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Presque comme (7 et fin)
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catégorie : création littéraire
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Bon c’est sûr elle est un peu abîmée, juste un peu. Ils ont fait joujou avec elle et maintenant, ils l’ont largué comme une vieille guimbarde sur le bas côté. Et comme je ne voulais pas laisser Clara se dépatouiller toute seule de tout ce merdier, je nettoie tout ça et fais place nette pour que ses p’tites fesses soient toutes dorlotées dans son carrosse retrouvé.

Cela fait plus d’une heure que j’aspire la moindre miette dans cette voiture, tout y passe, les tapis sont jetés hors de l’habitacle. Poches, gobelets, bouteilles, mégots…oh la poubelle. Je frotte, il fait chaud, mes positions sont acrobatiques voire limite dangereuses. Je suis trop occupée pour m’en rendre compte. Puis, soudain, gros bruit dans la rue. Une armada d’ouvriers de la voirie se déploie pour rafistoler le bitume. Je ne vais tout de même pas m’arrêter sous prétexte qu’ils sont là à passer les uns après les autres en ricanant et en sifflotant des blagues vaseuses. Étant donné la chaleur et le travail envisagé, je n’avais pas prévu une tenue des plus strict. D’ailleurs eux aussi ils transpirent derrière leurs gros camions brûlants. Je continue ma besogne en essayant de ne pas trop me faire remarquer. Ils disparaissent enfin.

Alors que je m’attaque au pare-brise avant, à moitié couchée sur le capot, j’entends un camion qui revient et s’arrête. Pour les deux qui descendent, c’est la pose déjeuner. De dos, torses nus, ils entament leur repas. Je regarde de temps en temps ces dos musclés et bien bronzés. Leurs silhouettes semblent jeunes et robustes. Ils font les mâles ainsi dévêtus. Ils sont arrogants et sans sourciller, les voilà, couchés à plat ventre en train de me « mater » comme ils disent.

- Excusez-moi, madame, mais on a plus d’eau, est-ce que…
- Je vais vous chercher ça.
Quand je reviens, il a fait un pas chez moi. Je lui dis :
- Un café, vous ferai plaisir ?

Il appelle son copain. Ils se tiennent, gauches, devant la table. Je m’assoie et ils me suivent du regard comme des automates et font de même. Nous buvons à petite gorgée notre café brûlant, faute de savoir que faire d’autre. Le deuxième semble moins timide. Comme un défi à son copain, il me regarde bien droit dans les yeux. Je ne vois que ses billes coquines, sa bouche colle à la tasse. Ses petits yeux, plissés me pénètrent. Je les observe tous les deux calmement, puis me lève vers ce regard racoleur, il recule sa chaise et m’accueille entre ses jambes. Il fourre sa tête dans ma poitrine. L’autre se presse dans mon dos et m’embrasse la nuque. Je sens ses mains glisser sur mes hanches, et fait rouler mon short qui s’écrase à mes pieds. J’aime cette présence dans mon dos, sa bouche chaude contre mes oreilles, son souffle, ses mains qui m’entourent -il est plus calme, plus doux, plus patient. J’ai envie de gâter mon tendre ouvrier à qui j’offre ma chaude bouche à ses lèvres. Nous nous embrassons de longues minutes, nos langues se cherchent, se perdent, se reprennent. Je ne sais pas où se trouve l‘autre, tout près sans doute, je sens ses vingt doigts glisser sur moi. Il mord mon cou en râlant. Son corps transpire. Je lui glisse un « merci » au creux de l’oreille.

- Lucie t’étais où, j’ai déjà presque fini…t’exagère…tu fais couaaaaaaaaaa ?
- Je prépare le café, c’est bon j’arrive. Et Clara au final, elle fait quoi ?
- Elle rentre à la maison avec sa voiture dès qu’elle sera propre !
- Ouais mais les mecs, elle garde lequel ?
- Ben classique, elle va pas s’casser : le mari…et pis p’têt bien l’amant…enfin celui-là ou un autre. Maintenant qu’elle a entamé le pot de Nutellmachin, ça va pas être faciiiiiiiile de s’arrêter !
- passe moi l’embout de l’aspi, tu sais celui qui passe partout là, au fond du truc…oui là allez.
- c’est pour mettre où ?
- Oh ça va, obsédée va !
- éh oh c’est pas moi qui vais chez le psy hein ! « bonjour docteur, j’ai un problème j’arrête pas de voir des mains partout sur mon corps, ça m’prend en faisant la vaisselle, en vidant mes poubelles, je ne sais pas ce qui m’arriveuuuuh, je me fais tout un tas de filmmmmmeuhhhssss, c’est quoi docteur le problème ? ». Ouais c’est quoi au fait le problème, il dit quoi l'docteur?
- fantasmes !
- ah bon ça se soigne ?
- ben j’te dirai ça quand j’aurai commencé le traitement.
- et faut faire quoi pour guérir ?
- ben je commence un groupe de paroles et on va déballer nos fantasmes pour nous libérer de tout ça, tu vois !!
- humhum je vois ça va être chaud, tu m’inviiiiiiiiites !



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Voici les 9 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 19/09/08 à 15h20
 19/09/08 à 01h55
Là.
jaimerais bien etre un capot.
Non.
Un pare-brise.
Non .
des petits yeux plissés.
Bon, qu'est ce que tu fais ce samedi?
Bon, j'ai pris les épisodes en cours de route, mais aucun mal à monter dedans quand même ! Un ptit régal tout léger !
 18/09/08 à 20h24
moi qui ne suis pas trop "épisodes" ou feuilletons...je dois dire que là, j'ai adhéré !

Tu nous raconteras les groupes de paroles ou c'est à nous de dire ????.....
Jdçjdr !!!

Bravo pour tout.

Et merciiii !!
yen a même qui des fois...
 18/09/08 à 18h37
 18/09/08 à 16h40
la parole pour le psy ? c'était une suite au gré des flots . . .sans dérive