Into the wild
Partir, tout quitter. Laisser derrière soi la pression, les contraintes, la routine.
Fuir l'absurdité d'un monde dans lequel notre respiration est devenue trop difficile.
Abandonner argent, carrière, proches qui ne nous comprennent pas.
Prendre la route, prendre le temps, le respirer. Vivre l'instant. S'ouvrir à la richesse infinie du monde, de la nature. Chercher un rapport moins factice au cosmos, un relation authentique au monde.
Tous ceux qui sont travaillés par ces désirs ont été touché, parfois bouleversé par « into the wild » car Chris a choisi d'aller au bout de ce fantasme, tout au bout de son rêve, d'un autre rapport à la vie.
On est touché, bousculé parce qu'il nous met face à ce que l'on a pas le courage de faire, parce qu'il nous rappelle notre lâcheté, notre souffrance résignée face à notre monde. Nous accrochons nous à notre quotidien par choix, par conviction, parce qu'on pense que c'est ce que l'on peut faire de mieux sur cette teere ou alors par habitude, par paresse, par lâcheté?
Pendant le film on est secoué par toutes ces questions. On se souvient de ses propres aventures, voyages, instants de folie... et on se demande si ce n'était pas ça la vie, le plus important.
La routine de notre quotidien nous apparaît dans toute sa platitude. Même si l'on fait un métier que l'on aime, même si nous passons du bon temps avec nos amis, le film nous faire voir toutes les expériences que nous manquons, toute la richesse de la vie que nous sacrifions pour une carrière, une stabilité matérielle, tout ce que notre mode de vie moderne fait sacrifier à la plupart d'entre nous.
Certains diront que l'acteur est trop beau, que certaines scènes sont clichés: les amitiés trop fortes, l' amoureuse trop jolie, les rencontres trop belles... Même si c'est peut-être vrai, cela n'a aucune importance véritable. Je crois que ceux qui regardent le film doivent prendre une gifle ou être secoué, questionné ou confirmé dans leurs interrogations ce qui fut mon cas.
IL ne m'a pas giflé parce que, comme Chris, j'ai vécu à une période de ma vie une quête de sens, parce qu'un jour j'ai décidé tout comme lui de me demander à quoi bon vouer ma vie, parce qu'un jour j'ai pris le temps de m'arrêter, de souffler, de lire, voyager, observer les autres, les rencontrer, méditer.
Le début de ce commentaire parle de ce que Chris nous fait voir.
C'est sûr lui que je voudrais maintenant me concentrer, ses propres questionnements, ses propres expériences, dans leur singularité. Bien souvent les personnes qui parlent du film oublie Chris parce qu'il est comme un miroir. Il nous renvoie à nos expériences, nos doutes, nos questionnements si bien qu'on fini par ne plus le voir, oublier qu'il a ses souffrances bien à lui et un rapport au monde aussi unique qu'extraordinaire sans quoi il n'aurait jamais fait les choix qui furent les siens.
Lorsque j'ai regardé le film pour la seconde fois, je me suis demandé: mais que cherche Chris?
Est-ce qu'il cherche la liberté absolue, la vérité, un rapport authentique au monde? Ou bien alors est-ce qu'il cherche à punir ses parents, à les faire souffrir, à les forcer à se questionner en disparaissant, en se suicidant? Est-ce que Chris cherche un chemin pour continuer à vivre ou est-ce qu'il se suicide parce qu'il n'arrive pas à imaginer pouvoir vivre parmi les hommes?
Regardé sous cet angle le film prend une nouvelle dimension.
On se demande: Mais pourquoi Chris part seul à l'aventure? Qu'est ce qui le fait fuir lui?
Tout d'abord il y a les reproches que beaucoup d'entre nous font aussi à notre société: son excès de matérialisme, son culte de l'argent et de l'avoir. A quoi bon une nouvelle voiture? Il n'a aucun besoin d'une nouvelle voiture. Est-ce qu'elle nous rendra plus heureux? Son culte de la réussite sociale et du pouvoir. Est-ce que l'essentiel dan la vie c'est de faire carrière?
L'agressivité latente des autres à notre encontre dans une société où l'esprit de compétition parasite nos rapports humains. Le sentiment d'étouffer dans une vie rythmée par des logiques de rentabilité. Toujours regarder sa montre, penser au prochain cours, au prochain rendez-vous... toujours avoir la montre en tête...
Mais Chris ne s'arrête pas à ses critiques générales. Ses reproches à lui vont plus loin.
Pour lui ce n'est pas seulement que l'argent ne fait pas le bonheur, qu'une bonne carrière n'est pas essentiel sinon il se contenterait de choisir un métier peu contraignant et mal payé mais qui lui laisserait du temps et de la liberté.
Non, Chris va beaucoup plus loin: pour lui l'argent et le pouvoir sont illusions, pur égarement. Il a le sentiment que notre société nous pervertit. Il porte un peu le même regard que Rousseau sur la société des hommes: c'est elle qui rend les hommes mauvais. Pour Chris, l'homme est naturellement bon et une fois seule face à la nature il doit se retrouver enfin dans un rapport authentique avec le cosmos et par la même découvrir sa propre nature et donc qui il est et pour quoi il doit vivre.
A première vue, son raisonnement peut tenir la route. Rousseau qui n'était pas complètement idiot avait à peu près la même vision de l'homme il y a deux cents ans. Mais voilà, justement, Rousseau portait ces idées il y a deux cents ans et Chris est présenté comme un aventurier solitaire mais aussi comme un passionné de lecture et un étudiant brillant. Il ne peut pas ne pas savoir que l'opposition nature/culture est une illusion, que l'on ne peut pas quitter la société pour vivre seul dans la nature, que c'est suicidaire. Il ne peut pas ne pas savoir qu'un enfant abandonné dans la nature ne devient jamais un homme, que nos ancêtres qui vivaient avec peu de choses au contact d'un monde sauvage avait malgré tout une riche culture, une vie communautaire et notamment une profonde connaissance de leur environnement. Ils lisaient dans la nature comme dans un livre ouvert donnant sens à chacun des signes de la forêt: plante, traces d'animaux, cris... Ils avaient un riche savoir faire, une culture. Chris ne peut pas ne pas savoir tout ça. Alors pourquoi s'aveugle-t-il à vouloir vivre seul dans la nature sans une communauté et sa culture? Pourquoi ne devient ils pas ethnologue et ne part il pas vivre auprès d'une tribu d'indiens ou d'aborigènes, auprès d'hommes qui vivent directement en contact avec la nature qui lui est si chère? Pourquoi la solitude est-elle si importante pour lui?
Parce que ce n'est pas la nature qu'il cherche avant tout mais lui même. Il cherche un avenir dans lequel il pourrait vivre et il n'a plus confiance en personne. Voilà pourquoi il cherche à tel point cette solitude.
Il part seul peut-être aussi parce qu'il veut faire souffrir ses parents dont il ne supporte plus les disputes et la superficialité. Chris n'a jamais fait installer le téléphone dans sa chambre d'étudiant. Il fuit déjà ses parents bien avant son grand départ, parents qui représentent la réussite sociale: belle carrière, belle maison, enfants brillants et raisonnables. Peut-être qu'il veut détruire tout ça parce que ce bonheur mensonger le dégoute, peut-être aussi parce qu'il souffre infiniment que ses parents lui aient menti sur leurs relations, leurs mythes des origines. Il lui ont toujours dit qu'ils avaient vécu un coup de foudre alors que leurs relations a brisé un autre couple et que maintenant lui, Chris, se sent trompé, illégitime: un batard dont l'origine est si honteuses qu'on préfère la lui cacher.. Peut-être cherche-t-il autre chose parce qu'il n'a plus aucune confiance en ses parents et par suite plus aucune confiance en la société dans laquelle ses parents représentent la réussite parfaite.
Je me demande si son départ n'est pas tout autant animé par le désir de se venger, de faire souffrir et réfléchir ses parents que par une quête de vérité et de liberté.
Son départ a aussi beaucoup avoir avec un suicide. Tout d'abord c'est un suicide social complet. Il donne son argent aux pauvres d'Afrique puis sa voiture. Il abandonne ses papiers et son identité. Il change même de nom. Il coupe tous liens avec les siens. On peut difficilement imaginer suicide social plus complet.
Maintenant désire-t-il vraiment se suicider? Cette fois la réponse est moins claire. Ce qui est sûr c'est qu'il ne fait rien de concret pour préparer son retour. Il a abandonné tout ce qu'il a et surtout il ne prend aucune précaution pour assurer sa sécurité. Pourquoi n'a t'il pas acheté une fusée de détresse en cas d'urgence? Pourquoi n'a t'il pas réfléchi à la possibilité d'un retour précipité en cas de problème? Peut-être parce qu'il ne veut pas revenir... Peut-être parce que lorsqu'il prépare son séjour dans le sauvage ses intentions ne sont pas très claires. Veut-il trouver un sens à sa vie ou disparaître?
Une des choses qui m'a choqué, c'est qu'il semble fou de joie de découvrir le « magic bus ». Pourquoi? Ne devrait-il pas dans sa logique d'un rapport authentique à la nature se construire son propre abri? Pourquoi, lui, qui cherche à fuir la société technologique des hommes et son confort matériel est-il heureux de trouver un véhicule au beau milieu du monde sauvage? Peut-être parce que sa recherche de vérité authentique est une belle histoire qu'il se raconte, qu'au fond, ce qu'il veut c'est trouver un sens à sa vie, tout simplement. La solitude n'étant pas la condition d'un rapport pur et authentique à la nature mais le moyen de faire le point sans influence extérieur, décider seul de son futur chemin,
J'ai le sentiment que sa quête de vérité authentique, de contact avec la nature ou de liberté absolue sont secondaires et passe derrière son besoin de sens.
S'il voulait un rapport si authentique avec la nature pourquoi serait il si heureux de vivre dans un bus? Si le secret de la vie c'était de « vivre de nouvelles expériences », que la raison est ce qui nous empêche de vivre: « Si nous admettons que la vie doit être réglée par la raison alors nous détruisons toute possibilité de vie » .S'il tenait tant que ça à ses préceptes là, alors pourquoi ne vit il pas la douce expérience de coucher avec une jeune femme éperdument amoureuse de lui? Parce qu'il n'est pas si ouvert que ça à toutes les expériences dont il parle, parce qu'il est obsédé par son projet, sa quête, et derrière elle plus ou moins apparent, son besoin de donner un sens à sa vie.
Et finalement où se termine sa quête existentielle?
Non pas par sa mort. Celle-ci est une conséquence malheureuse. La conséquence du caractère radicale de sa quête, de son absence de précaution, de son besoin d'un isolement total pour se trouver. Sa mort malheureuse est liée à son propre mensonge... à l'idée qu'il s'était fait sur le monde sauvage, à son beau mais fatale délire sur l'homme qui seule dans la nature sauvage trouverait la vérité de sa condition. Le monde sauvage lui a tristement rappelé que la nature est hostile à l'homme, que sans culture et sans communauté un homme seul est impuissant devant la nature sauvage. Malgré son courage et quelques conseils il est incapable de préparer le caribou qu'il a tué avec un fusil... puis alors qu'il veut rentrer il se trouve piégé par ce monde sauvage dont il rêvait tant. Enfin, il confond deux plantes parce qu'il ne lit pas dans la nature comme dans un livre ouvert comme nos ancêtres... Avec un peu de chance des chasseurs auraient pu le secourir et la sanction de son mensonge à lui-même aurait été moins irréversible. Malheureusement cette fois là, la chance ne fut pas de son côté.
Mais cette mort comme je le disais n'est pas la fin de sa quête mais une conséquence malheureuse de celle-ci parce que sa quête se termine bien avant sa mort. Elle se termine lorsqu'il trouve dans un livre la conception du bonheur qu'il cherchait. Pour preuve, il souhaite alors rentrer.
« J'ai vécu bien des choses et je crois avoir trouvé maintenant ce que requiert le bonheur. Une vie tranquille et retirée à la campagne avec la possibilité d'être utile à des gens à qui l'on peut faire du bien et qui n' ont pas l'habitude qu'on leur en fasse. Un travail que l'on espère de quelques utilités et puis le repos, la nature, les livres, la musique, l'amour de son prochain. Telle est mon idée du bonheur. Et puis, pour couronner le tout, toi pour compagne, et des enfants peut-être. Que peut désirer de plus le coeur d'un homme? »
Ce qui est le plus ironique, c'est que cette réponse, il ne l'a pas trouvé dans la nature mais dans les pages d'un livre. Bien sûr, seules ses expériences lui ont permis de découvrir que cette conception du bonheur d'un écrivain était aussi la sienne, celle à laquelle il aspirait. Il n'empêche que cette expérience limite de vie en solitaire en Alaska ne lui aura pas apporté la réponse qu'il attendait ou plutôt lui aura fait reconnaître le caractère illusoire de tout l'imaginaire qu'il s'était construit autour d'un certain rapport entre l'homme seul face à la nature. Son séjour en Alaska lui fait comprendre qu'on ne peut vivre seul, que la nature n'est pas seulement belle mais aussi dure, impitoyable, et que le bonheur comme il l'écrit à l'instant de sa mort n'existe que quand il est partagé: « happiness only real when shared ».
J'aurais aimé croiser le chemin de Chris, j'aurais aimé le rencontrer parce que c'était un de ses rares êtres qui osent prendre des risques pour donner sens à leur vie et qui ne se résignent pas dans leur malheur ou leur mal être. J'aurais aimé lui parlé et lui faire embarquer une fusée de détresse juste au cas où... M'aurait-il entendu? Très probablement pas, parce que tant qu'il n'avait pas trouvé son idée du bonheur il rattachait toute sa vie à son grand départ alone into the wild..J'aurais quand même aimé essayer...
Partir, tout quitter. Laisser derrière soi la pression, les contraintes, la routine.
Fuir l'absurdité d'un monde dans lequel notre respiration est devenue trop difficile.
Abandonner argent, carrière, proches qui ne nous comprennent pas.
Prendre la route, prendre le temps, le respirer. Vivre l'instant. S'ouvrir à la richesse infinie du monde, de la nature. Chercher un rapport moins factice au cosmos, un relation authentique au monde.
Tous ceux qui sont travaillés par ces désirs ont été touché, parfois bouleversé par « into the wild » car Chris a choisi d'aller au bout de ce fantasme, tout au bout de son rêve, d'un autre rapport à la vie.
On est touché, bousculé parce qu'il nous met face à ce que l'on a pas le courage de faire, parce qu'il nous rappelle notre lâcheté, notre souffrance résignée face à notre monde. Nous accrochons nous à notre quotidien par choix, par conviction, parce qu'on pense que c'est ce que l'on peut faire de mieux sur cette teere ou alors par habitude, par paresse, par lâcheté?
Pendant le film on est secoué par toutes ces questions. On se souvient de ses propres aventures, voyages, instants de folie... et on se demande si ce n'était pas ça la vie, le plus important.
La routine de notre quotidien nous apparaît dans toute sa platitude. Même si l'on fait un métier que l'on aime, même si nous passons du bon temps avec nos amis, le film nous faire voir toutes les expériences que nous manquons, toute la richesse de la vie que nous sacrifions pour une carrière, une stabilité matérielle, tout ce que notre mode de vie moderne fait sacrifier à la plupart d'entre nous.
Certains diront que l'acteur est trop beau, que certaines scènes sont clichés: les amitiés trop fortes, l' amoureuse trop jolie, les rencontres trop belles... Même si c'est peut-être vrai, cela n'a aucune importance véritable. Je crois que ceux qui regardent le film doivent prendre une gifle ou être secoué, questionné ou confirmé dans leurs interrogations ce qui fut mon cas.
IL ne m'a pas giflé parce que, comme Chris, j'ai vécu à une période de ma vie une quête de sens, parce qu'un jour j'ai décidé tout comme lui de me demander à quoi bon vouer ma vie, parce qu'un jour j'ai pris le temps de m'arrêter, de souffler, de lire, voyager, observer les autres, les rencontrer, méditer.
Le début de ce commentaire parle de ce que Chris nous fait voir.
C'est sûr lui que je voudrais maintenant me concentrer, ses propres questionnements, ses propres expériences, dans leur singularité. Bien souvent les personnes qui parlent du film oublie Chris parce qu'il est comme un miroir. Il nous renvoie à nos expériences, nos doutes, nos questionnements si bien qu'on fini par ne plus le voir, oublier qu'il a ses souffrances bien à lui et un rapport au monde aussi unique qu'extraordinaire sans quoi il n'aurait jamais fait les choix qui furent les siens.
Lorsque j'ai regardé le film pour la seconde fois, je me suis demandé: mais que cherche Chris?
Est-ce qu'il cherche la liberté absolue, la vérité, un rapport authentique au monde? Ou bien alors est-ce qu'il cherche à punir ses parents, à les faire souffrir, à les forcer à se questionner en disparaissant, en se suicidant? Est-ce que Chris cherche un chemin pour continuer à vivre ou est-ce qu'il se suicide parce qu'il n'arrive pas à imaginer pouvoir vivre parmi les hommes?
Regardé sous cet angle le film prend une nouvelle dimension.
On se demande: Mais pourquoi Chris part seul à l'aventure? Qu'est ce qui le fait fuir lui?
Tout d'abord il y a les reproches que beaucoup d'entre nous font aussi à notre société: son excès de matérialisme, son culte de l'argent et de l'avoir. A quoi bon une nouvelle voiture? Il n'a aucun besoin d'une nouvelle voiture. Est-ce qu'elle nous rendra plus heureux? Son culte de la réussite sociale et du pouvoir. Est-ce que l'essentiel dan la vie c'est de faire carrière?
L'agressivité latente des autres à notre encontre dans une société où l'esprit de compétition parasite nos rapports humains. Le sentiment d'étouffer dans une vie rythmée par des logiques de rentabilité. Toujours regarder sa montre, penser au prochain cours, au prochain rendez-vous... toujours avoir la montre en tête...
Mais Chris ne s'arrête pas à ses critiques générales. Ses reproches à lui vont plus loin.
Pour lui ce n'est pas seulement que l'argent ne fait pas le bonheur, qu'une bonne carrière n'est pas essentiel sinon il se contenterait de choisir un métier peu contraignant et mal payé mais qui lui laisserait du temps et de la liberté.
Non, Chris va beaucoup plus loin: pour lui l'argent et le pouvoir sont illusions, pur égarement. Il a le sentiment que notre société nous pervertit. Il porte un peu le même regard que Rousseau sur la société des hommes: c'est elle qui rend les hommes mauvais. Pour Chris, l'homme est naturellement bon et une fois seule face à la nature il doit se retrouver enfin dans un rapport authentique avec le cosmos et par la même découvrir sa propre nature et donc qui il est et pour quoi il doit vivre.
A première vue, son raisonnement peut tenir la route. Rousseau qui n'était pas complètement idiot avait à peu près la même vision de l'homme il y a deux cents ans. Mais voilà, justement, Rousseau portait ces idées il y a deux cents ans et Chris est présenté comme un aventurier solitaire mais aussi comme un passionné de lecture et un étudiant brillant. Il ne peut pas ne pas savoir que l'opposition nature/culture est une illusion, que l'on ne peut pas quitter la société pour vivre seul dans la nature, que c'est suicidaire. Il ne peut pas ne pas savoir qu'un enfant abandonné dans la nature ne devient jamais un homme, que nos ancêtres qui vivaient avec peu de choses au contact d'un monde sauvage avait malgré tout une riche culture, une vie communautaire et notamment une profonde connaissance de leur environnement. Ils lisaient dans la nature comme dans un livre ouvert donnant sens à chacun des signes de la forêt: plante, traces d'animaux, cris... Ils avaient un riche savoir faire, une culture. Chris ne peut pas ne pas savoir tout ça. Alors pourquoi s'aveugle-t-il à vouloir vivre seul dans la nature sans une communauté et sa culture? Pourquoi ne devient ils pas ethnologue et ne part il pas vivre auprès d'une tribu d'indiens ou d'aborigènes, auprès d'hommes qui vivent directement en contact avec la nature qui lui est si chère? Pourquoi la solitude est-elle si importante pour lui?
Parce que ce n'est pas la nature qu'il cherche avant tout mais lui même. Il cherche un avenir dans lequel il pourrait vivre et il n'a plus confiance en personne. Voilà pourquoi il cherche à tel point cette solitude.
Il part seul peut-être aussi parce qu'il veut faire souffrir ses parents dont il ne supporte plus les disputes et la superficialité. Chris n'a jamais fait installer le téléphone dans sa chambre d'étudiant. Il fuit déjà ses parents bien avant son grand départ, parents qui représentent la réussite sociale: belle carrière, belle maison, enfants brillants et raisonnables. Peut-être qu'il veut détruire tout ça parce que ce bonheur mensonger le dégoute, peut-être aussi parce qu'il souffre infiniment que ses parents lui aient menti sur leurs relations, leurs mythes des origines. Il lui ont toujours dit qu'ils avaient vécu un coup de foudre alors que leurs relations a brisé un autre couple et que maintenant lui, Chris, se sent trompé, illégitime: un batard dont l'origine est si honteuses qu'on préfère la lui cacher.. Peut-être cherche-t-il autre chose parce qu'il n'a plus aucune confiance en ses parents et par suite plus aucune confiance en la société dans laquelle ses parents représentent la réussite parfaite.
Je me demande si son départ n'est pas tout autant animé par le désir de se venger, de faire souffrir et réfléchir ses parents que par une quête de vérité et de liberté.
Son départ a aussi beaucoup avoir avec un suicide. Tout d'abord c'est un suicide social complet. Il donne son argent aux pauvres d'Afrique puis sa voiture. Il abandonne ses papiers et son identité. Il change même de nom. Il coupe tous liens avec les siens. On peut difficilement imaginer suicide social plus complet.
Maintenant désire-t-il vraiment se suicider? Cette fois la réponse est moins claire. Ce qui est sûr c'est qu'il ne fait rien de concret pour préparer son retour. Il a abandonné tout ce qu'il a et surtout il ne prend aucune précaution pour assurer sa sécurité. Pourquoi n'a t'il pas acheté une fusée de détresse en cas d'urgence? Pourquoi n'a t'il pas réfléchi à la possibilité d'un retour précipité en cas de problème? Peut-être parce qu'il ne veut pas revenir... Peut-être parce que lorsqu'il prépare son séjour dans le sauvage ses intentions ne sont pas très claires. Veut-il trouver un sens à sa vie ou disparaître?
Une des choses qui m'a choqué, c'est qu'il semble fou de joie de découvrir le « magic bus ». Pourquoi? Ne devrait-il pas dans sa logique d'un rapport authentique à la nature se construire son propre abri? Pourquoi, lui, qui cherche à fuir la société technologique des hommes et son confort matériel est-il heureux de trouver un véhicule au beau milieu du monde sauvage? Peut-être parce que sa recherche de vérité authentique est une belle histoire qu'il se raconte, qu'au fond, ce qu'il veut c'est trouver un sens à sa vie, tout simplement. La solitude n'étant pas la condition d'un rapport pur et authentique à la nature mais le moyen de faire le point sans influence extérieur, décider seul de son futur chemin,
J'ai le sentiment que sa quête de vérité authentique, de contact avec la nature ou de liberté absolue sont secondaires et passe derrière son besoin de sens.
S'il voulait un rapport si authentique avec la nature pourquoi serait il si heureux de vivre dans un bus? Si le secret de la vie c'était de « vivre de nouvelles expériences », que la raison est ce qui nous empêche de vivre: « Si nous admettons que la vie doit être réglée par la raison alors nous détruisons toute possibilité de vie » .S'il tenait tant que ça à ses préceptes là, alors pourquoi ne vit il pas la douce expérience de coucher avec une jeune femme éperdument amoureuse de lui? Parce qu'il n'est pas si ouvert que ça à toutes les expériences dont il parle, parce qu'il est obsédé par son projet, sa quête, et derrière elle plus ou moins apparent, son besoin de donner un sens à sa vie.
Et finalement où se termine sa quête existentielle?
Non pas par sa mort. Celle-ci est une conséquence malheureuse. La conséquence du caractère radicale de sa quête, de son absence de précaution, de son besoin d'un isolement total pour se trouver. Sa mort malheureuse est liée à son propre mensonge... à l'idée qu'il s'était fait sur le monde sauvage, à son beau mais fatale délire sur l'homme qui seule dans la nature sauvage trouverait la vérité de sa condition. Le monde sauvage lui a tristement rappelé que la nature est hostile à l'homme, que sans culture et sans communauté un homme seul est impuissant devant la nature sauvage. Malgré son courage et quelques conseils il est incapable de préparer le caribou qu'il a tué avec un fusil... puis alors qu'il veut rentrer il se trouve piégé par ce monde sauvage dont il rêvait tant. Enfin, il confond deux plantes parce qu'il ne lit pas dans la nature comme dans un livre ouvert comme nos ancêtres... Avec un peu de chance des chasseurs auraient pu le secourir et la sanction de son mensonge à lui-même aurait été moins irréversible. Malheureusement cette fois là, la chance ne fut pas de son côté.
Mais cette mort comme je le disais n'est pas la fin de sa quête mais une conséquence malheureuse de celle-ci parce que sa quête se termine bien avant sa mort. Elle se termine lorsqu'il trouve dans un livre la conception du bonheur qu'il cherchait. Pour preuve, il souhaite alors rentrer.
« J'ai vécu bien des choses et je crois avoir trouvé maintenant ce que requiert le bonheur. Une vie tranquille et retirée à la campagne avec la possibilité d'être utile à des gens à qui l'on peut faire du bien et qui n' ont pas l'habitude qu'on leur en fasse. Un travail que l'on espère de quelques utilités et puis le repos, la nature, les livres, la musique, l'amour de son prochain. Telle est mon idée du bonheur. Et puis, pour couronner le tout, toi pour compagne, et des enfants peut-être. Que peut désirer de plus le coeur d'un homme? »
Ce qui est le plus ironique, c'est que cette réponse, il ne l'a pas trouvé dans la nature mais dans les pages d'un livre. Bien sûr, seules ses expériences lui ont permis de découvrir que cette conception du bonheur d'un écrivain était aussi la sienne, celle à laquelle il aspirait. Il n'empêche que cette expérience limite de vie en solitaire en Alaska ne lui aura pas apporté la réponse qu'il attendait ou plutôt lui aura fait reconnaître le caractère illusoire de tout l'imaginaire qu'il s'était construit autour d'un certain rapport entre l'homme seul face à la nature. Son séjour en Alaska lui fait comprendre qu'on ne peut vivre seul, que la nature n'est pas seulement belle mais aussi dure, impitoyable, et que le bonheur comme il l'écrit à l'instant de sa mort n'existe que quand il est partagé: « happiness only real when shared ».
J'aurais aimé croiser le chemin de Chris, j'aurais aimé le rencontrer parce que c'était un de ses rares êtres qui osent prendre des risques pour donner sens à leur vie et qui ne se résignent pas dans leur malheur ou leur mal être. J'aurais aimé lui parlé et lui faire embarquer une fusée de détresse juste au cas où... M'aurait-il entendu? Très probablement pas, parce que tant qu'il n'avait pas trouvé son idée du bonheur il rattachait toute sa vie à son grand départ alone into the wild..J'aurais quand même aimé essayer...
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BIGARD met le paquet là où il faut pas!
Après Dieudonné, boycotté par les médias français suite à un sketch improvisé chez Fogiel qui ne choqua lors de sa diffusion première que quelques sionistes extrêmistes, c'est au tour de Bigard d'être pointé du doigt et critiqué à l'unisson par tous les médias français.
Mais si le premier a persisté et signé ce qui en a fait un paria, Bigard pour des raisons connues de lui même a préféré s'excuser. Je ne me permettrais pas de le juger. Je ne connais pas les pressions qu'il a pu subir après ces malheureux mots sur le 11 septembre et de toute manière ce n'est pas trop dans mes habitudes de jouer au moralisateur.
Ce qui m'intéresse dans l'affaire Bigard, c'est la diabolisation qu'a connu son discours dans l'intégralité des médias français les plus populaires.
Qu'est ce qu'a dit Bigard?
En gros, qu'en regardant certains films sur internet on peut se poser pas mal de questions sur le 11 septembre. Bigard fait référence à "Loose change". Il aurait également pu évoquer "zeitgeistmovie"bien que ce film ne traite pas uniquement du 11 septembre.
On découvre dans ces films ce à quoi fait allusion Bigard,c'est à dire que jamais aucune image ne nous a montré un avion s'écrasant sur le pentagone ou des traces crédibles témoignant d'un tel crash.
On peut se demander à juste titre pourquoi le gouvernement et les médias américains ont voulu faire croire au monde à un crash sur le pentagone si celui-ci comme le pense certains (notamment un général de l'armée américaine responsable de l'imagerie militaire pour l'espionnage scientifique et technologique pendant la guerre froide... témoignage disponible sur internet) a été frappé par un missile.
On peut également se demander tout comme Jean Marie Bigard pourquoi les tours se sont effondrées en à peine dix secondes soit à la vitesse de tours démolis avec des explosifs si elles se sont écroulées à cause des feux provoquées par le crash des avions.
Personnellement tout cela me dépasse complètement... mais je trouve étrange que l'on diabolise avec un tel acharnement des propos s'ils sont tellement fantaisistes...
Où est la liberté d'expression si l'on a plus le droit de dire qu'on a été interpellé par des documentaires vu sur internet?
Serait-il interdit aujourd'hui d'être naïf? Devrait on s'excuser d'être crédule, à moins que ne soit le contraire?
Quand on puise au même source que Bigard, il me semble qu'on peut, sans les partager, ne serait-ce que comprendre ses propos. Si les théories auxquelles il fait allusion sont absurdes pourquoi notre société fondée sur l'esprit scientifique et l'expertise n'y répond pas une fois pour toute de façon claire et nette par une expertise scientifique?
Je n'en ai aucune idée mais comme Jean Marie Bigard, je trouve ça un peu étrange. Pas vous?
Et puis, n'est-ce pas sous le mandat du même gouvernement américain que l'on nous a répété que les irakiens possédaient des armes de destructions massives alors qu'il n'en était rien... Comment peut on croire béatement un gouvernement qui a menti aussi honteusement à ses concitoyens? Tout cela est bien triste... et je me demande bien où se trouve le débat agonistique et la liberté d'expression et d'opinion dans des pays qui en font les fondements de leur système de valeurs.
Après Dieudonné, boycotté par les médias français suite à un sketch improvisé chez Fogiel qui ne choqua lors de sa diffusion première que quelques sionistes extrêmistes, c'est au tour de Bigard d'être pointé du doigt et critiqué à l'unisson par tous les médias français.
Mais si le premier a persisté et signé ce qui en a fait un paria, Bigard pour des raisons connues de lui même a préféré s'excuser. Je ne me permettrais pas de le juger. Je ne connais pas les pressions qu'il a pu subir après ces malheureux mots sur le 11 septembre et de toute manière ce n'est pas trop dans mes habitudes de jouer au moralisateur.
Ce qui m'intéresse dans l'affaire Bigard, c'est la diabolisation qu'a connu son discours dans l'intégralité des médias français les plus populaires.
Qu'est ce qu'a dit Bigard?
En gros, qu'en regardant certains films sur internet on peut se poser pas mal de questions sur le 11 septembre. Bigard fait référence à "Loose change". Il aurait également pu évoquer "zeitgeistmovie"bien que ce film ne traite pas uniquement du 11 septembre.
On découvre dans ces films ce à quoi fait allusion Bigard,c'est à dire que jamais aucune image ne nous a montré un avion s'écrasant sur le pentagone ou des traces crédibles témoignant d'un tel crash.
On peut se demander à juste titre pourquoi le gouvernement et les médias américains ont voulu faire croire au monde à un crash sur le pentagone si celui-ci comme le pense certains (notamment un général de l'armée américaine responsable de l'imagerie militaire pour l'espionnage scientifique et technologique pendant la guerre froide... témoignage disponible sur internet) a été frappé par un missile.
On peut également se demander tout comme Jean Marie Bigard pourquoi les tours se sont effondrées en à peine dix secondes soit à la vitesse de tours démolis avec des explosifs si elles se sont écroulées à cause des feux provoquées par le crash des avions.
Personnellement tout cela me dépasse complètement... mais je trouve étrange que l'on diabolise avec un tel acharnement des propos s'ils sont tellement fantaisistes...
Où est la liberté d'expression si l'on a plus le droit de dire qu'on a été interpellé par des documentaires vu sur internet?
Serait-il interdit aujourd'hui d'être naïf? Devrait on s'excuser d'être crédule, à moins que ne soit le contraire?
Quand on puise au même source que Bigard, il me semble qu'on peut, sans les partager, ne serait-ce que comprendre ses propos. Si les théories auxquelles il fait allusion sont absurdes pourquoi notre société fondée sur l'esprit scientifique et l'expertise n'y répond pas une fois pour toute de façon claire et nette par une expertise scientifique?
Je n'en ai aucune idée mais comme Jean Marie Bigard, je trouve ça un peu étrange. Pas vous?
Et puis, n'est-ce pas sous le mandat du même gouvernement américain que l'on nous a répété que les irakiens possédaient des armes de destructions massives alors qu'il n'en était rien... Comment peut on croire béatement un gouvernement qui a menti aussi honteusement à ses concitoyens? Tout cela est bien triste... et je me demande bien où se trouve le débat agonistique et la liberté d'expression et d'opinion dans des pays qui en font les fondements de leur système de valeurs.
Hey je viens de voir ta fiche... bienvenue sur PPC
Je viens de comprendre !
Je viens de comprendre !
"Ce qui me gène dans la démarche de cris, c'est qu'il cherche "la recette", ..." :
--- je n'ai pas eu la sensation qu'il cherchait "la recette", mais plutôt que sa quête était si intense qu'elle le menait inconsciemment plus loin que ce qu'il aurait peut-être pu lui même exprimer si on lui avait posé la question. On pourrait tout aussi bien dire qu'il ne cherche pas, mais qu'il ne fait qu'un avec une quête qui est à la source de toutes ses pensées et ses actions. C'est qq chose de profond, de viscéral. Il cherche à ETRE.
"... mais je ne suis tout simplement pas d'accord avec lui."
--- pourquoi vouloir être d'accord ou non avec Chris ? A aucun moment il ne propose à quiconque de le suivre, de le comprendre ou de faire comme lui. Il n'enseigne rien. Si son expérience est devenue un livre, puis un film, c'est au delà de sa propre volonté. Nous sommes des voyeurs dans cette histoire, car lui l'a vécu seul. Nous regardons, nous recevons le cadeau du partage, il n'y a personne à convaincre. Ce qu'il a compris il l'a compris pour lui.
"Chris est fascinant mais a mon sens, il passe à coté de la necéssité d'accepter le caractère futile de la vie, le fait que l'autencité reste une myriade de moment passagers. Que l'on soit seul ou entouré, je crois que cela est en définitive très secondaire."
--- ce que tu dis sur la nécessité d'accepter le caractère futile de la vie est très juste. La quête d'absolu nie le futile. Pourtant, ça ne me semble pas opposé. Ce genre de quête passe nécessairement par cet abandon du futile pour aller à l'essentiel, pour "être", justement, pour se sentir exister, se sentir vivant. C'est en passant par cette épuration radicale que la personne peut ensuite retrouver le sens, le grand Sens dirais-je, qui tisse la trame de la vie, du plus futile au plus essentiel. Il n'y a plus alors de futile, il y a la vie, en tout, et partout. Je pense que Chris a compris cela, à l'aube de sa mort. Il a vécu une alchimie intérieure qui lui a révélé le sens caché de la vie. C'est qq chose qui ne s'enseigne pas. C'est très intime. Il découvre que le bonheur n'est réel que s'il est partagé (ce n'est pas sa conclusion d'ailleurs, c'est le début d'une vie nouvelle, qu'il n'aura malheureusement pas l'occasion de vivre, en tout cas pas dans cette vie là si l'on considère la possibilité de la réincarnation de l'âme), justement parce qu'il a fuit le monde, il a fuit l'autre, la relation. Il croyait pouvoir "être" pleinement, se sentir vivant, en se passant des autres. Il réalise que ce n'est pas vrai. Cette réalité de l'interdépendance humaine, de la nécessaire ouverture du coeur à l'autre, aux autres, me semble essentielle. Peut-être que ceux qui sont réellement heureux seuls portent en eux ce lien aux autres de façon vivante sans avoir besoin de la relation physique. Mais c'est rare, je crois. On voit cela chez les religieux parfois. Sinon, beaucoup de bonheur solitaire sont parfaitement égoïste, comme ce que vit Chris au début.
--- je n'ai pas eu la sensation qu'il cherchait "la recette", mais plutôt que sa quête était si intense qu'elle le menait inconsciemment plus loin que ce qu'il aurait peut-être pu lui même exprimer si on lui avait posé la question. On pourrait tout aussi bien dire qu'il ne cherche pas, mais qu'il ne fait qu'un avec une quête qui est à la source de toutes ses pensées et ses actions. C'est qq chose de profond, de viscéral. Il cherche à ETRE.
"... mais je ne suis tout simplement pas d'accord avec lui."
--- pourquoi vouloir être d'accord ou non avec Chris ? A aucun moment il ne propose à quiconque de le suivre, de le comprendre ou de faire comme lui. Il n'enseigne rien. Si son expérience est devenue un livre, puis un film, c'est au delà de sa propre volonté. Nous sommes des voyeurs dans cette histoire, car lui l'a vécu seul. Nous regardons, nous recevons le cadeau du partage, il n'y a personne à convaincre. Ce qu'il a compris il l'a compris pour lui.
"Chris est fascinant mais a mon sens, il passe à coté de la necéssité d'accepter le caractère futile de la vie, le fait que l'autencité reste une myriade de moment passagers. Que l'on soit seul ou entouré, je crois que cela est en définitive très secondaire."
--- ce que tu dis sur la nécessité d'accepter le caractère futile de la vie est très juste. La quête d'absolu nie le futile. Pourtant, ça ne me semble pas opposé. Ce genre de quête passe nécessairement par cet abandon du futile pour aller à l'essentiel, pour "être", justement, pour se sentir exister, se sentir vivant. C'est en passant par cette épuration radicale que la personne peut ensuite retrouver le sens, le grand Sens dirais-je, qui tisse la trame de la vie, du plus futile au plus essentiel. Il n'y a plus alors de futile, il y a la vie, en tout, et partout. Je pense que Chris a compris cela, à l'aube de sa mort. Il a vécu une alchimie intérieure qui lui a révélé le sens caché de la vie. C'est qq chose qui ne s'enseigne pas. C'est très intime. Il découvre que le bonheur n'est réel que s'il est partagé (ce n'est pas sa conclusion d'ailleurs, c'est le début d'une vie nouvelle, qu'il n'aura malheureusement pas l'occasion de vivre, en tout cas pas dans cette vie là si l'on considère la possibilité de la réincarnation de l'âme), justement parce qu'il a fuit le monde, il a fuit l'autre, la relation. Il croyait pouvoir "être" pleinement, se sentir vivant, en se passant des autres. Il réalise que ce n'est pas vrai. Cette réalité de l'interdépendance humaine, de la nécessaire ouverture du coeur à l'autre, aux autres, me semble essentielle. Peut-être que ceux qui sont réellement heureux seuls portent en eux ce lien aux autres de façon vivante sans avoir besoin de la relation physique. Mais c'est rare, je crois. On voit cela chez les religieux parfois. Sinon, beaucoup de bonheur solitaire sont parfaitement égoïste, comme ce que vit Chris au début.
merci mon frère pour ta réaction... ta conception du bonheur mérite d'être médité ... Sinon, tu es sûr que tu n'as pas un problème de clavier avec les doubles lettres...
la remarque que j'apporte, finalement ne s'adresse pas au commentaire mais plutôt à l'une des conclusion de chris qui m'a tout de suite dérangé à la vue du film.
Je ne pense pas que le bonheur soit quelquechose qui doive nessécairement être partagé s'il est envisagé comme un bienfait qui se rencontre par petite touches...
Ce qui me gène dans la démarche de cris, c'est qu'il cherche "la recette", et perdu au plus profond de sa solitude, il conclue qu'il n'y a pas de bonheur sans partage, ce partage qu'il a délibérément délaissé lorsqu'il lui semblait insupportable , tout comme lui semble insupportable le fait d'être seul au moment ou il écrit cette conclusion sur son papier froissé.
Hélas, il peut sembler cruel de le dire, mais cris est aussi un radical écrasé qui se retourne car c'est souvent le destin des conclusions radicales d'être battues en brèche.
Partage ou intériocité inperméable, le bonheur est à la fois un ressenti et une manière de voir, on pourrait même conclure que nul ne l'as jamais réellement éprouvé et trouver une crédibilité dans cette conclusion.
Bref, si j'exprime ce sentiment, ce n'est pas pour insinuer que chris est un idiot qui n'a rien compris; la beauté de sa quète, la facon dont il grave avec opiniatreté ses émotions dans le moule de son existence, tout cela révèle une sensibilité et une acuité de raisonnement rare... mais je ne suis tout simplement pas d'accord avec lui.
Voila ce que j'ai ressenti:
Chris est fascinant mais a mon sens, il passe à coté de la necéssité d'accepter le caractère futile de la vie, le fait que l'autencité reste une myriade de moment passagers. Que l'on soit seul ou entouré, je crois que cela est en définitive très secondaire.
Je ne pense pas que le bonheur soit quelquechose qui doive nessécairement être partagé s'il est envisagé comme un bienfait qui se rencontre par petite touches...
Ce qui me gène dans la démarche de cris, c'est qu'il cherche "la recette", et perdu au plus profond de sa solitude, il conclue qu'il n'y a pas de bonheur sans partage, ce partage qu'il a délibérément délaissé lorsqu'il lui semblait insupportable , tout comme lui semble insupportable le fait d'être seul au moment ou il écrit cette conclusion sur son papier froissé.
Hélas, il peut sembler cruel de le dire, mais cris est aussi un radical écrasé qui se retourne car c'est souvent le destin des conclusions radicales d'être battues en brèche.
Partage ou intériocité inperméable, le bonheur est à la fois un ressenti et une manière de voir, on pourrait même conclure que nul ne l'as jamais réellement éprouvé et trouver une crédibilité dans cette conclusion.
Bref, si j'exprime ce sentiment, ce n'est pas pour insinuer que chris est un idiot qui n'a rien compris; la beauté de sa quète, la facon dont il grave avec opiniatreté ses émotions dans le moule de son existence, tout cela révèle une sensibilité et une acuité de raisonnement rare... mais je ne suis tout simplement pas d'accord avec lui.
Voila ce que j'ai ressenti:
Chris est fascinant mais a mon sens, il passe à coté de la necéssité d'accepter le caractère futile de la vie, le fait que l'autencité reste une myriade de moment passagers. Que l'on soit seul ou entouré, je crois que cela est en définitive très secondaire.
sur l'apprentissage de la vie : j'adhère entièrement à ce que vous dites. Un
autre film qui est aussi pour moi un apprentissage de la vie, c'est Printemps, été, automne, hiver... et printemps, film sud-coréen réalisé par Kim Ki-duk, sorti en 2003
autre film qui est aussi pour moi un apprentissage de la vie, c'est Printemps, été, automne, hiver... et printemps, film sud-coréen réalisé par Kim Ki-duk, sorti en 2003
J'ai mangé une saloperie et je me coltine une intoxication alimentaire. Etrange hasard, le lendemain de mon mail sur into the wild... Je n'ai pas mangé des plantes empoissonnées et je ne suis pas isolé au beau milieu de l'Alaska. Je devrais donc m'en sortir rapidemment sans trop de dommages, pas comme Chris qui a fini ainsi le pauvre... C'est loin d'être drôle de se vider les tripes pendant une demi journée et de ne rien pouvoir avaler... Alors finir ainsi? Je suis donc très fatigué et un peu déconnecté ce soir. Combien notre organisme est fragile, c'est fou! Il y a une quinzaine d'heures j'étais en pleine forme et ce soir je me traîne comme un zombie et je dois dire que l'ensemble des réactions autour de mon commentaire me réchauffe le coeur. Qu'il ait pu lancer un petit débat ou quelques personnes ont essayé de se comprendre mutuellement, de s'accepter dans leur différence ou de vouloir partager leurs expériences et ressenti. cela me touche profondément. Peut-être est-ce la fatigue qui accroit ma sensibilité... merci à tous pour vos réactions
le theme m'interesse ; la quete du bonheur ( ou alors est ce que c'est plutôt la quête du sens de la vie ?)
En tout cas ce qui m'etonne en lisant le pitch que tu fais du film c'est la fin:
il decouvre en gros que le bonheur pour lui c'est le classique " boulot- mariage- gosses etc"??? si c'est çà c'est quand même un brin decevant je trouve ( fallait vraiment aller se perdre dans la nature pour cela ? et puis mourrir "bêtement" c'est de l'ironie bien cruelle)
et puis je trouve les approches trop sociologiques ( saleté de société....etc) ou trop psychanalytiques ( les pauvres parents! ils morflent toujours) incompletes et souvent simplistes . En fait , je crois qu'il y a des personnes qui developpent une aptitude au bonheur: elles se fixent des buts, elles ne s'attardent pas sur les mauvais moments que l'existence leur a fait traverser, elles sont positives et optimistes, enfin elles ne "ruminent " pas en quête de reponses existentielles car elles savent que ,par definition ,elles ne trouveront pas de reponses. En somme il n'y a pas de bonheur, mais chacun doit developper son aptitude au bonheur. Si le bonheur existe, c'est avant tout un état d'esprit .
En tout cas ce qui m'etonne en lisant le pitch que tu fais du film c'est la fin:
il decouvre en gros que le bonheur pour lui c'est le classique " boulot- mariage- gosses etc"??? si c'est çà c'est quand même un brin decevant je trouve ( fallait vraiment aller se perdre dans la nature pour cela ? et puis mourrir "bêtement" c'est de l'ironie bien cruelle)
et puis je trouve les approches trop sociologiques ( saleté de société....etc) ou trop psychanalytiques ( les pauvres parents! ils morflent toujours) incompletes et souvent simplistes . En fait , je crois qu'il y a des personnes qui developpent une aptitude au bonheur: elles se fixent des buts, elles ne s'attardent pas sur les mauvais moments que l'existence leur a fait traverser, elles sont positives et optimistes, enfin elles ne "ruminent " pas en quête de reponses existentielles car elles savent que ,par definition ,elles ne trouveront pas de reponses. En somme il n'y a pas de bonheur, mais chacun doit developper son aptitude au bonheur. Si le bonheur existe, c'est avant tout un état d'esprit .
... il n'a visiblement pas manqué son but. Il n'est donc pas un mauvais film. Il comporte les maladresses (du moins, à mes yeux) que j'ai décrites, mais les questions soulevées trouvent leur écho en nous et se prolongent dans nos réflexions bien après la vision du film dans les salles, ce qui prouve que ce film entre bel et bien dans l'actualité.
Aller, encore un pti com, parce que ce sujet me tient particulièrement à coeur.
La mort de Chris semble montrer les limites d'une telle quête.
Pourtant... il existe de très nombreuses personnes qui actuellement vivent totalement en dehors du "système" et de la société standard, et s'en sortent très bien. Il y a des communautés utopiques qui, même si l'on peut être en désaccord avec leur point de vue, ont le mérite d'exister et de montrer que d'autres voies sont possibles. Certaines de ces communautés vivent en autarcie, d'autres n'ont de relation avec l'extérieur que pour le strict nécessaire, et d'autres sont plus ouvertes à la relation au monde. Mon propos n'est pas de défendre cela, mais de dire qu'il est possible de vouloir "tout quitter" sans que cela soit suicidaire pour autant, bien au contraire. Les personnes qui ont ce type de démarches ont souvent l'impression de "mourir à petit feu" dans leur boulot et leur vie standardisée et cherchent à vivre plus pleinement.
Il existe aussi des personnes, hors de toute communauté, qui font leur chemin hors des sentiers battus, et qui eux non plus, n'ont rien de suicidaires. Je parle de ce que je connais, pas de théorie. Il y a même des personnes qui ont pris des chemins assez destructeur, la quête de vérité se faisant souvent par le vide, en détruisant l'ancien pour laisser émerger le nouveau, et qui ont eu plus de chance que Chris et sont revenues de ce type de voyage initiatique un peu extrême. Oui, tout cela existe, et ces personnes peuvent être croisées au détour des chemins. Pas sûr qu'on les reconnaissent d'ailleurs, au premier abord rien ne les distingue des autres.
La richesse, c'est la rencontre et le partage entre les multiples chemins de vie de chacun, sans jugement (enfin, autant que possible, c'est pas tjrs facile !).
La mort de Chris semble montrer les limites d'une telle quête.
Pourtant... il existe de très nombreuses personnes qui actuellement vivent totalement en dehors du "système" et de la société standard, et s'en sortent très bien. Il y a des communautés utopiques qui, même si l'on peut être en désaccord avec leur point de vue, ont le mérite d'exister et de montrer que d'autres voies sont possibles. Certaines de ces communautés vivent en autarcie, d'autres n'ont de relation avec l'extérieur que pour le strict nécessaire, et d'autres sont plus ouvertes à la relation au monde. Mon propos n'est pas de défendre cela, mais de dire qu'il est possible de vouloir "tout quitter" sans que cela soit suicidaire pour autant, bien au contraire. Les personnes qui ont ce type de démarches ont souvent l'impression de "mourir à petit feu" dans leur boulot et leur vie standardisée et cherchent à vivre plus pleinement.
Il existe aussi des personnes, hors de toute communauté, qui font leur chemin hors des sentiers battus, et qui eux non plus, n'ont rien de suicidaires. Je parle de ce que je connais, pas de théorie. Il y a même des personnes qui ont pris des chemins assez destructeur, la quête de vérité se faisant souvent par le vide, en détruisant l'ancien pour laisser émerger le nouveau, et qui ont eu plus de chance que Chris et sont revenues de ce type de voyage initiatique un peu extrême. Oui, tout cela existe, et ces personnes peuvent être croisées au détour des chemins. Pas sûr qu'on les reconnaissent d'ailleurs, au premier abord rien ne les distingue des autres.
La richesse, c'est la rencontre et le partage entre les multiples chemins de vie de chacun, sans jugement (enfin, autant que possible, c'est pas tjrs facile !).
30/08/08 à 12h06
Personnellement, je ferai beaucoup plus court. Mais je tenais à répondre à Mme Rivale et à Lhomme-den-Face. D'accord pour dire que la démarche de Chris peut être perçue comme "absolue et suicidaire". Par contre, pour moi, sa mort ne fait pas de lui un héros mais prouve bien les limites de son projet (cf. ma réaction du 29/08 à 21h22).
rien à ajouter à très belle analyse du film...
Je trouve étrange le débat autour de la démarche de Chris, et surtout le fait d'en tirer comme conclusion que le film n'est pas bon et transmet des valeurs puériles. Mais j'accepte que chacun ait son propre ressenti sur une histoire.
Ce que j'ai ressenti en voyant ce film et en tâchant de comprendre un peu ce que Chris a vécu, c'est justement la mise en relief des erreurs et errances d'une quête d'absolu. Je trouve donc au contraire que ce film-témoignage tranche dans les fantasmes et illusions avec radicalité puisqu'on y voit toutes le erreurs et incohérences commises par Chris, comme très bien analysé par Arobas. Il passe à côté de beaucoup de chose (y compris de cet homme touchant qu'il rencontre et que veut l'adopter et dont on peut imaginer la souffrance lorsqu'il apprendra la mort de Chris, lui qui a déjà perdu tous les siens). Il passe à côté parce qu'il cherche plus (la vérité, le sens de la vie, de sa vie, ...), il se cherche lui-même, il cherche à vivre ce face à face avec soi que les situations un peu extrêmes permettent de vivre, pour que le miroir lui renvoie quelque chose à quoi il puisse se raccrocher pour dire "voilà qui je suis, et j'existe". Mais comme je l'ai déjà dit sur le fil du commentaire de cedille, le drame que va vivre Chris est qu'il va enfin atteindre son but, ce face à face ultime qui lui révèle les vérités cachées qu'il cherchait alors qu'il est trop tard. Il paye très cher ces erreurs. Je ne vois aucun romantisme là dedans, et les babacool ne vivent pas du tout ce type de quête intense au risque de sa vie. Les babacool sont dans la fuite (y compris avec la drogue) mais ne cherchent rien. Alors que Chris, sa fuite est une fuite en avant parce qu'il cherche vraiment quelque chose. C'est cela qui va le pousser à aller toujours plus loin, alors qu'il aurait pu justement s'arrêter avec les babacool rencontrés sur sa route, les amis, le vieil homme... Il refuse toutes possibilités, il ferme les portes derrière lui, il est persuadé que qq chose d'autre l'attend de plus fort, de plus vrai. Il n'a pas tord. Il va vivre l'intense, et va rencontrer de façon dramatique la vérité qu'il cherchait tant.
Chris est dans l'illusion, et ce qui l'anime est trouble et en partie inconsciente. Mais n'est-ce pas là l'illustration du cheminement de tout être humain ? Qui peut dire : "moi je ne me suis jamais trompé, je ne me suis jamais fait d'illusion, et je suis toujours parfaitement conscient de tout ce qui m'anime et me fait agir ?". Nous avançons tous ainsi, plus ou moins aveugles et sourds, nous nous trompons, nous nous égarons, et nous apprenons par l'erreur. L'erreur est apprentissage. Elle ne devient réellement une erreur que si la personne refuse de le voir et de le reconnaître et persiste sur le long terme dans ce schéma. Et encore... quand je dis long terme, cela peut-être le temps d'une vie. L'homme qui reconnaît à l'aube de sa mort les erreurs commises toutes sa vie se libère de l'erreur et bénéficie de la richesse de l'expérience même si cela peut être très douloureux. Il faut beaucoup de courage pour reconnaîitre ses erreurs....
Chris va vivre cette libération, ce retournement intérieur qui bouleverse tout, qui met à terre : il voit ses erreurs, il comprend, tout ce qu'il a construit s'effondre, sa "nouvelle identité" qui devait lui apporter la liberté s'avère être sa prison, il comprend tout cela mais il est trop tard, il est allé trop loin.
Oui, moi aussi, de toutes mes forces, j'aurais voulu qu'un petit miracle lui permette de rester en vie, d'être sauvé, car la richesse de son parcours, la compréhension de ses erreurs, c'est le cadeau qu'il aurait pu offrir à son retour, à tous.
Je crois que pour faire évoluer ce monde, il faut de tout : des personnes très impliquées dans la vie de la société, des politiques, des personnes capables de mener des affaires à bien, des femmes au foyer, des artistes, des acteurs, des mystiques, des personnes qui cherchent le sens cachée des choses, les mystères de la vie, des scientifiques qui explorent l'infiniment petit et l'infiniment grand, la logique et le bon sens, l'idéalisme et l'enthousiasme....
Chris, de par sa vie et son témoignage nous apporte un réel enseignement. Mais qui est capable de comprendre profondément ce qu'il a compris sans vivre l'intensité de sa quête ? Combien de nous sont dans l'illusion d'avoir compris le monde alors que nous sommes enfermés dans "notre propre monde". Combien croient voir et comprendre l'autre alors qu'ils ne font que se regarder eux-mêmes dans le miroirs déformés de leurs propres projections ?
Chris, lui, a traversé le miroir. A l'instant même où il comprend et prend conscience, il n'y a plus aucune erreur, plus aucune errance, il y a l'apprentissage de la vie et la lumière d'une âme qui s'éveille.
Je trouve étrange le débat autour de la démarche de Chris, et surtout le fait d'en tirer comme conclusion que le film n'est pas bon et transmet des valeurs puériles. Mais j'accepte que chacun ait son propre ressenti sur une histoire.
Ce que j'ai ressenti en voyant ce film et en tâchant de comprendre un peu ce que Chris a vécu, c'est justement la mise en relief des erreurs et errances d'une quête d'absolu. Je trouve donc au contraire que ce film-témoignage tranche dans les fantasmes et illusions avec radicalité puisqu'on y voit toutes le erreurs et incohérences commises par Chris, comme très bien analysé par Arobas. Il passe à côté de beaucoup de chose (y compris de cet homme touchant qu'il rencontre et que veut l'adopter et dont on peut imaginer la souffrance lorsqu'il apprendra la mort de Chris, lui qui a déjà perdu tous les siens). Il passe à côté parce qu'il cherche plus (la vérité, le sens de la vie, de sa vie, ...), il se cherche lui-même, il cherche à vivre ce face à face avec soi que les situations un peu extrêmes permettent de vivre, pour que le miroir lui renvoie quelque chose à quoi il puisse se raccrocher pour dire "voilà qui je suis, et j'existe". Mais comme je l'ai déjà dit sur le fil du commentaire de cedille, le drame que va vivre Chris est qu'il va enfin atteindre son but, ce face à face ultime qui lui révèle les vérités cachées qu'il cherchait alors qu'il est trop tard. Il paye très cher ces erreurs. Je ne vois aucun romantisme là dedans, et les babacool ne vivent pas du tout ce type de quête intense au risque de sa vie. Les babacool sont dans la fuite (y compris avec la drogue) mais ne cherchent rien. Alors que Chris, sa fuite est une fuite en avant parce qu'il cherche vraiment quelque chose. C'est cela qui va le pousser à aller toujours plus loin, alors qu'il aurait pu justement s'arrêter avec les babacool rencontrés sur sa route, les amis, le vieil homme... Il refuse toutes possibilités, il ferme les portes derrière lui, il est persuadé que qq chose d'autre l'attend de plus fort, de plus vrai. Il n'a pas tord. Il va vivre l'intense, et va rencontrer de façon dramatique la vérité qu'il cherchait tant.
Chris est dans l'illusion, et ce qui l'anime est trouble et en partie inconsciente. Mais n'est-ce pas là l'illustration du cheminement de tout être humain ? Qui peut dire : "moi je ne me suis jamais trompé, je ne me suis jamais fait d'illusion, et je suis toujours parfaitement conscient de tout ce qui m'anime et me fait agir ?". Nous avançons tous ainsi, plus ou moins aveugles et sourds, nous nous trompons, nous nous égarons, et nous apprenons par l'erreur. L'erreur est apprentissage. Elle ne devient réellement une erreur que si la personne refuse de le voir et de le reconnaître et persiste sur le long terme dans ce schéma. Et encore... quand je dis long terme, cela peut-être le temps d'une vie. L'homme qui reconnaît à l'aube de sa mort les erreurs commises toutes sa vie se libère de l'erreur et bénéficie de la richesse de l'expérience même si cela peut être très douloureux. Il faut beaucoup de courage pour reconnaîitre ses erreurs....
Chris va vivre cette libération, ce retournement intérieur qui bouleverse tout, qui met à terre : il voit ses erreurs, il comprend, tout ce qu'il a construit s'effondre, sa "nouvelle identité" qui devait lui apporter la liberté s'avère être sa prison, il comprend tout cela mais il est trop tard, il est allé trop loin.
Oui, moi aussi, de toutes mes forces, j'aurais voulu qu'un petit miracle lui permette de rester en vie, d'être sauvé, car la richesse de son parcours, la compréhension de ses erreurs, c'est le cadeau qu'il aurait pu offrir à son retour, à tous.
Je crois que pour faire évoluer ce monde, il faut de tout : des personnes très impliquées dans la vie de la société, des politiques, des personnes capables de mener des affaires à bien, des femmes au foyer, des artistes, des acteurs, des mystiques, des personnes qui cherchent le sens cachée des choses, les mystères de la vie, des scientifiques qui explorent l'infiniment petit et l'infiniment grand, la logique et le bon sens, l'idéalisme et l'enthousiasme....
Chris, de par sa vie et son témoignage nous apporte un réel enseignement. Mais qui est capable de comprendre profondément ce qu'il a compris sans vivre l'intensité de sa quête ? Combien de nous sont dans l'illusion d'avoir compris le monde alors que nous sommes enfermés dans "notre propre monde". Combien croient voir et comprendre l'autre alors qu'ils ne font que se regarder eux-mêmes dans le miroirs déformés de leurs propres projections ?
Chris, lui, a traversé le miroir. A l'instant même où il comprend et prend conscience, il n'y a plus aucune erreur, plus aucune errance, il y a l'apprentissage de la vie et la lumière d'une âme qui s'éveille.
Est-ce que le choix de Chris est courageux ou lâche?
La fuite est une réaction lâche en quelque sorte, oui. Il abandonne sa soeur notamment et le film met plusieurs fois en avant sa souffrance à elle. En même temps il a le courage de vouloir remédier à son mal être sans se résigner ce qui me semble faire preuve d'un certain courage...
Rien ne dit que s'il ne s'était pas trouvé piégé dans "le sauvage" il n'aurait pas voulu changer le monde de l'intérieur à trente ou quarante ans...Il ne faut pas oublier qu'il était encore très jeune au moment de sa mort. Personnellement je me demande parfois si ceux qui veulent changer le monde ne sont pas non plus de doux rêveurs. Lire à ce sujet "le rêve de plus doux" de Doris Lessing par exemple qui mérite aussi le détour pour tout un tas d'autres raisons...
Toujours à ce sujet "changer le monde" un petit poème d'un ami qui m'est très cher:
Lettre au chantre de l’action.
Tu crois bien pouvoir
Tenter le grand saut,
Le terrible assaut,
L’assaut du savoir.
Le savoir est sot.
Le fil qui se meut
Là que ton œil gobe,
Dans sa belle robe,
Ton esprit s’émeut
Car il se dérobe
A tes mains gloutonnes,
Tes doigts bien crochus,
Tes élans déchus,
Tes cris trop atones,
Tes espoirs fichus.
Si tu avais pu
Cela se saurait,
Mais tu l’ignorais,
L’homme est corrompu.
Si tu avais su !
Dis nous toi qui sait,
La finalité,
La réalité,
Après tant d’essais
De l’humanité.
Résous toi qui voit !
Déjoue toi qui sent !
Si tu y consens,
Agis toi qui boit
L’eau vraie pas le sang.
Tu n’es responsable !
Non, tu es trop pur.
Peur ? Tu es trop dur.
Construit sur le sable
Une autre nature !
Un esprit nouveau.
Fait l’homme humain,
Nous verrons demain
Ce que l’homme vaut
Sur ton beau chemin.
Marc Antoine GBARSSIN (à 21ans...)
Est-ce que par hasard ce ne sont pas souvent de naïfs adolescents qui rêvent le plus de changer le monde ou des gens dont la lucidité atteint vite ses limites...
Est-ce que vouloir changer le monde est un acte plus courageux que naïf?
La réponse ne me semble pas évidente...
Enfin concernant sa mort. Oui, elle change beaucoup de choses. Fait elle de lui un héros. Je ne sais pas. Le terme me semble un peu fort. Elle démontre aussi les limites de son rêve, sa trop grande radicalité. Mais oui, elle change beaucoup de choses. Les morts violentes, en plein vol,en martyr... ont souvent cet effet. Je crois qu'un certain Jésus et un certain Socrate ont eu des morts particulières sans lesquelles leur impact sur l'humanité aurait surement été tout autre. Oui, la mort de Chris change beaucoup de choses. Mais ce n'est pas ce que nous laisse Chris que je cherchais à éclairer dans mon commentaire mais le sens de son projet, le sens qu'il y trouvait lui... et malgré beaucoup de comportements à la frontière du suicidaire, sa mort me semble malgré tout une conséquence malheureuse de choix antérieurs. Dans les ultimes semaines ce n'est pas par une décision consciente et lucide qu'il met fin à ses jours. Sa mort est la conséquence d' une suite de circonstances malheureuses induites par la radicalité de son rêve d'absolu.
La fuite est une réaction lâche en quelque sorte, oui. Il abandonne sa soeur notamment et le film met plusieurs fois en avant sa souffrance à elle. En même temps il a le courage de vouloir remédier à son mal être sans se résigner ce qui me semble faire preuve d'un certain courage...
Rien ne dit que s'il ne s'était pas trouvé piégé dans "le sauvage" il n'aurait pas voulu changer le monde de l'intérieur à trente ou quarante ans...Il ne faut pas oublier qu'il était encore très jeune au moment de sa mort. Personnellement je me demande parfois si ceux qui veulent changer le monde ne sont pas non plus de doux rêveurs. Lire à ce sujet "le rêve de plus doux" de Doris Lessing par exemple qui mérite aussi le détour pour tout un tas d'autres raisons...
Toujours à ce sujet "changer le monde" un petit poème d'un ami qui m'est très cher:
Lettre au chantre de l’action.
Tu crois bien pouvoir
Tenter le grand saut,
Le terrible assaut,
L’assaut du savoir.
Le savoir est sot.
Le fil qui se meut
Là que ton œil gobe,
Dans sa belle robe,
Ton esprit s’émeut
Car il se dérobe
A tes mains gloutonnes,
Tes doigts bien crochus,
Tes élans déchus,
Tes cris trop atones,
Tes espoirs fichus.
Si tu avais pu
Cela se saurait,
Mais tu l’ignorais,
L’homme est corrompu.
Si tu avais su !
Dis nous toi qui sait,
La finalité,
La réalité,
Après tant d’essais
De l’humanité.
Résous toi qui voit !
Déjoue toi qui sent !
Si tu y consens,
Agis toi qui boit
L’eau vraie pas le sang.
Tu n’es responsable !
Non, tu es trop pur.
Peur ? Tu es trop dur.
Construit sur le sable
Une autre nature !
Un esprit nouveau.
Fait l’homme humain,
Nous verrons demain
Ce que l’homme vaut
Sur ton beau chemin.
Marc Antoine GBARSSIN (à 21ans...)
Est-ce que par hasard ce ne sont pas souvent de naïfs adolescents qui rêvent le plus de changer le monde ou des gens dont la lucidité atteint vite ses limites...
Est-ce que vouloir changer le monde est un acte plus courageux que naïf?
La réponse ne me semble pas évidente...
Enfin concernant sa mort. Oui, elle change beaucoup de choses. Fait elle de lui un héros. Je ne sais pas. Le terme me semble un peu fort. Elle démontre aussi les limites de son rêve, sa trop grande radicalité. Mais oui, elle change beaucoup de choses. Les morts violentes, en plein vol,en martyr... ont souvent cet effet. Je crois qu'un certain Jésus et un certain Socrate ont eu des morts particulières sans lesquelles leur impact sur l'humanité aurait surement été tout autre. Oui, la mort de Chris change beaucoup de choses. Mais ce n'est pas ce que nous laisse Chris que je cherchais à éclairer dans mon commentaire mais le sens de son projet, le sens qu'il y trouvait lui... et malgré beaucoup de comportements à la frontière du suicidaire, sa mort me semble malgré tout une conséquence malheureuse de choix antérieurs. Dans les ultimes semaines ce n'est pas par une décision consciente et lucide qu'il met fin à ses jours. Sa mort est la conséquence d' une suite de circonstances malheureuses induites par la radicalité de son rêve d'absolu.
Oui, Monsieur, j'ai vu "Into the Wild" et j'ai observé avec neutralité la démarche de Chris que j'ai aussi perçue comme absolue et suicidaire.
J'adhère totalement à l'analyse qu'en fait Lhomme-den-Face
J'adhère totalement à l'analyse qu'en fait Lhomme-den-Face
autre chose qu'un "pitch". et avec toujours une analyse personnelle, où il s'engage.
Alors, on attend le prochain comm.
Alors, on attend le prochain comm.
La mort du personnage contredit le "nihilisme social" et affirme les limites d'une attitude qui voudrait s'affranchir des contingences d'une société matérialiste...
En plus, il est de chez toi?
que Lorie soit ta meilleure amie, cela ne m'étonne guère, au vu de tes fréquentations ces temps-ci.
que Lorie soit ta meilleure amie, cela ne m'étonne guère, au vu de tes fréquentations ces temps-ci.
... et éloges que j'entends habituellement au sujet de ce film, éloges qui me semblent disproportionnées et mêmes déplacées par rapport au nihilisme social que ce film met en avant. En toute chose, la fuite n'a jamais été une solution. Si la société est pourrie de l'intérieur, c'est de l'intérieur qu'il faut agir pour y remédier et le personnage de ce film, brillant et intelligent, a préféré la négation et la fuite ; je ne vois vraiment pas ce qu'il y a d'héroïque là-dedans. Enlevez la magnificience des images et le confort feutré de la salle de cinéma et vous verrez tout ce que cette histoire a de misérable. Mais on n'est rarement objectif devant les images, surtout les images d'Epinal qui, s'appuyant sur la révolte muette qui sourd au fond de tout un chacun, envoie toute une purée démagogique visant à quasi diviniser une marginalité, qui n'est, en soi, pas une preuve de qualité. On peut être marginal "par le haut" ou "par le bas". Le "haut" combat, le "bas" déserte... Alors, halte au romantisme babacooliste arrosé d'alcool et enfumé d'opiacées !!!
29/08/08 à 19h41
Est-ce une déformation professionnelle ?
Affirmer que "ce film n'est pas un bon film", est-ce réagir au commentaire ou au film ???
Ai-je affirmé, comme tu le dis dans ta réaction, que "le choix d'une histoire vraie est une garantie de qualité d'un film" ???
Par contre, je suis d'accord avec toi pour dire que le succès d'un film ne tient pas à sa valeur intrinsèque. Au fait, as-tu vu "Into the wild" ?
Affirmer que "ce film n'est pas un bon film", est-ce réagir au commentaire ou au film ???
Ai-je affirmé, comme tu le dis dans ta réaction, que "le choix d'une histoire vraie est une garantie de qualité d'un film" ???
Par contre, je suis d'accord avec toi pour dire que le succès d'un film ne tient pas à sa valeur intrinsèque. Au fait, as-tu vu "Into the wild" ?
Lhomme-den-face réagit au commentaire et non au film et son développement est tout à fait légitime. Par ailleurs, le choix d'une histoire vraie que le réalisateur retient, n'est aucunement une garantie de qualité d'un film. "Ce film est inspiré d'une histoire vraie" qui apparaît généralement au générique de la fin, m'a toujours fait sourire, comme si c'était un label protecteur, un rempart contre toute critique. Enfin, le succès dans les salles ne contraint pas Lhomme-den-face de ne pas aimer ce film. Combien de chefs-d'oeuvre tiennent très peu l'affiche.
je note la référence de Wild(e)
... le film est pas mal fait, mais ce qu'il véhicule de négation, de rêvasseries et d'impuissance me désole, c'est vrai...
que le succès, l'incidence et dont l'importance d'un film ne se résume pas à sa perfection "rationnelle", mais à ce qu'il est capable de susciter en nous. Into the wild est bourré d'imperfections, mais il est extraordinaire dans sa capacité de nous faire ressentir, et dans ce dialogue intérieur qu'il provoque en nous.
Un autre film que je viens de voir dans un tout autre registre a le même pouvoir: "le dernier jour du reste de ta vie" qui est pourtant une comédie.
superbe arobas, j'envoie ton com à ma fille qui a beaucoup aimé le film et qui est née dans la région de Grenoble... Tu risques d'avoir une admiratrice de plus ...
Un autre film que je viens de voir dans un tout autre registre a le même pouvoir: "le dernier jour du reste de ta vie" qui est pourtant une comédie.
superbe arobas, j'envoie ton com à ma fille qui a beaucoup aimé le film et qui est née dans la région de Grenoble... Tu risques d'avoir une admiratrice de plus ...
29/08/08 à 13h48
Ta critique ne semble reposer que sur son propos. Or c'est oublier que Sean Penn s'est appuyé sur une expérience humaine vécue. Après, bien sûr, on peut s'interroger sur les motivations du personnage. Mais l'un des mérites de ce film n'est-il pas de nous présenter les faits de manière objective, sans parti pris et sans vouloir nécessairement apporter de réponses toutes faites aux questionnements du spectateur ? Quant aux succès des films en salle, cela échappe souvent au raisonnement humain...
et relire là-dessus ce chef-d'oeuvre d'esprit qu'est 'Le déclin du mensonge" d'Oscar Wilde.
Au fait, Goldie est libre !
Au fait, Goldie est libre !
Je pense que c'est vous qui en avait déjà écrit un sur ce même film, Into the Wild que j'ai vu et aimé. Cette analyse est exhaustive, vous ne négligez aucune facette de la démarche de Chris. Oui, un suicide dans cette quête d'absolu.
Vous dites que ce qui est le plus ironique, c'est que cette réponse [à la question : "que peut désirer le coeur d'un homme], il ne l'a pas trouvée dans la nature mais dans les pages d'un livre. Ce qui me rappelle une phrase de Malraux : ce n'est pas en observant un paysage que l'on apprend à le peindre, mais en reproduisant un tableau de maître.
Vous dites que ce qui est le plus ironique, c'est que cette réponse [à la question : "que peut désirer le coeur d'un homme], il ne l'a pas trouvée dans la nature mais dans les pages d'un livre. Ce qui me rappelle une phrase de Malraux : ce n'est pas en observant un paysage que l'on apprend à le peindre, mais en reproduisant un tableau de maître.
Merci pour cette excellente analyse. Ce film m'a beaucoup touché et j'ai envie de le revoir en lisant ton commentaire.
"Donne donc un 5 à ce brillant jeune homme, et pas seulement parce qu'il est de chez moi. Et dis que je ne réagirai en mon nom propre que quand ta Bonnnie sera libérée.
remarques :
- "Rousseau n'était pas complètement idiot"
- on lit "A livre ouvert" ("comme dans un livre ouvert" = Lorie "Ma meilleure amie")"
remarques :
- "Rousseau n'était pas complètement idiot"

- on lit "A livre ouvert" ("comme dans un livre ouvert" = Lorie "Ma meilleure amie")"
Trop manichéen, il oppose grossièrement une société, il est vrai tourbillonnante, polluée, pervertie, etc..., en en excluant délibérément l'humanité qu'elle renferme afin d'en faire artificiellement ressortir la prétendue monstruosité, à la beauté d'une nature (vierge bien sûr) magnifiée par la technique cinématographique. On est dans la sensation (beau contre pas beau), le sentimentalisme (petite monnaie de freudisme), mais réflexion, intelligence de propos... rien. Ce film aurait pu faire sensation chez les babas des années 70, mais qu'il ce succès aujourd'hui, je ne me l'explique pas. Le "héros" de ce film se révolte contre une société pour des motifs mal définis... les disputes des parents ? un alibi... mais un alibi n'est pas une raison... Que reproche-t-il à cette société ? on ne le sait jamais. Que cherche-t-il ? on le sait encore moins. On a là un film riche et intense de sensations, mais totalement vide de sens. J'ai vraiment eu l'impression en sortant de la salle, non seulement d'avoir perdu mon temps, mais de m'être réellement fait arnaquer. J'ai vu, dans ce fim, un pauvre type se faire la malle au lieu d'assumer sa révolte et agir en conformité avec ses idées... mais il n'a pas d'idées, c'est là le problème. Vouloir redevenir un primate dans une nature vierge, quelle magnifique façon de résoudre les problèmes que rencontre notre humanité !!!
lire le roman, dabord. 5, pas seulement pour la photo, Paul.
me donne envie de revoir ce film, tellement riche et intense...


Je réagis à ce commentaire en
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arobas38
publié le 29 août 08