Le foyer rural de « La Roche-en-Brinul » organise son grand thé dansant annuel en compagnie de l’orchestre de Bruno Brunel.
VENEZ NOMBREUX.
Ah pour ça, nombreux on va l’être.
15 tables de 20 chaises bien alignées en biais nous attendent, avec devant chacune d’elle, une assiette garnie d’une part de brioche, une petite gaufrette « Lu » et un verre de cidre.
C’est pas un foyer, c’est la maison de retraite « Les Joyeux Iris ».
Ca m’fout un peu la nausée, mais bon, j’ai promis à mes amis de les accompagner, de plus ils ont pensé bien faire, j’adore danser.
Mais là ! J’ai plutôt envie de rejoindre fissa mon p’tit appartement dans ma p’tite auto, pour retrouver ma p’tite télé, mon « Question pour un Champion » et autre émission en « ION ».
Mais bion.
J’y suis j’y reste.
La salle se remplit et aux premières notes de l’accordéon, ils se sont tous accouplés.
Moi l’air de rien, je tapote sur le coin de la table genre «personne m’invite à danser mais je m’en moque pas mal» et pour ajouter à ma décontraction non feinte, je sifflote.
Lui (arrivant du diable vauvert) :
- vous dansez ?
Moi (feignant la surprise) :
- oui oui bien sûr (j’suis là pour quoi à ton avis ?)
Lui :
- bel après-midi n’est-ce pas ?
Moi :
- oui oui, bel après-midi
Lui :
- c’est un paso doble
Moi :
- oui oui bien sûr (m’prends pour qui papy ?)
Allez, zou, main droite dans main gauche, main gauche dans main droite et petit doigt levé et tête altière et fesses rentrées, comme aux cours de danse de Mme Gambassi.
C’est parti. Je sens que ça va être endiablé …
Lui :
- vous venez souvent ici ?
Moi :
- non non c’est la première fois (j’y crois pas, ça s’dit encore ces trucs-là ?)
« Que Viva Espäna ».
Et allez, hop, c‘est parti.
Et que je te prends par la taille pour trottiner de concert, et que je te fais tourner à gauche, et à droite, et à droite, et à gauche, et en parallèle, et en diagonale, petits pas chaloupés, arrondis, sautillés, traînés au sol genre Carmen Cortez, et re-hop, passage sous l’aisselle gauche, petit détour par l’aisselle droite, braquage mal négocié, créneau à venir, effets de cheville et mollets croisés, et que je te penche sur mon bras droit, et sur mon bras gauche, vire et volte au milieu du foyer pour exhiber sa dernière passe, et tourbillons et tournoiements et tapage de talons, et que je te rattrape la taille sous la veste cette fois et re-passage sous pépère essoufflé et transpirant, qui, entre deux passes (olé), me hurle dans les oreilles : « Laralala, que viva Espana, Laralala, que viva Espana, la vida tiene auro sabor y Espana es la mejor. Espana es la mejor … » ; manque plus que le sable chaud et la mer ... mais les plages sont longues en Bourgogne.
OLE, OLE, OLE. Coda de l’accordéoniste. Fin du paso doble.
Les cheveux hagards et les yeux ébouriffés, je regagne à peine ma chaise que Cordobès me tape sur l’épaule pour l’accompagner dans un slow qui s’annonce ravageur : « La Montagne » de Jean Ferrat.
Après l’Espagne, l’Auvergne, quel voyage intergalactique.
Non, non, merci fis-je poliment avec ce qui me reste de main droite. Je me repose.
"Et puis, on n’va tout de même pas effectuer un mélange de sueur. On se connaît pas bien".
Bises et bien à vous.
La Chris
7 janvier 2008
VENEZ NOMBREUX.
Ah pour ça, nombreux on va l’être.
15 tables de 20 chaises bien alignées en biais nous attendent, avec devant chacune d’elle, une assiette garnie d’une part de brioche, une petite gaufrette « Lu » et un verre de cidre.
C’est pas un foyer, c’est la maison de retraite « Les Joyeux Iris ».
Ca m’fout un peu la nausée, mais bon, j’ai promis à mes amis de les accompagner, de plus ils ont pensé bien faire, j’adore danser.
Mais là ! J’ai plutôt envie de rejoindre fissa mon p’tit appartement dans ma p’tite auto, pour retrouver ma p’tite télé, mon « Question pour un Champion » et autre émission en « ION ».
Mais bion.
J’y suis j’y reste.
La salle se remplit et aux premières notes de l’accordéon, ils se sont tous accouplés.
Moi l’air de rien, je tapote sur le coin de la table genre «personne m’invite à danser mais je m’en moque pas mal» et pour ajouter à ma décontraction non feinte, je sifflote.
Lui (arrivant du diable vauvert) :
- vous dansez ?
Moi (feignant la surprise) :
- oui oui bien sûr (j’suis là pour quoi à ton avis ?)
Lui :
- bel après-midi n’est-ce pas ?
Moi :
- oui oui, bel après-midi
Lui :
- c’est un paso doble
Moi :
- oui oui bien sûr (m’prends pour qui papy ?)
Allez, zou, main droite dans main gauche, main gauche dans main droite et petit doigt levé et tête altière et fesses rentrées, comme aux cours de danse de Mme Gambassi.
C’est parti. Je sens que ça va être endiablé …
Lui :
- vous venez souvent ici ?
Moi :
- non non c’est la première fois (j’y crois pas, ça s’dit encore ces trucs-là ?)
« Que Viva Espäna ».
Et allez, hop, c‘est parti.
Et que je te prends par la taille pour trottiner de concert, et que je te fais tourner à gauche, et à droite, et à droite, et à gauche, et en parallèle, et en diagonale, petits pas chaloupés, arrondis, sautillés, traînés au sol genre Carmen Cortez, et re-hop, passage sous l’aisselle gauche, petit détour par l’aisselle droite, braquage mal négocié, créneau à venir, effets de cheville et mollets croisés, et que je te penche sur mon bras droit, et sur mon bras gauche, vire et volte au milieu du foyer pour exhiber sa dernière passe, et tourbillons et tournoiements et tapage de talons, et que je te rattrape la taille sous la veste cette fois et re-passage sous pépère essoufflé et transpirant, qui, entre deux passes (olé), me hurle dans les oreilles : « Laralala, que viva Espana, Laralala, que viva Espana, la vida tiene auro sabor y Espana es la mejor. Espana es la mejor … » ; manque plus que le sable chaud et la mer ... mais les plages sont longues en Bourgogne.
OLE, OLE, OLE. Coda de l’accordéoniste. Fin du paso doble.
Les cheveux hagards et les yeux ébouriffés, je regagne à peine ma chaise que Cordobès me tape sur l’épaule pour l’accompagner dans un slow qui s’annonce ravageur : « La Montagne » de Jean Ferrat.
Après l’Espagne, l’Auvergne, quel voyage intergalactique.
Non, non, merci fis-je poliment avec ce qui me reste de main droite. Je me repose.
"Et puis, on n’va tout de même pas effectuer un mélange de sueur. On se connaît pas bien".
Bises et bien à vous.
La Chris
7 janvier 2008
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Voici les 21 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
Je suis une lectrice frustrée qui réclame la suite de cette histoire tellement bien relatée,je reste sur ma faim:Y a t'il eu d' autres danses?D' autres rencontres avec cet Hidalgo des bacs à sables?Je veux tout savoir na!!
Signé:Une amie du génial ARTHUR.
Signé:Une amie du génial ARTHUR.
La danse n'est pas ma tasse de thé...mais effectivement...on s'y croirait..Olé
Eno : j'ai adoré le film de Scola, sans paroles et haut en rythmes et couleurs. A l'époque (j'avais la quarantaine) je ne pensais pas que moi aussi je me déguiserais un jour en sapin de noël et ferais mon régécolor pour aller danser !!!
C'est vrai que ça fout un peu les jetons mais bon ...
Comme me le disait une "bonne" copine récemment : "tu sais à notre âge on prend s'qui reste". Très pessimiste ou très lucide, va savoir.
Bises de la Chris
C'est vrai que ça fout un peu les jetons mais bon ...
Comme me le disait une "bonne" copine récemment : "tu sais à notre âge on prend s'qui reste". Très pessimiste ou très lucide, va savoir.
Bises de la Chris
Me fait penser au "Bal" d'Ettore Scola...avec les femmes assises, empruntées dans leur robe, la mise en plis toute fraîche, la maquillage un peu "trop"...et les hommes qui tournent, regardent, apprécient...font leur marché...
L'attente des femmes d'être choisie est palpable et effrayante !
Quel paso....j'ai bien senti la cambrure..
L'attente des femmes d'être choisie est palpable et effrayante !
Quel paso....j'ai bien senti la cambrure..
avait raison
toreros paso dobles ???
c'est super
c'est super
être un plaisir que danser avec vous un psao endiablé, vous me faites penser à une gitane
... la petite fleur des montagnes ! Merci Scriptural, j'ai amélioré ma connaissance autour de mon prénom ce soir !
j'préfère l'histoire du Christ que celle de la tauromachie.
C'était pas mon idée de base.
Et là, sur un pas chassé et voluptueux, je vais rejoindre mon oreiller musical.
Douce nuit
Bises
C'était pas mon idée de base.
Et là, sur un pas chassé et voluptueux, je vais rejoindre mon oreiller musical.
Douce nuit
Bises
véronique [ve??nik] nom féminin
étym. 1911; espagnol veronica, du nom de sainte Véronique, par analogie du geste qu'elle fit pour essuyer la face du Christ
v
? Taurom. Passe exécutée par le torero avec la cape. « un geste large et rond qui me faisait songer à la véronique du torero » (J.-P. Milovanoff).
(source : petit robert 2007)
étym. 1911; espagnol veronica, du nom de sainte Véronique, par analogie du geste qu'elle fit pour essuyer la face du Christ
v
? Taurom. Passe exécutée par le torero avec la cape. « un geste large et rond qui me faisait songer à la véronique du torero » (J.-P. Milovanoff).
(source : petit robert 2007)
Un p'tit bisou, un p'tit bouquet, un p'tit paso et hauts les coeurs !!!
... connaissais la petite fleur de montagne... mais là... de quoi tu parles Scriptu ? Pace que si c'est une insulte... gaffe, j'ai une laitue flagada à 1,45 de chez Carrouf (clin d'oeil à Ylatana !) en réserve pour te l'envoyer sur la tronche (excuse-moi, sors de la lecture d'un comm. où certaines réactions étaient insultantes... croyais affaire à des gens de bonne compagnie sur PCC, suis un peu remontée).
Quoi ?
Et pis, rien d'autre ... Hummm, on attend la suite avec grande impatience
Et pis, rien d'autre ... Hummm, on attend la suite avec grande impatience

Parce que moi, peu importe l'endroit, mais quand il y a une valse, je suis prête à tout ! (enfin...presque tout...) 
ah oui ! les parfums qui sentent "la poud.e de .iz".
Merci à vous.
Merci à vous.
tout est tellement vrai, de la gaufrette Lu au "Vous venez souvent ici?"... Manque plus que les odeurs, sueur et vieille poussière, camouflés par des parfums bon marché...

reste à savoir qui était torero et qui était taureau... 


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chris711
publié le 7 janvier 08