Je croise son regard dans la petite rue commerçante. Il se souvient de moi. Sous prétexte que nous sommes de vieilles connaissances, sa femme nous laisse seuls quelques instants pour échanger nos souvenirs de lycéens sans se douter de la teneur de nos propos.
C'est l'occasion de nous expliquer après toutes ces années. Marc m’avoue qu’il a beaucoup souffert de notre séparation et s’excuse de n’avoir pas eu le courage de me parler après.
- Tu vois, Marc on est grands maintenant mais saches que tu es à l’origine de mes nombreuses névroses. Pas toutes rassures toi ! Mais pendant longtemps, je me suis crue frigide, d’autant plus que toi, mon premier grand amour, tu me l’avais lancé à la figure. Cela dit, je ne te jette pas la pierre. Je suis à l’origine de ce fiasco, tu m’avais averti, je n’ai pas voulu t’entendre.
Nous sommes émus, il racle sa gorge et repousse le voile qui irrite sa voix.
- Je n’ai jamais oublié nos tripotages dans les coins, ça m’a beaucoup manqué après. Dit-il avec un semblant de légèreté.
- Moi non plus et à ce propos, je voudrais remercier tes mains, ta langue, ta bouche de m’avoir si savamment gâtée ! Je joue le jeu de l'humour mais je suis troublée et toujours sous le charme.
Un peu plus tard et après quelques banalités, il me présente sa femme qui nous rejoint. Elle propose que je passe chez eux pour faire d’avantage connaissance. Marc semble gêné mais elle insiste. Je la trouve très imprudente. Je laisse ma voiture, puisque j’habite près d’ici - je pense : maintenant il sait où me trouver. Quelques verres échangés à les écouter et les regarder s’embrasser me donne la nausée de tout ce que j’ai loupé. L’amour, la complicité, les projets, la vie à deux…puis je songe à ma liberté retrouvée, ce temps pour moi, ce temps devant moi, ce peu derrière moi. Ma jalousie est stérile, en ferai-je des amis ? Je ne sais quoi penser. Il me raccompagne, elle le laisse partir avec moi, l’un et l’autre dans cette voiture, dans ce nid de sentiments bouleversés, elle n’a toujours pas peur de moi, alors qui suis-je moi ?
Il est soucieux, distant, Il ne joue plus. Me suis-je créée l’illusion qu’il pouvait m’aimer, me désirer encore, à moins que sans sa femme près de lui, se sent-il plus vulnérable ?
- Elle aurait pu me raccompagner ?
- Ma femme a confiance en moi. Il lit en moi.
- Et elle a raison d’avoir confiance ?
- Jusqu’à présent, oui.
- Alors va pour le présent. Dis-je. Je regrette déjà cette phrase d’appel. Pour qui je me prends? comme si je savais que tôt ou tard…
Il rigole, ses yeux se plissent malicieusement, quelque chose brûle entre nous, malgré tout. Il me semble déjà le retrouver. J’aimerais le prendre dans mes bras, le serrer fort contre moi mais un nuage traverse mon esprit « petite écervelée me dis-je, tu ne te souviens pas à quel point tu as souffert après ce type ? Tu étais perdue, ta sexualité a végété, ton corps ne répondait pas. Le choix de tes partenaires ? Inadaptés, comme un mauvais puzzle, les pièces s’emboîtaient mal, très mal. Pas d’amoureux, des hommes mais pas d’amour. Il t’a brisée, il t’a humiliée et toi tu le regardes comme un potentiel, un peut être, un sans doute. Mais pourquoi il a fait ça ? »
Je veux rester calme mais des mots forcent le passage, je lui jette à la figure.
- Tu sais lorsque tu m’as prise de force, sodomisée violemment, alors que je n’avais jamais connu l’amour, tu m’as brisée… silence, j’ai une boule dans la gorge, je ne peux pas en dire d'avantage, les larmes ne sortent pas.
Il stoppe la voiture, je le regarde passer devant les phares dans cette lumière irréelle il se dirige comme le vent vers ma portière qu‘il ouvre, s’agenouille, et sanglote la tête enfouie sur le haut de mes cuisses. Je caresse ses cheveux.
- Je suis désolé, je suis vraiment désolé, j’ai été maladroit, j’étais prétentieux, je vivais dans l'excès et pour toi, je n'ai pas su me contrôler. J’étais jeune, c’était stupide. Je m’excuse pour le mal que je t’ai fait.
Je souffre pour lui, il m'inonde de ses larmes. Un homme qui pleure c‘est bouleversant, un homme qui pleure c‘est la bonté qui tout autour l‘illumine. Je prends sa tête entre mes mains, la relève face à moi, m’approche de son visage et lui murmure :
- Je te pardonne mais pardonnes-moi de n'avoir pas su t‘écouter, j'étais trop pressée... j’avais peur de te perdre.
Il sourit en pleurant, son visage s’éclaire de rides merveilleuses, chemins de la vie de cet homme si beau, si désirable. Me jeter sur lui, l’embrasser, gémir mes pleurs dans sa bouche, sentir cette boule se dégonfler et libérer mes poumons de ce poids pour qu’ils se gorgent de son odeur. Sentir son corps tout contre moi, son cœur battre pour moi. Mais je ne bouge pas, je le laisse là, sa joue sur mon ventre me comble, ses mains qui se rejoignent sur mes reins m’apaisent. Je suis bien là, immobile.
Il se relève. C’est déjà fini. Je suis saisie par le froid que laisse sa trace humide. Il prend ma main, il me soulève dans ses bras, m’entoure de tout son corps. Nous ne faisons plus qu‘un. Il baise mon cou, je lui rends ses baisers. Nous transpirons de notre amour ancien, ses larmes posées sur sa joue n'attendent que ma bouche.
- Tu me rends fou me dit-il.
Nos joues se frottent et glissent sur nos peaux humides, nos lèvres s’effleurent. Je désire plus que tout à cet instant précis goûter sa bouche, retrouver le goût de sa langue, sentir nos muscles se caresser, tourner des fois et des fois. Le souvenir de nos danses langoureuses, sensuelles, de nos plaisirs savants défiants la finalité pour mieux la garder, la souhaiter, la désirer l’un pour l’autre comme un cadeau ultime. Belle innocence des sentiments adolescents qui gémissait au fond de nos bouches fiévreuses.
- Nous devrions rentrer me dit-il.
Non ! Attends encore, encore, juste un baiser, ce baiser, ta bouche sur ma bouche, ta langue sur ma langue, . tes doigts dans ma chair, mes seins contre ton torse, ton sexe sur mon ventre, embrasse-moi.
- Tu as raison. Dis-je en déchirant mon étreinte. En brisant mon cœur qui perd sa chaleur, qui le perd, qui prend cette main dans la sienne, puis la porte à ma joue, le regard inondé, je l'attire vers moi et lui vole ce baiser…doucement il recule.
- Arrête, dit-il , je ne te ferai que du mal…
C'est l'occasion de nous expliquer après toutes ces années. Marc m’avoue qu’il a beaucoup souffert de notre séparation et s’excuse de n’avoir pas eu le courage de me parler après.
- Tu vois, Marc on est grands maintenant mais saches que tu es à l’origine de mes nombreuses névroses. Pas toutes rassures toi ! Mais pendant longtemps, je me suis crue frigide, d’autant plus que toi, mon premier grand amour, tu me l’avais lancé à la figure. Cela dit, je ne te jette pas la pierre. Je suis à l’origine de ce fiasco, tu m’avais averti, je n’ai pas voulu t’entendre.
Nous sommes émus, il racle sa gorge et repousse le voile qui irrite sa voix.
- Je n’ai jamais oublié nos tripotages dans les coins, ça m’a beaucoup manqué après. Dit-il avec un semblant de légèreté.
- Moi non plus et à ce propos, je voudrais remercier tes mains, ta langue, ta bouche de m’avoir si savamment gâtée ! Je joue le jeu de l'humour mais je suis troublée et toujours sous le charme.
Un peu plus tard et après quelques banalités, il me présente sa femme qui nous rejoint. Elle propose que je passe chez eux pour faire d’avantage connaissance. Marc semble gêné mais elle insiste. Je la trouve très imprudente. Je laisse ma voiture, puisque j’habite près d’ici - je pense : maintenant il sait où me trouver. Quelques verres échangés à les écouter et les regarder s’embrasser me donne la nausée de tout ce que j’ai loupé. L’amour, la complicité, les projets, la vie à deux…puis je songe à ma liberté retrouvée, ce temps pour moi, ce temps devant moi, ce peu derrière moi. Ma jalousie est stérile, en ferai-je des amis ? Je ne sais quoi penser. Il me raccompagne, elle le laisse partir avec moi, l’un et l’autre dans cette voiture, dans ce nid de sentiments bouleversés, elle n’a toujours pas peur de moi, alors qui suis-je moi ?
Il est soucieux, distant, Il ne joue plus. Me suis-je créée l’illusion qu’il pouvait m’aimer, me désirer encore, à moins que sans sa femme près de lui, se sent-il plus vulnérable ?
- Elle aurait pu me raccompagner ?
- Ma femme a confiance en moi. Il lit en moi.
- Et elle a raison d’avoir confiance ?
- Jusqu’à présent, oui.
- Alors va pour le présent. Dis-je. Je regrette déjà cette phrase d’appel. Pour qui je me prends? comme si je savais que tôt ou tard…
Il rigole, ses yeux se plissent malicieusement, quelque chose brûle entre nous, malgré tout. Il me semble déjà le retrouver. J’aimerais le prendre dans mes bras, le serrer fort contre moi mais un nuage traverse mon esprit « petite écervelée me dis-je, tu ne te souviens pas à quel point tu as souffert après ce type ? Tu étais perdue, ta sexualité a végété, ton corps ne répondait pas. Le choix de tes partenaires ? Inadaptés, comme un mauvais puzzle, les pièces s’emboîtaient mal, très mal. Pas d’amoureux, des hommes mais pas d’amour. Il t’a brisée, il t’a humiliée et toi tu le regardes comme un potentiel, un peut être, un sans doute. Mais pourquoi il a fait ça ? »
Je veux rester calme mais des mots forcent le passage, je lui jette à la figure.
- Tu sais lorsque tu m’as prise de force, sodomisée violemment, alors que je n’avais jamais connu l’amour, tu m’as brisée… silence, j’ai une boule dans la gorge, je ne peux pas en dire d'avantage, les larmes ne sortent pas.
Il stoppe la voiture, je le regarde passer devant les phares dans cette lumière irréelle il se dirige comme le vent vers ma portière qu‘il ouvre, s’agenouille, et sanglote la tête enfouie sur le haut de mes cuisses. Je caresse ses cheveux.
- Je suis désolé, je suis vraiment désolé, j’ai été maladroit, j’étais prétentieux, je vivais dans l'excès et pour toi, je n'ai pas su me contrôler. J’étais jeune, c’était stupide. Je m’excuse pour le mal que je t’ai fait.
Je souffre pour lui, il m'inonde de ses larmes. Un homme qui pleure c‘est bouleversant, un homme qui pleure c‘est la bonté qui tout autour l‘illumine. Je prends sa tête entre mes mains, la relève face à moi, m’approche de son visage et lui murmure :
- Je te pardonne mais pardonnes-moi de n'avoir pas su t‘écouter, j'étais trop pressée... j’avais peur de te perdre.
Il sourit en pleurant, son visage s’éclaire de rides merveilleuses, chemins de la vie de cet homme si beau, si désirable. Me jeter sur lui, l’embrasser, gémir mes pleurs dans sa bouche, sentir cette boule se dégonfler et libérer mes poumons de ce poids pour qu’ils se gorgent de son odeur. Sentir son corps tout contre moi, son cœur battre pour moi. Mais je ne bouge pas, je le laisse là, sa joue sur mon ventre me comble, ses mains qui se rejoignent sur mes reins m’apaisent. Je suis bien là, immobile.
Il se relève. C’est déjà fini. Je suis saisie par le froid que laisse sa trace humide. Il prend ma main, il me soulève dans ses bras, m’entoure de tout son corps. Nous ne faisons plus qu‘un. Il baise mon cou, je lui rends ses baisers. Nous transpirons de notre amour ancien, ses larmes posées sur sa joue n'attendent que ma bouche.
- Tu me rends fou me dit-il.
Nos joues se frottent et glissent sur nos peaux humides, nos lèvres s’effleurent. Je désire plus que tout à cet instant précis goûter sa bouche, retrouver le goût de sa langue, sentir nos muscles se caresser, tourner des fois et des fois. Le souvenir de nos danses langoureuses, sensuelles, de nos plaisirs savants défiants la finalité pour mieux la garder, la souhaiter, la désirer l’un pour l’autre comme un cadeau ultime. Belle innocence des sentiments adolescents qui gémissait au fond de nos bouches fiévreuses.
- Nous devrions rentrer me dit-il.
Non ! Attends encore, encore, juste un baiser, ce baiser, ta bouche sur ma bouche, ta langue sur ma langue, . tes doigts dans ma chair, mes seins contre ton torse, ton sexe sur mon ventre, embrasse-moi.
- Tu as raison. Dis-je en déchirant mon étreinte. En brisant mon cœur qui perd sa chaleur, qui le perd, qui prend cette main dans la sienne, puis la porte à ma joue, le regard inondé, je l'attire vers moi et lui vole ce baiser…doucement il recule.
- Arrête, dit-il , je ne te ferai que du mal…
réactions : 14
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Voici les 14 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
Oui un large sourire car j'ai trouvé votre histoire terrible mais si touchante !! et puis p-e que je m'y reconnais un petit peu, mais de quel bord ? ha ça c'est secret 
J'aime encore et toujours votre façon d'écrire !
A bientôt Reinette.

J'aime encore et toujours votre façon d'écrire !
A bientôt Reinette.

j'aime beaucoup...
jusqu'au bout .

23/09/08 à 18h23
*****


--0_0-- : qu'est-ce que t'es bavard, merci pour ce large sourire !
aubordufleuve : merci mais qu'est-ce que tu manges pour que ça soit si bon ?
Handy Capt : la même chose qu'aubordufleuve ? mais moi je la connais pas la 2è femme de ton père, ah oui c'est une salope ?
Kavalier2 : ben vi
teawhite : un p'tit tea ?
aubordufleuve : merci mais qu'est-ce que tu manges pour que ça soit si bon ?
Handy Capt : la même chose qu'aubordufleuve ? mais moi je la connais pas la 2è femme de ton père, ah oui c'est une salope ?
Kavalier2 : ben vi
teawhite : un p'tit tea ?
23/09/08 à 14h46
ceci étant dit, ma marâtre, l'autre là, la 2e femme de mon père, est une salope

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reinette88
publié le 23 sept. 08