la rencontre par affinités culturelles

  1. Rencontre des femmes et des hommes qui partagent vos passions.
  2. Créez vos listes d'oeuvres et d'artistes préférés
    parmi + de 2 millions de références.
  3. Partagez vos goûts, émotions, réactions en cinéma, musique, lecture, médias.
Je vibre
pour elle
Je l'ajoute
à mes amis
gratuit Je lui écris
Briser la glace
Je chatte
avec elle !
Il est bizarre, ce thermomètre...
 Il est bizarre, ce thermomètre...
rediger un nouveau commentaire sur Se souvenir des belles choses
catégorie : création littéraire
corps du commentaire en taille petitecorps du commentaire en taille moyennecorps du commentaire en taille grandeimprimer ce commentaireenvoyer ce commentaire à un ami
Je me demande bien qui ça peut être.
Je ne vois vraiment pas.
Elle a l'air gentille en tout cas. Gentille, oui.

Mais quand même, c'est gênant.

Je vais lui sourire, tiens. Ah, elle a l'air contente. Elle me sourit aussi.
On dirait qu'elle attend quelque chose.
Je devrais peut-être lui dire qu'elle fait erreur. Que je ne la connais pas.
Mais je ne voudrais pas lui faire de peine. Et puis, ça me distrait. Je m'ennuie un peu ici.

Ici.

Je suis où au fait?

Il y a un lit, là, juste à côté. C'est bizarre. Qu'est-ce que je fais dans ma chambre à cette heure?
Quelle heure il est d'ailleurs? Je pourrais lui demander. Elle doit le savoir, elle.

Tiens, il y a un fil à sa jupe.
Mal coupée la jupe.
Moi, quand je faisais une robe, c'était autre chose. Je me souviens de celle de madame Marchand. Noire, avec juste des toutes petites fleurs blanches, rapport au deuil, n'est-ce pas. Elle trouvait que c'était osé. De toutes façons, le client est roi. Et puis, chacun voit midi à sa porte.

Elle est bien fermée la porte, au moins?

Comment? Que je finisse ma compote?
J'ai pas faim. Et puis, il n'y a même pas un biscuit avec.
Elle insiste.
Allez, je veux bien lui faire plaisir, elle a l'air inquiète, maintenant. C'est peut-être elle qui l'a faite, cette compote. Oui, ça doit être ça. C'est pour ça qu'elle s'inquiète.
Je vais la goûter alors.

Il est bizarre ce thermomètre.
Et comment je fais pour manger une compote avec un thermomètre, moi?
Tiens, j'ai dû parler à voix haute. Elle a l'air gênée, maintenant.
C'est une cuillère?
Ah.

"Attrape-moi une cuillère dans le tiroir!"
Ca sentait bon, l'oignon frit, oui. J'ai toujours aimé cette odeur.

Tiens, le carillon n'a pas sonné.
Il est passé où d'ailleurs? Et la maie? C'est Jean qui sera pas content, lui qui aime tant s'asseoir dessus quand il rentre.

Non, non, je n'en veux plus de cette compote.
Je suis fatiguée.
Oh oui, tellement fatiguée.
Qu'elle reparte avec sa compote. Ou alors, elle pourrait m'aider pour aller jusqu'au lit.
Mon dieu que je me sens lourde!
Je ne vais jamais pouvoir me lever de ce fauteuil.
Bon, je vais m'appuyer sur elle alors. Voilà, ça y est.

Elle est un peu essoufflée, elle me sourit encore.
Il faudrait qu'elle s'en aille maintenant. Je voudrais me reposer
Elle a l'air un peu triste. Elle m'embrasse, tiens.
Qu'est-ce qu'elle a dit?

"A demain mémé".

réactions : 39
lectures : 1224
votes : 22
Publier sur   Partager sur Wikio  Partager sur Scoopeo  Partager sur Digg  Partager sur Facebook  Partager sur Google  Partager sur Technorati  Partager sur del.icio.us  Partager sur blogmarks 
Voici les 39 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 04/12/08 à 22h19
C'est dur et c'est beau. J'ai ma maman qu'elle vit sur le passé sous une forme de skyzophrénie encore hospitalisée. J'essaye de vivre depuis mon adolescence sous ce poids, je ne sais quoi dire quoi penser .Sous cette force qui me permet d'avancer je la regarde, la chérie mes mots ne sortent pas.. Félicitation pour tes mots tu m'as aidé à trouver les miens .
 28/04/08 à 22h48
manière de renouer le lien ...

bpienic connue et oubliée mais toujours aussi efficace
 28/04/08 à 19h55
ça me rappelle celle-ci :

-- toto, quelle est l'origine de ton père ?
-- mon père, il est martiniquais !
-- et ta mère ?
-- ma mère, elle est partie niquer !
 28/04/08 à 19h35
les mets de mémé (*)






(*) et c'est tout pour la famille.
 28/04/08 à 19h23
et moi, j'aime les jeux de mots.
L'isolement quasi-total, ça fait froid dans le dos, et... ça n'arrive pas qu'aux autres.

A tous, je suis confuse, ma mémé est morte il y a bien longtemps, mais ces images sont revenues me tarauder depuis quelque temps...
Ce texte était une façon de "sortir" de moi certaines... comment dire, incompréhensions? Mais aujourd'hui, c'est vraiment la douceur qui l'emporte
Son évolution est un cas d'école. je mets provisoirement quelques repros dans ma galerie.

Oui, on est toujours dans le sujet.
même quand elles se sont enfuies
tout en tristesse légère
Filanzane, comme tu la comprends bien ta mémé...

etchelion merci pour ta réaction
qui nous fait un peu plus comprendre
ce qui se passe dans la tête des personnes atteintes de la maladie

à nous de garder le lien le plus longtemps possible...
... Je crois que c'est le plus beau ciompliment que je pouvais lui faire.

A ce sujet, voici un lien qui présente une interprétation des derniers tableaux de William Utermolhen par un psychiatre:
http://www.galerie-beckel-odille-boicos.fr/expositions_temporaires/utermohlen
/Utermohlen_fr.html

Ce peintre est mort de la maladie d'Aloïs (le prénom c'est pour me rassurer ) Alzheimer en 2007 mais à continuer à s'attaquer à des autorportraits jusqu'à ce qu'il ne puisse plus peindre. Un courage exemplaire et aussi un questionnement sur l'identité.

A ce sujet, un petit bout de texte qui démontre la nécessité des rapports sociaux :

"La Maladie d’Alzheimer ne frappe pas au hasard le cerveau. « Le réseau neuronal prioritairement atteint, réunissant le lobe frontal médian et les régions pariétales et temporales internes, [...] est mobilisé par l’évocation de souvenirs personnels ou de projets futurs, ce que les psychologues appellent « la capacité à voyager dans le temps par la pensée ».

Ainsi donc, la démence empêche petit à petit le malade de se situer dans le temps de sa propre histoire. Des murs d’oubli s’érigent devant le passé et l’avenir, emprisonnant l’individu « dans un présent instable et incompréhensible » puisqu’il « n’a plus les ressources pour s’y situer ».
La perception de soi se distord en fonction de l’avancée de la maladie et n’évolue plus en fonction des expériences passées et des projets futurs. La pensée s’assombrit et la glace sans tain ne laisse bientôt plus percevoir qu’un pâle reflet de l’existence. L’isolement est quasi-total avant que la faucheuse ne vienne mettre fin à cette solitude.

Selon les sociologues, c’est le soi public, fondé sur les relations avec les autres qui serait touché par la maladie. Le soi privé, quant à lui, continuerait de perdurer. La multiplication des stimulations et la conservation des rapports sociaux permet d’ailleurs de préserver les capacités cognitives plus longtemps.
Le cloisonnement du malade d’Alzheimer est souvent précipité par l’incompréhension que la maladie suscite dans son entourage."

Bref, il faut que le petit chaperon rouge continue d'apporter les galettes et le petit pot de beurre à sa mère-grand.
 28/04/08 à 08h41
Normal, peut-être, pour une gentille mémé qui inspire encore autant d'amour....
du coup, il est tout perturbé
Merci beaucoup beaucoup pour vos réacs

Une mention spéciale à Aragorn et son incroyable constance...

Je ne suis pas triste, tout est bien, je garde les images, les odeurs et les petits rituels bien serrés, je les feuillette de temps en temps, et c'est doux

Très belle journée à vous!
Au réveil, Avec un cerveau en compote et des zoeils pas trop décidés qui sentent l'ognon frit, ça donne enive de retourner dormir !


 28/04/08 à 06h18
très bien de quoi ça parle, mais je crois que j'ai bien aimé.
Faut peut-être que j'aille me coucher maintenant.

Non? C'est le matin ?
Alors je vais travailler.
On travaille toujours le matin, n'est-ce pas ?

Elle est où Marcelle ?

Marcelle !!!!!!!!!!!!!



"les vieux ont oublié plus que les jeunes n'en savent"
merci pour votre texte.
Apporte lui du miel ça la changera de la compote. Tu peux aussi lui faire chauffer un bol de lait dans lequel elle laissera couler le miel.Ce lui permettra de se lécher les doigts. Hum !!!
 28/04/08 à 00h58
broken_flowers
à moi aussi les larmes perlent, c'est malin
mais à vue de nez et du début à la fin, ça se sirote à petites gorgées
 27/04/08 à 23h38
incorrigible
"Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant."
Très tendre, miss Fil.
Manque rien, même pas "la pendule d'argent/Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends.” On l'entend.
 27/04/08 à 22h54
joli, terrible, léger, triste, ciselé, comme une dentelle un peu abîmée
 27/04/08 à 22h37
et te perds pas en chemin
Nomeho ! : p : p
Vous l'avez pas vu ?

Euh donc, la réac disait ceci !

Ce devrait interdit d'écrire des comm intéressant à cette heure si.

bon d'accord, je l'ai pas lu, mais quand même, j'ai mis cinq en me disant que les risques éyaient limités. Masi bon, je préviens demain, je lis RAHHH !

Good night !
 27/04/08 à 22h20
de quoi ça parlait


Non, vraiment, bien, la relecture le confirme...
 27/04/08 à 21h35
albatrose
bêtement les larmes aux yeux en te llisant
 27/04/08 à 21h32
J'aime bien ce que tu viens d'écrire.
Bises.
 27/04/08 à 21h26
c'était exactement ça
 27/04/08 à 21h23
 27/04/08 à 21h20
Arba