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Au coin d'ma rue...
 Au coin d'ma rue...
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catégorie : tranche de vie
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Au coin d'ma rue, y'a pas d'boulevard, y'a pas d'avenue.
Juste une route qui va son petit bonhomme de chemin, un virage à droite, quelques nids de poule. Elle se fait toute petite pour se faufiler entre les maisons, puis prend ses aises au milieu des prés, avant le prochain village.

Au coin d'ma rue, y'a pas de bar branché, pas de terrasse de bistrot où se pressent les gens à l'arrivée de l'été.
Juste un bar-tabac-boucherie caché derrière l'église, où le facteur boit dès 10 heures un p'tit blanc râpeux avec Mr le Maire, histoire de se donner du coeur à l'ouvrage. Le "patron" navigue des andouillettes-maison à la tournée de Ricard ("pas trop d'eau, tu vas le noyer!"), un grand tablier blanc ornant sa bedaine généreuse.

Au coin d'ma rue, y'a pas d'épicerie fine, pas de Rendez-vous du Gourmet.
Juste la boulangerie qui fait aussi épicerie-quincaillerie-dépannage. Tous les matins, madame charge le camion et part faire la tournée jusqu'aux hameaux les plus reculés, livrer le pain, les nouvelles et un peu de chaleur humaine aussi.

Au coin d'ma rue, y'a pas d'klaxon, pas d'brouhaha.
Juste le soir le cri d'une chouette qui part en chasse, et l'été venu, le chant des grenouilles tapies près du ruisseau tout proche. Quelques aboiements parfois, et les cloches qui rappellent que le temps passe ici, aussi vite qu'ailleurs.

De l'autre côté d'ma rue enfin, pas de périph, pas d'voie ferrée, pas même de parc sagement agencé.
Juste un chemin bordé de peupliers. Derrière, des prés succèdent aux prés, rectangles marrons, verts ou jaunes selon la saison, patchwork un peu désordonné, où des murs de pierres sèches et des haies de ronces ou de noisetiers forment la trame d'un quadrillage fantaisiste. Encore plus loin, les sucs font le dos rond pour supporter la neige l'hiver et se protéger de la brûlure du soleil l'été.

Au dessus d'ma rue, pas d'éclairage violent, pas de halo de lumière.
Juste la nuit, noire, si noire qu'on pourrait y égarer ses pieds. La lune y surveille son troupeau d'étoiles indisciplinées, jouant à cache-cache avec mes yeux jamais blasés.

Au coin d'ma rue...
Y'a tout ce que je ne saurais dire, ces petits riens, ces souffles légers, ces instants furtifs, ces autres immuables.
Ce "chez-moi" qui ne m'appartient pas.
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Voici les 53 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
ça ressemble bien en effet!
 20/01/08 à 18h43
westfarmer
Joubarde de montagne (Sempervivum_montanum)
Ce sera donc de la joubarbe...

Et pour vérifier voir photo !

http://www.pbase.com/bernardfrippiat/image/40639709
 20/01/08 à 17h48
 20/01/08 à 16h08
ça peut aussi être de la joubarbe
 20/01/08 à 15h54
C'est fou comme ça change tout un rayon de soleil...
Oui, ici aussi...
en réponse à Filanzane et Chris....Quand il sèche, il dégage une odeur de réglisse!
La dernière phrase me touche beaucoup : "Ce "chez-moi" qui ne m'appartient pas.réactions "....à une époque de consommation, de désir quasi général de devenir propriétaire, de posséder frénétiquement les objets et les sujets....Ouf! Je partage totalement cette sensation : "chez moi", aussi, ce sont ces images si présentes et pourtant furtives, ces sensations d'être en harmonie avec ce(ceux) qui m'entoure....Et puis, c'est passager aussi : aujourd'hui là; demain ailleurs...qui sait?!
 19/01/08 à 19h30
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Tom Waits

& Iggy Pop


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Coffee ...

and Cigarettes


.
A great scene

from

Jim Jarmusch's

"Coffee and Cigarettes".

It's so uncomfortably wonderful!





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http://minilien.com/?UEhqr2MyLR
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au coin de ma rue y'a une grande dalle ,des voitures calcinées et un centre commerciale au bout ... là où chichi ironisait sur le "bruit et les z'odeurs" sans y avoir jamais mis les pieds ...y'a aussi toute une humanité qui vie ...
Ce petit chemin... n'a ni queue ni tête...


http://minilien.fr/a0k665

ma grand-mère, aimant le petit conservatoire de Mireille
et me chantant :

Pour aller à la Préfecture
Prends la route numéro trois
Tu suis la file des voitures
Et tu t'en vas tout droit, tout droit...
C'est un billard, c'est une piste,
Pas un arbre, pas une fleur,
Comme c'est beau, comme c'est triste,
Tu feras du cent trente à l'heure
Mais moi, ces routes goudronnées,
Toutes ces routes
Me dégoûtent,
Si vous m'aimez, venez, venez,
Venez chanter, venez flâner
Et nous prendrons un raccourci :
Le petit chemin que voici...

Ce petit chemin... qui sent la noisette
Ce petit chemin... n'a ni queue ni tête
On le voit
Qui fait trois
Petits tours dans les bois
Puis il part
Au hasard
En flânant comme un lézard
C'est le rendez-vous de tous les insectes
Les oiseaux pour nous, y donnent leur fêtes
Les lapins nous invitent
Souris-moi, courons vite
Ne crains rien,
Prends ma main
Dans ce petit chemin !
Les routes départementales
Où les vieux cantonniers sont rois
Ont l'air de ces horizontales
Qui m'ont toujours rempli d'effroi...
Et leurs poteaux télégraphiques
Font un ombrage insuffisant
Pour les idylles poétiques
Et pour les rêves reposants...
A bas les routes rabattues
Les tas de pierres,
La poussière
Et l'herbe jaune des talus...
Les cantonniers, il n'en faut plus ! ...
Nous avons pris un raccourci :
Le petit chemin que voici...

Ce petit chemin... qui sent la noisette
Ce petit chemin... m'a tourné la tête
J'ai posé
Trois baisers
Sur tes cheveux frisés...
Et puis sur
Ta figure
Toutes barbouillée de mûres...
Pour nous observer, des milliers d'insectes
Se sont installés par dessus nos têtes
Mais un lièvre au passage
Nous a dit "Soyez sages !"
Ne crains rien
Prends ma main
Dans ce petit chemin !

 19/01/08 à 17h43
Mary-cha
dans "votre petit coin"
c'est doux, merci !
revenons aux "fondamentaux"
Le ballon de rouge et le saucisson...lol
Que veux-tu, on connaît pas le raoul par chez moi...
Quand à la pigeot 103, pfuuuuu, c'est dépassé: "on" a le scooter maintenant
du com s'entend....
il est vrai que la précision était importante..
on a vu le résultat!!
 19/01/08 à 16h39
 19/01/08 à 16h37
c'est tellement bien raconté
 19/01/08 à 16h30
Celle-là est vraiment tout mignone, elle s'est posée sur le mur au fond de mon jardin, quelques instants avant de repartir chasser: une p'tite boule blanche ébouriffée
 19/01/08 à 16h20
Arbaces
HOOOOOUUUUUU, hooooooouuuuuu ! (froissement d'ailes et oeil perçant dans la nuit, hé hé hé !)
style seventies, établie dans un coin de campagne idyllique... bon, sans doute qu'au bout de trois jours on se mettrait sur la g..., mais ça fait rêver, non ?
ça a l'air cool au coin de ta rue
 19/01/08 à 14h41
merci... c'est vrai que j'y suis bien, même si parfois...il est bon d'aller voir des ailleurs!
 19/01/08 à 14h35
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Power of Three

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Michel Petrucciani
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Jim Hall
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Wayne Shorter

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http://minilien.com/?bPYOWJ25se
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par ton évocation douce et simple...formidable en plus de savoir l'aimer au présent comme tu le fais..
 19/01/08 à 12h49
Arbaces
qui me rappellent l'allée de sable et de peupliers miroitants, le chemin cahoteux sous les roues du vélo, les buissons de mûres qui tachent, le vent silencieux qui annonce la nuit... chemins d'été, chemins de campagne, chemin du passé... quelle chance de les aimer au présent !
 19/01/08 à 12h47
Merci à toi
Je ne connais pas leur nom mais oui, je les vois...
Bises
Joli.

Serenity.
 19/01/08 à 12h21
chris711
des haies de ronces ou de noisetiers forment la trame d'un quadrillage fantaisiste : MAGNIFIQUE.
Y'a t'il aussi, dessus les murs, des petites plantes grasses qui ressemblent à des artichauds ? C'est là que j'ai besoin de Tavasi pour me dire leurs noms. Bises
 19/01/08 à 12h01

 19/01/08 à 11h53
sq 633-1
les images sautent aux yeux.

merci pour ce joli texte.

Rends-toi compte la chance que tu as, ton coin de rue a toi il n'a pas disparu...
http://fr.youtube.com/watch?v=vLYMOHsvr78
et on voit que tu le savoures.

C'est en cela aussi que ce texte est léger et reposant.
 19/01/08 à 11h15
Ma rue, elle a pas d'coin. Elle part du lieu d'une boucherie, mais elle continue tout droit jusqu'à Compostelle, et cela depuis plus de mille ans. C'est dire qu'elle est fréquentée. Un jour peut-être j'irai habiter une rue avec un coin.
 19/01/08 à 11h15
westfarmer
Je soulignais simplement ce subtil mélange de poésie et de simplcité de tes mots...
 19/01/08 à 11h07
chacun peut trouver son "chez-soi" je crois, le lieu où il se sent bien, le lieu où il se sent vivre, le lieu aussi où il se sent en sécurité... Le lieu où il peut se réaliser!
 19/01/08 à 10h46
cela se marie tellement bien avec... tout ça
 19/01/08 à 10h43
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Impromptu Op. 90 No. 4

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Franz Schubert

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Arthur Rubinstein

[ 1973 ]

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http://minilien.com/?VcP2BsR2IO
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