Je suis allée voir Dans Paris hier soir, un peu à reculons, car Ma Mère, également de Christophe Honoré, m'avait ennuyée, malgré la présence d'Isabelle Huppert la Grande et l'attrait de la beauté de Louis Garrel.
Et bien, hier, j'ai marché. Et pour que ça marche avec moi, comme avec beaucoup d'entre nous, il faut que l'intellect et l'émotion soient sollicités ensemble. J'ai trouvé ce film très émouvant, très amusant (oui!) et très réussi au point de vue cinématographique: le film d'une personne en vraie recherche (de sens, excusez du peu!!).
Côté esthétique, ça m'a beaucoup plu. Il y a des tas de petites trouvailles dans ce film: j'ai un regard naïf sur les techniques cinématographiques, mais le résultat était... charmant, très beau plastiquement, aussi, malgré la banalité de ce Paris-là et le décor kitschissime de l'appartement familial.
Anecdotes familiales sur fond de drame enfoui, de quoi faire de la place aux acteurs.Et les acteurs sont drôlement bien traités dans ce film, drôlement dans tous les sens du terme. Film drôle, donc pudique, vu le mal-être qui sous-tend l'ensemble. Le film est drôle par les dialogues (restitution parfaite de l'humour post-potache, et désarroi drolatique des parents). Film drôle aussi car il véhicule une liberté légère: situations orchestrées comme un ballet, genre Demy - Nouvelle Vague (chanson téléphonée et esquisses de pas, et des acteurs en semi-liberté qui s'amusent ou se font plaisir, Garrel fait son foufou, Duris et Preyss ont un joli filet de voix). Une impression de fantaisie libre, souvent, voilà, malgré, toujours là, souterraine, la souffrance de vivre et les relations familiales, une souffrance en soi.
Mais tout ça, c'est le côté drolatique des situations réelles: les gens qui s'enfoncent dans la dépression ont effectivement quelque chose d'étrangement comique, même si l'on s'inquiète pour eux ou qu'on s'inquiète tout simplement de cette étrangeté qu'ils exhibent malgré eux. Les gens qui veulent vivre malgré la perte peuvent aussi avoir quelque chose qui nous fait à la fois sourire et nous attendrir (Guy Marchand, Pisier, parents traumatisés mais pudiques; Garrel, enfant qui a dû vivre avec tout ça).
Romain Duris est de mieux en mieux.Un gros plan sur son visage, une expression de lui et on le suit dans l'émotion.. Guy Marchand en père gaga est superbe de quotidienneté blessée. Marie-France Pisier fait une apparition en mère indigne, faussement légère, qui se veut à distance de la souffrance familiale et de l'événement qui l'a exacerbée (allez voir le film pour savoir de quoi il s'agit, c'est un traumatisme simple). Joanna Preyss est toujours très "icône underground", mais avec quelque chose de frais, ici, comme les autres jeunes filles du film. Louis Garrel est toujours beau et brun (pas de faute de goût, donc), et délicieux dans son rôle de post ado.
Tout ça, c'est enchanteur, et ça remet bien à distance le côté branchouille d'Honoré et de ses personnages, qui m'avait jusqu'ici plutôt agacée. Il nous offre un film qui montre la grâce de l'expérience en train de se faire et la beauté imparfaite mais bien là de la maturité obligatoire (sinon tu meurs).
Un film à la fois aussi référencé et aussi vivant, touchant, simple et limpide, c'est une grande réussite.
Et bien, hier, j'ai marché. Et pour que ça marche avec moi, comme avec beaucoup d'entre nous, il faut que l'intellect et l'émotion soient sollicités ensemble. J'ai trouvé ce film très émouvant, très amusant (oui!) et très réussi au point de vue cinématographique: le film d'une personne en vraie recherche (de sens, excusez du peu!!).
Côté esthétique, ça m'a beaucoup plu. Il y a des tas de petites trouvailles dans ce film: j'ai un regard naïf sur les techniques cinématographiques, mais le résultat était... charmant, très beau plastiquement, aussi, malgré la banalité de ce Paris-là et le décor kitschissime de l'appartement familial.
Anecdotes familiales sur fond de drame enfoui, de quoi faire de la place aux acteurs.Et les acteurs sont drôlement bien traités dans ce film, drôlement dans tous les sens du terme. Film drôle, donc pudique, vu le mal-être qui sous-tend l'ensemble. Le film est drôle par les dialogues (restitution parfaite de l'humour post-potache, et désarroi drolatique des parents). Film drôle aussi car il véhicule une liberté légère: situations orchestrées comme un ballet, genre Demy - Nouvelle Vague (chanson téléphonée et esquisses de pas, et des acteurs en semi-liberté qui s'amusent ou se font plaisir, Garrel fait son foufou, Duris et Preyss ont un joli filet de voix). Une impression de fantaisie libre, souvent, voilà, malgré, toujours là, souterraine, la souffrance de vivre et les relations familiales, une souffrance en soi.
Mais tout ça, c'est le côté drolatique des situations réelles: les gens qui s'enfoncent dans la dépression ont effectivement quelque chose d'étrangement comique, même si l'on s'inquiète pour eux ou qu'on s'inquiète tout simplement de cette étrangeté qu'ils exhibent malgré eux. Les gens qui veulent vivre malgré la perte peuvent aussi avoir quelque chose qui nous fait à la fois sourire et nous attendrir (Guy Marchand, Pisier, parents traumatisés mais pudiques; Garrel, enfant qui a dû vivre avec tout ça).
Romain Duris est de mieux en mieux.Un gros plan sur son visage, une expression de lui et on le suit dans l'émotion.. Guy Marchand en père gaga est superbe de quotidienneté blessée. Marie-France Pisier fait une apparition en mère indigne, faussement légère, qui se veut à distance de la souffrance familiale et de l'événement qui l'a exacerbée (allez voir le film pour savoir de quoi il s'agit, c'est un traumatisme simple). Joanna Preyss est toujours très "icône underground", mais avec quelque chose de frais, ici, comme les autres jeunes filles du film. Louis Garrel est toujours beau et brun (pas de faute de goût, donc), et délicieux dans son rôle de post ado.
Tout ça, c'est enchanteur, et ça remet bien à distance le côté branchouille d'Honoré et de ses personnages, qui m'avait jusqu'ici plutôt agacée. Il nous offre un film qui montre la grâce de l'expérience en train de se faire et la beauté imparfaite mais bien là de la maturité obligatoire (sinon tu meurs).
Un film à la fois aussi référencé et aussi vivant, touchant, simple et limpide, c'est une grande réussite.
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sissi
publié le 15 oct. 06