une jupe de papier en forme d’éventail à trois étages. Papier qui servira à transmettre un message à son mari.
La sensualité est dans les matériaux : papier, plastique à bulles, sable, tissu lamé… dans les gestes , les sourires, dans les courbures d’un cou et de son grain de beauté, une démarche dansante, dans le défi permanent d’une femme qui s’affirme.
La couleur de ce film est le rouge, dans sa polysémie. Le vert l'adoucit.
Complémentarités chantantes . Mohamed Mounir est " la voix " de l' Egypte.
Hanan Turk ? Sidérante de beauté.

* * * * * *

Sur le site de RFI, on apprend qu’en novembre 2005, pendant le Festival du film du Caire, 800 personnes ont assisté à la projection. 70 millions en ont parlé.

L’excision n’est pas un précepte de l’islam. Mais 96 % des femmes égyptiennes subissent ce viol (Amnesty International et Pnud – 2005)

Hanan Turk joue dans "L'émigré" de Y. Chahine (1994)
et M. Mounir dans "Le destin".
Son visage de bédoin malicieux et impertinent illumine le film, comme la grâce de l'actrice le porte.
" N'aie pas peur de l'ombre, concentre toi sur la lumière"



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avec des frais de port du montant d'une place de ciné ... Dommage ... à moins que vous ne connaissiez un autre moyen de diffusion. Je l'ai vu dans une salle de banlieue.
qui je l'avoue m'est totalement inconnu
tu l'en excuseras, chère Pollen
 30/03/08 à 20h41