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L'amant

L'amour n'est jamais aussi fou, brûlant, dévorant que quand il est impossible.
C'est le cas dans ce film adapté du merveilleux petit roman de Duras du même nom: l'amant. L'écrivaine qui recevra le Goncourt pour ce chef d'oeuvre racontant une partie de son adolescence en Indochine en reniera l'interprétation de Annaud, y voyant un fantasme d'hommes, l'éternelle fantasme des hommes pour les jeunes vierges. Il est vrai que le film ne raconte pas la même histoire que le roman. Ce dernier est centré sur la famille de la narratrice, de « la petite » comme s'appelle elle-même Duras. Le livre raconte la vie d'une adolescente qui se désespère des malheurs de sa mère et de la tyrannie d'un grand frère aussi indolent que violent et égoïste. Le roman raconte la triste existence d'une jeune fille blanche perdue dans les colonies indochinoises qui pleure la misère de sa mère veuve et ruinée et qui a peur pour son petit frère des accès de violence du grand. On peut se demander à l'issue du roman pourquoi cette jeune fille mélancolique a choisi de prendre pour amant un riche chinois de quinze ans son aîné. Peut-être pour l'argent, pour le plaisir de traverser la ville dans une grande voiture, plutôt que dans un bus, au milieu des indigènes, puis pour aller diner dans les plus luxueux restaurants de la ville, tout ce dont elle est privée par la misère de sa mère. Mais peut-être pas. Elle prend peut-être un amant pour s'assurer de son emprise sur le désir des hommes ou, peut-être, pour découvrir « la jouissance qui fait crier » que n'a jamais connu sa mère qui est restée trop longtemps fermée à son propre plaisir. Amoins que ce ne soit simplement parce que la possibilité s'est offerte à elle et qu'elle l'a saisi, juste pour voir.
Dans le film, la question ne se pose pas de cette façon. Leurs doigts qui se frolent puis s'étreignent dès leur premier trajet en commun en voiture suggère une intense et presque instinctive attirance réciproque. Le film raconte une passion brûlante et dévorante, consommée encore et encore, dans la moiteur des après-midi tropicaux d'une garçonnière située au beau milieu des quartiers populaires de la ville. Une passion qui ne peut s'assouvir qu'entre les corps, interdite pour le coeur, honteuse pour la famille blanche qui ne peut accepter d'imaginer que la petite soit amoureuse d'un « sale chinois ». Une relation impossible pour le riche chinois que le père a promis à une autre, une chinoise, une chinoise bien née que le fils ne connait pas. La passion ne peut être assumée alors elle est d'autant plus désespérement consommée.. Le film montre cette jouissance physique avec une sensualité rare. Jamais jusqu'alors n'avait été montré à l'écran des scènes d'amour aussi explicites, réalistes et sensuelles... en plus elles sont censée faire voir les rapports d'une jeune fille de quinze ans et demi avec son amant. Alors le film choque, il fait grincer des dents... Les puritains, les moralistes et les obsédés ne voient que ces scènes là passant par la même à côté de l'essentiel... comme l'héroine. La petite ne peut être amoureuse du chinois. Elle commence par nier son amour naissant sous la pression de sa mère, avant de se convaincre elle même qu'elle n'aime pas son amant, qu'elle ne couche avec lui que pour l'argent, les bijoux et les restaurants qu'il lui paye à elle et à sa famille. L'attitude méprisante de la famille blanche pour le « sale chinois » est d'une cruauté rare. On mange ce qu'il offre mais on ne l'écoute pas. On fait comme si il n'existait pas. La petite ne met pas longtemps à adopter la même attitude avec lui. Il ne peut être qu'un amant honteux. Finalement, chacun laisse son destin se plier à la volonté des siens. L'amant chinois se marie mais quand sa future femme se dévoile à lui, c'est la petite venue assistée à la cérémonie qu'il regarde dans les yeux. Quant à elle, la petite, elle doit partir pour l'Europe où elle souhaite devenir écrivaine.
Je suis bouleversée chaque fois que je vois les deux dernières scènes du film. D'abord il y a celle qui se déroule pendant une nuit de la traversée: « une nuit au cours de la traversée de l'océan indien, il s'était produit dans le grand salon principal l'éclatement d'une valse de chopin. Il n'y avait pas un souffle de vent cette nuit là et la musique s'était répandue partout dans le paquebot noir, comme une injonction du ciel, comme un ordre de Dieu dont on ignorait la teneur (on entend cette valse magnifique et on voit la petite s'effondrée en larme) Elle avait pleuré parce qu'elle avait pensé à cette homme de Cholon, son amant. Elle n'avait pas été sûre tout à coup de ne pas l''avoir aimé, d'un amour qu'elle n'avait pas vu parce qu'il s'était perdu dans l'histoire, comme l'eau dans le sable, et qu'elle le retrouvait seulement maintenant, à cet instant, dans la musique jetée à travers la mer. »
C'est bouleversant parce qu'on comprend qu'elle a beau avoir étreint si souvent son amant, elle n'a jamais pu lui ouvrir son coeur et quelquepart c'est une des tortures les plus cruelles que l'on puisse imaginer pour un être humain, ce qui nous renvoie au début du film et du roman. Au constat qu'elle se sent déjà veille à 18ans et que son visage a déjà changé... « Très vite dans ma vie il a été trop tard. A 18ans il était déjà trop tard. A 18ans, j'ai vieilli. Ce vieillissement a été brutal. Ce vieilissement je l'ai vu gagné mes traits un à un... ».
Pourquoi est-ce cruelle? Pourquoi a-t-elle vieilli si jeune? Parce que l'Amour est quelque chose de si rare, si exceptionnelle que de le connaître sans le vivre, c'est absolument désespérant. Ne pas avoir joui du corps d'un être aimé avec passion est difficile à supporter, mais d'avoir joui du corps de son amant sans lui ouvrir son coeur, en refoulant ses sentiements pour lui, j'ai bien peur que cela soit encore pire. Et comme pour enfoncer le clou dans la tristesse de Duras que le téléspectateur partageait peut-être, le film se termine sur les mots de l'amant qui appelle l'écrivaine devenue célèbre et qui après quelque politesse ne sait plus quoi dire «et puis, il n'avait plus su quoi lui dire, et puis il le lui avait dit, il lui avait dit que c'était comme avant, qu'il l'aimait encore, qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer, qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort. »
Les derniers mots du film sont un crève coeur parce qu'il confirme le sentiment de la petite, il nous confirme qu'elle est passée à côté d'une histoire d'amour d'une intensité et d'une profondeur rare comme par inattention, sans s'en rendre compte, que le grand amour qu'on ne rencontre peut-être qu'une fois dans sa vie, si l'on a de la chance, cet amour là, elle l'a laissé passé, que son amant elle l'a étreint souvent mais jamais aimé... Bien sûr, elle n'a pas oublié de l'aimer par mégarde, par étourderie, mais à cause de la pression sociale, de la pression qui voulait qu'une blanche ne puisse aimer un chinois... pression véhiculée avec force par sa famille auquelle elle ne pourra résister.
Le film est magnifique de la première seconde à la dernière. La musique et la lumière y crée une atmosphère envoûtante ponctuée magnifiquement par la lecture d'extraits du roman de Duras avec son écriture si atypique, lente et répétitive comme un ruminement nostalgique obsédant. La lecture de Jeanne Moreau avec sa voix un peu roque et cassée apporte une chaleur un peu fatiguée qui exprime magnifiquement la prose et l'état d'esprit de Duras. Et puis il y a la beauté des amants: la sensualité enfantine des 19ans de Jane March et la perfection du corps doré de son bel amant chinois
Une merveille trop souvent incomprise...
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BIGARD met le paquet là où il faut pas!
Après Dieudonné, boycotté par les médias français suite à un sketch improvisé chez Fogiel qui ne choqua lors de sa diffusion première que quelques sionistes extrêmistes, c'est au tour de Bigard d'être pointé du doigt et critiqué à l'unisson par tous les médias français.
Mais si le premier a persisté et signé ce qui en a fait un paria, Bigard pour des raisons connues de lui même a préféré s'excuser. Je ne me permettrais pas de le juger. Je ne connais pas les pressions qu'il a pu subir après ces malheureux mots sur le 11 septembre et de toute manière ce n'est pas trop dans mes habitudes de jouer au moralisateur.
Ce qui m'intéresse dans l'affaire Bigard, c'est la diabolisation qu'a connu son discours dans l'intégralité des médias français les plus populaires.
Qu'est ce qu'a dit Bigard?
En gros, qu'en regardant certains films sur internet on peut se poser pas mal de questions sur le 11 septembre. Bigard fait référence à "Loose change". Il aurait également pu évoquer "zeitgeistmovie"bien que ce film ne traite pas uniquement du 11 septembre.
On découvre dans ces films ce à quoi fait allusion Bigard,c'est à dire que jamais aucune image ne nous a montré un avion s'écrasant sur le pentagone ou des traces crédibles témoignant d'un tel crash.
On peut se demander à juste titre pourquoi le gouvernement et les médias américains ont voulu faire croire au monde à un crash sur le pentagone si celui-ci comme le pense certains (notamment un général de l'armée américaine responsable de l'imagerie militaire pour l'espionnage scientifique et technologique pendant la guerre froide... témoignage disponible sur internet) a été frappé par un missile.
On peut également se demander tout comme Jean Marie Bigard pourquoi les tours se sont effondrées en à peine dix secondes soit à la vitesse de tours démolis avec des explosifs si elles se sont écroulées à cause des feux provoquées par le crash des avions.
Personnellement tout cela me dépasse complètement... mais je trouve étrange que l'on diabolise avec un tel acharnement des propos s'ils sont tellement fantaisistes...
Où est la liberté d'expression si l'on a plus le droit de dire qu'on a été interpellé par des documentaires vu sur internet?
Serait-il interdit aujourd'hui d'être naïf? Devrait on s'excuser d'être crédule, à moins que ne soit le contraire?
Quand on puise au même source que Bigard, il me semble qu'on peut, sans les partager, ne serait-ce que comprendre ses propos. Si les théories auxquelles il fait allusion sont absurdes pourquoi notre société fondée sur l'esprit scientifique et l'expertise n'y répond pas une fois pour toute de façon claire et nette par une expertise scientifique?
Je n'en ai aucune idée mais comme Jean Marie Bigard, je trouve ça un peu étrange. Pas vous?
Et puis, n'est-ce pas sous le mandat du même gouvernement américain que l'on nous a répété que les irakiens possédaient des armes de destructions massives alors qu'il n'en était rien... Comment peut on croire béatement un gouvernement qui a menti aussi honteusement à ses concitoyens? Tout cela est bien triste... et je me demande bien où se trouve le débat agonistique et la liberté d'expression et d'opinion dans des pays qui en font les fondements de leur système de valeurs.
 26/08/08 à 13h07
C'est si triste et il y a a cependant de la beauté quelque part, de la beauté dans l'inversion des roles, que cet homme chinois se retrouve en position de faiblesse par amour pour elle, et elle qui devrait etre perdue qui est si dure...
Et aussi de la beauté dans ce que l'on ressent a la fin de ce film, de l'injustice peut-être, ou la dure nature cet être humain qu'est la petite jusqu'a ce moment ou elle se rend compte...
l'amour est une notion si concrete et abstraite a la fois, et l'on se rend compte de l'incapacité de l'être humain a bien le connaitre, et a quel point ça peut faire mal, une chose est sure c'es que dans la façon dont elle le repoussait elle ne pouvait que l'aimer... c'etait a sa façon et a 18 c'est ça qui rend les choses dures a comprendre pour le spectateur...
vu le film ! Mais j'ai beaucoup aimé le livre ! *****
 08/08/08 à 11h06
je comprend mieux pourquoi la froideur de cette gamine m'avait tant choquée
lorsque j'avais vu le film
c'est pas un film que j'avais vraiment aimé car justement j'avais l'impression que toute cette froideur, cette non humanité avait envahi chaque plan
esthétiquement le film est superbe, ces tons jaunes, ces corps ondoyants et soyeux, cette sensation de moiteur confrontée à la (fausse) dureté de la petite comme tu l'écris

 02/08/08 à 22h53
ça y est, j'en étais sûre
même plus le droit d'être bègue
 02/08/08 à 17h23
 02/08/08 à 16h55
mouarf !
: o )
 02/08/08 à 15h23
pourquoi ?
toujours chercher à c...
 02/08/08 à 15h22
pourquoi ?
toujours chercher à comprendre...
 02/08/08 à 15h21
pourquoi ?
toujours chercher à comprendre...
 02/08/08 à 13h48
kinzdelaroz
mais trop souvent diffusée...

(et puis on dit "une voix un peu ROCK")