Je n'ai jamais été un grand fan de James Bond. Tout au plus, j'appréciais le caractère divertissant des divers opus et mettait parfois mon grain de sel dans la sempiternelle discussion "C'est lequel le mieux, de Moore, de Connery ou de Brosnan ? " (Connery évidemment !). Celui-là pourtant, j'avais très envie de le voir. D'abord pour voir en action le nouvel acteur, Daniel Craig, si éloigné du canon habituel de l'agent 007, et ensuite parce que le film promettait un retour aux sources des livres de Ian Fleming, plus noir, plus violent. Et effectivement, le ton y est plus sombre (c'est la première fois en 44 ans qu'il pleut dans un film de James Bond !). Le film s'ouvre sur une séquence (en un superbe noir et blanc rappelant les films noirs des années 40) qui nous montre comment James Bond gagne ses galons de double zéro, d'agent autorisés à tuer. Et ce n'est pas joli-joli. Avec une baston très physique dans des chiottes cradingues, le ton est donné. Car CASINO ROYALE, c'est aussi un redémarrage à zéro de la franchise. Bond est encore un agent qui tâtonne, beaucoup plus porté sur la violence physique, sur le rentre-dedans bien bourrin. La poursuite à pied d'un terroriste entérine ce postulat. Face à un adepte du free running, agile et gracieux, James fonce en bulldozer (littéralement!) et passe à travers les cloisons. On est très loin des styles raffinés de Brosnan et consorts. Dans ce registre, le physique massif de Daniel Craig fait merveille. Mais cette attitude de casse-cou lui fait commettre des erreurs. Bond apprend de ses bourdes et commence à trouver son style. Et au fil du métrage va se dessiner peu à peu le Bond que l'on connaît, celui en smoking, commandant un Martini dry et conduisant une Aston Martin 64. Le film reconstruit ainsi par petites touches la légende, tout en incorporant des éléments jusqu'içi plutôt absent comme le coté un peu sado-masochiste des romans (cf. la séance de torture qui va faire grincer des dents tous les hommes devant leurs écrans). Le film permet de voir comment un péquin plutôt moyen se transforme en une froide et efficace machine à flinguer les méchants et à lever les nanas. Un film à voir assurément pour assister à la genèse d'un des plus grands mythes populaires de l'ère moderne.
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Donc agréable découverte, mais les scènes de torture pourraient être plus courtes (pas mal de rires génés dans la salle), Daniel Craig est excellent mais il se dévoile trop, et c'est surtout le couple avec EVA Green (plus mystérieuse) qui fonctionne à mon avis.
Le film manque quand même un peu de "spirit", de cohésion, mais quand même un très bon moment.
Le film manque quand même un peu de "spirit", de cohésion, mais quand même un très bon moment.
Tout évolution du stéréotype inventé par Brocoli, et incarné par différents acteurs dont le talent (notamment pour Sean Connery) n'est pas en cause, mais la direction et même le physique si, est une très bonne nouvelle.
Ian Fleming est en vérité un sacré bon écrivain de polars, qui rend avec âpreté la cruauté d'un monde où la vie humaine n'est pas une valeur en soi, le sex appeal d'un héros à la limite de la dérive qui ne vit vraiment que dans l'intensité (sensuelle ou violente) du moment, et la quintessence des ambiances à travers lesquelles il passe (du savoir vivre phlegmatique british à l'odeur de transpiration et de poussière des tropiques qu'il affectionne).
Tout cela s'était transformé, dès les premières adaptations cinématographiques en d'aimables et plantureuses pièces montées où les gadgets et les jolies filles tenaient lieu de ressort de l'action.
Tu sembles dire que cette vision des choses est maintenant caduque, mais je ne suis quand même pas trop rassurée par l'évolution vers le "Bond en smoking, commandant un Martini dry et conduisant une Aston Martin. Si je me souviens bien, du reste, Casino Royal -le bouquin- doit être constitué pratiquement à 50% par une interminable séance de torture...ce qui me semble difficile à tenir au cinéma.
En tout cas, merci de la critique...
Ian Fleming est en vérité un sacré bon écrivain de polars, qui rend avec âpreté la cruauté d'un monde où la vie humaine n'est pas une valeur en soi, le sex appeal d'un héros à la limite de la dérive qui ne vit vraiment que dans l'intensité (sensuelle ou violente) du moment, et la quintessence des ambiances à travers lesquelles il passe (du savoir vivre phlegmatique british à l'odeur de transpiration et de poussière des tropiques qu'il affectionne).
Tout cela s'était transformé, dès les premières adaptations cinématographiques en d'aimables et plantureuses pièces montées où les gadgets et les jolies filles tenaient lieu de ressort de l'action.
Tu sembles dire que cette vision des choses est maintenant caduque, mais je ne suis quand même pas trop rassurée par l'évolution vers le "Bond en smoking, commandant un Martini dry et conduisant une Aston Martin. Si je me souviens bien, du reste, Casino Royal -le bouquin- doit être constitué pratiquement à 50% par une interminable séance de torture...ce qui me semble difficile à tenir au cinéma.
En tout cas, merci de la critique...
sinon, si ça reprend vraiment le ton de Fleming, ça peut être intéressant en effet.
Merci de souligner que James Bond c'est aussi une brute, intelligent certes mais physique et doté d'une grande résistance à la douleur.
Pas un péquin moyen tout de même, même s'il n'y rien à voir avec le playboy gadgétisé et sponsorisé de l'époque moore et Brosnan.
Les premiers avec Connery respectaient bien le ton des bouquins aussi.
Merci de souligner que James Bond c'est aussi une brute, intelligent certes mais physique et doté d'une grande résistance à la douleur.
Pas un péquin moyen tout de même, même s'il n'y rien à voir avec le playboy gadgétisé et sponsorisé de l'époque moore et Brosnan.
Les premiers avec Connery respectaient bien le ton des bouquins aussi.

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archervert
publié le 23 nov. 06