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Dernier chef-d’œuvre du mélodrame musical hollywoodien (hollywoodien voulant exprimer un produit totalement fabriqué par un studio dans un style bien précis, ici la Warner Bros), « A Star is Born » de Cukor en est aussi la quintessence.

Nous sommes en 1954. Judy Garland a été virée de la MGM pour laquelle elle a signé un contrat dès l’âge de 13 ans avec M. Louis B. Mayer himself à la fin des années 30. Elle a rapporté des millions de dollars dans des films très populaires (Le Magicien d’Oz, les duos avec Mickey Rooney, Meet Me in St Louis, The Harvey Girls, Easter Parade, etc.). Mais trop de barbituriques, d’alcool et de dépressions diverses la rendent incontrôlable et risquent de faire perdre beaucoup d’argent en cas de suspension de tournage (interruption du tournage du Pirate de Minnelli, abandon et reprise de Summer Stock, elle est remplacée in extremis dans le rôle titre de Annie Get your Gun, etc.).

Rappel : le cinéma est une industrie. Fin de la parenthèse.

« A Star is Born » est un mélodrame déjà adapté en 1937 par William Wellman et produit par David O. Selznick. Un scénario idéal qui décrit les coulisses de ladite industrie cinématographique : une jeune femme graine de talent, Esther Blodgett (je sais c’est trognon et improbable en même temps) est découverte par un acteur d’Hollywood adulé mais alcoolique, Norman Maine. Il lance sa carrière, s’en amourache (et réciproquement) mais sa carrière à lui décline au même moment que celle de sa fiancée grimpe à toute vitesse. Ça finit mal évidemment (les histoires d’A, les histoires d’amour finissent mal, en général) et Norman se suicide.

Bon ben là vous allez me dire, tu te fiches de nous, j’ai pas envie d’aller voir un film comme ça, du genre déprime.

Mais pas du tout !

Judy, aidée par son nouveau mari dans la vraie vie, Sidney Luft, producteur de son métier, veut absolument en tourner le remake musical. Warner est OK pour partir dans cette aventure, un bon moyen de damner le pion à ces intrigants de la MGM.

Résultat : un des meilleurs films de Cukor (Cukor, le metteur en scène qui savait parler aux femmes mais oui – au fait paraît-il qu’ils sont en train de nous concocter un remake de « The Women », on croit rêver), même si le studio a tenu absolument à couper certaines scènes du film à sa sortie, parce qu’il le jugeait trop long. Vous remarquerez qu’il y a un avantage à vivre à notre époque, non c’est pas le fait d’avoir Sarkozy comme président, c’est la possibilité de voir en version « choix du réalisateur » et non pas « choix du studio tout-puissant » les plus grands films du siècle dernier.

Judy s’approprie le film évidemment, bouleverse en chantant le fameux « The Man that Got Away », électrise dans le « Born in a Trunk » séquence musicale obligée, très à la mode à ce moment-là, d’une quinzaine de minutes nous relatant les difficultés du Show must Go On (mine de rien, y’a pas que moi qui suis sensible à ce slogan impitoyable), bouleverse en s’avançant dans la séquence finale sur une scène de théâtre en prononçant les mots « I am Mrs Norman Maine » (vous comprenez, elle est une star, ok, mais son mari vient de se suicider pour comme qui dirait la laisser tranquillement vivre sa vie sans la gêner et là elle montre à la face du monde qu’elle est et sera pour-toujours-avant-tout-la-femme-de-son-mari-et-pas-que-une-star, je crois pas avoir été très claire mais vous pleurerez comme moi quand elle le dira).

James Mason, dans le rôle de Norman Maine, acteur adulé mais brisé par un alcoolisme dont il n’arrive pas à se défaire malgré toute sa bonne volonté et son mariage avec Esther, est sublime de retenue, d’intériorité et de profondeur.

On pourrait citer encore la qualité du Technicolor car les images sont flamboyantes à l’image de la passion qui circule dans toutes les scènes.

La baffe de l’histoire, c’est que c’est Grace Kelly qui obtiendra cette année-là l’Oscar de la meilleure actrice pour « Une fille de province », personne ne sait pourquoi et surtout pas moi. Bon elle a eu le Golden Globe en guise de consolation et James aussi mais franchement y’a pas de justice, qui a vu ce film « Une fille de province » dans cette salle ?

Mon dernier conseil et je vais me taire ensuite : éviter à tous prix le remake avec Barbara Streisand et Kris Kristofferson. Je crois que j’ai jeté la VHS à la poubelle sans regret. C’est vraiment mauvais.

Y'a toutes les scènes du film dont je parle sur Youtube. Et toc.
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Voici les 8 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 01/08/08 à 07h40
gerard401
..... bien qu'inconditionnel de Grace Kelly, je l'ai vu !!! et toc !
c'est d'éviter les remake avec Barbara Streisand et Kris Kristofferson. Je n'ai pas vu le premier film "A star is born" avec Judy Garland qui a fini par se suicider. Elle chantai surtout très bien. Mais je n'ai jamais vraiment accroché.
Au fait, Dardannelle, vous être trop jeune pour avoir participé à la guerre de 1914 et au détroit des Dardanelles?
 29/07/08 à 20h44
kinzdelaroz
je suis 100 % derrière brian. On critique pas qqun qui nous met le "trolley song" de "Meet me in St Louis". Et pour te faire les pieds, je viens de remettre ceci sur Daily. Tu connais. C'est moi qui l'ai fait tout avec les craquements de vinyl.

"Little Nellie Kelly" (1940)

http://www.dailymotion.com/video/x6a8y2_faites-la-rencontre-de-kinzdelaroz_da
ting
Le grand finale, allez jusqu'à 4:52, si vous voulez éviter le reste

http://fr.youtube.com/watch?v=WtC2axHc9-I
qui n'ont rien à voir avec le sujet

Alors, pour The Man that Got Away, on va par là :

http://fr.youtube.com/watch?v=UzyPMRo8ZUQ
 29/07/08 à 19h49
brianRobert
qu'elle a connu sa maman, Liza a dit un jour qu'elle en gardait le souvenir d'une femme qui était parfois d'une grande mélancolie.

Je n'aime pas les enfants de stars, par principe, mais Liza est bien sûr l'exception.

Et pafrois Judy était aussi d'une euphorie sans limite, comme là :

http://fr.youtube.com/watch?v=hka8jKueLaQ

Darda, c'est du bon, ça fait du bien.
 29/07/08 à 19h37
kinzdelaroz