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De l'amitié
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A la rencontre de Forrester.

2: De l'amitié.

A la rencontre de Forrester ne parle pas seulement de la difficulté à vivre avec des dons hors normes (voir mon dernier comm), il raconte aussi une amitié improbable, celle d'un jeune de 16ans qui se cherche avec un vieil homme qui s'est enfermé dans la solitude. Pour ne rien arranger c'est sur la base d'un conflit que commence leur relation puisque le jeune s'est immiscé par effraction dans l'appartement de l'ermite. Le qualificatif d'ermite n'est pas un euphémisme ici. Le vieil écrivain ne pose plus un pied hors de chez lui. Il se fait livrer ce dont il a besoin par un élégant jeune homme dont la BMW clinquante ne passe pas inaperçu au beau milieu du Bronx.

C'est d'ailleurs cette BMW qui est l'occasion du premier coup d'éclat intellectuel de Jamal. Afin de remettre à sa place son riche et arrogant propriétaire, Jamal lui demande s'il connait l'histoire de cette voiture dont il semble si fier. il lui explique alors avec virtuosité que BMW était initialement une firme qui produisait les moteurs des avions de chasse allemand. Elle dut se recycler suite aux interdits militaires frappant les perdants de la première guerre mondiale... d'où l'excellence des moteurs BMW: ils étaient autrefois des moteurs d'avions... histoire dont témoigne le sigle de la marque « une hélice blanche tournant sur un fond de ciel bleu ». Ceux qui connaissent bien Gus Van Sant ne pourront manquer de noter les analogies entre cette scène et celle « du bar » dans Will Hunting. L'arrogance de ceux qui pensent posséder le savoir simplement parce qu'ils appartiennent à une certaine classe sociale est toujours insupportable pour ceux qui possèdent la connaissance des choses à un autre degré et dont le rapport à la celle-ci est autrement moins superficiel, autrement plus existentiel... mais je m'égare.

Revenons à cette amitié. William est donc un vieil ermite solitaire et Jamal un jeune black du Bronx qui s'est glissé dans son appartement comme un voleur pour impressionner ses potes. Bref, tous les deux n'ont pas grand choses en commun et se rencontre dans une situation pas franchement des plus favorables, et pourtant, il ne leur faudra pas longtemps pour devenir amis. Comment est-ce possible? Quelle est la nature de cette amitié?

Je crois qu'elle fait partie de ces amitiés qui réunissent deux êtres qui à première vue n'ont rien à voir l'un avec l'autre mais qui partagent des choses qui vont bien au delà des apparences, des conventions et des étiquettes sociales.
Je dirais de façon forcément réductrice et simplificatrice qu'il existe plus ou moins deux types d'amitié.
Il y a les amitiés qui s'ancrent dans le temps et accompagnent une sociabilité « normale ». Ce sont celles qui nous unissent à nos amis d'enfance ou d'étude, avec qui nous avons partagé tant de choses: délires, fêtes et drames, euphories et déboires... Ces amis sont des témoins de nos vies, de nos premières expériences. Ils sont nos compagnons de route, parfois nos confidents d'un temps. On les aime parce qu'ils sont une part de notre vie. Ils sont indissociablement liés à certaines périodes ne notre existence. Quand ils s'éloignent de nous c'est une partie de nous-même qui s'en va... Quand une bande d'amis se retrouve séparé par les aléas de la vie c'est plusieurs existences qui se fissurent et une nostalgie qui s'empare de notre coeur dès qu'on pense à cet avant, ce temps où nous avions le bonheur d'être ensemble si naturellement, à cette époque où la présence de chacun semblait une évidence...
On est peut-être d'autant plus attaché à ces amis là qu'on est attaché à la période qu'ils ont vécu à nos côtés parce qu'elle était belle ou difficile.

Et puis, il y a, je crois, un deuxième type d'amitié, moins courant celui-là. C'est ce type d'amitié que vont connaître William et Jamal. C'est une amitié basée moins sur des expériences partagées que sur un sentiment de profonde compréhension mutuelle. Avec ces amis là, on a le sentiment de pouvoir être pleinement soi, de pouvoir se montrer différent, parfois d'une vanité ailleurs inacceptable, d'autre fois d'une fragilité inavouable. Ces amitiés là sont essentielles, je crois, à tous les êtres qui sont radicalement hors normes et qui se cherchent.
Une amitié de ce type vous permet d'affirmer qui vous êtes et voulez être, ce que vous aimez vraiment, sans avoir besoin de vous préoccuper des jugements extérieurs ou des normes sociales ou communautaires. Ce type d'amitié vous aide à vous accepter vous-même dans toute votre complexité. Alors que vos autres amis, pas toujours heureusement, mais souvent, ont tendance à vouloir vous enfermer dans un de vos personnages, dans une des facettes de votre personnalité, ces amis là vous donne le sentiment de pouvoir être vraiment vous-même. Jamal par exemple ne peut pas assumer ses penchants intellectuels, son goût pour les livres et sa passion pour l'écriture auprès des autres jeunes du quartier. Ce serait faire le blanc à leurs yeux. Il ne peut pas non plus utiliser son langage de quartier ou son goût pour les vannes dans sa nouvelle école où il agit tout en retenu. Avec William, par contre il est absolument lui même, pleinement libre. Il peut lui offrir toute la complexité de son être. Tantôt il parle avec l'élégance du jeune écrivain en herbe. Tantôt il laisse parler son coeur de gamin des cités. Seul ce type d'amitié, je crois, permet d'être ainsi autant soi même, sans jamais avoir l'impression de sonner faux. Quant à William, il trouve dans les yeux de ce jeune homme et dans son affection la force qui lui manquait pour affronter de nouveau le monde. Il lui rappelle que les autres peuvent lui apporter encore de bonnes choses, encore du bonheur, qu'il peut être encore aimé même si ceux qu'ils regardaient comme les siens ont tous disparu, emporté par la guerre et ses remous. Jamal lui offre la fraicheur et la générosité qui manquait à son vieux coeur devenu triste et morose. S'il identifie si vite les passages « constipés » du jeune homme dans ses carnets, au début du film, c'est sans doute parce que lui même est bourré de pensées constipées, ruminant sans cesse ses souffrances passées.
William offre à Jamal la possibilité de vivre une passion qu'il ne pouvait exprimer ailleurs et d'être pleinement lui même, sans compromis, entier. Jamal lui offre en retour la vie en présent, le goût de la vie tout simplement.
Je pourrais encore dire beaucoup sur ce film et l'amitié qu'il met en scène. A propos de l'amitié je pense notamment à ces codes qui se créent dans l'intimité et dont seuls les amis qui les ont créé connaissent pleinement le sens. Dans ce film il y a par exemple leurs questions « type soupe »... L'amitié c'est aussi ça, des petites choses que l'on partage et qui n'existe que pour nous et par nous et qui disparaitront avec nous et notre amitié.

Ce film parle aussi d'écriture: écrire avec son coeur d'abord, penser seulement après, lorsqu'il s'agit de relire, réécrire...

Il y a également cette énigme des deux lancers francs sur laquelle j'ai ma petite idée...

A la rencontre de Forrester est un film d'une richesse rare, bourré de détails subtils ou attachants. Un film à voir ou revoir d'urgence... et encore je ne parle pas de la BO!

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BIGARD met le paquet là où il faut pas!
Après Dieudonné, boycotté par les médias français suite à un sketch improvisé chez Fogiel qui ne choqua lors de sa diffusion première que quelques sionistes extrêmistes, c'est au tour de Bigard d'être pointé du doigt et critiqué à l'unisson par tous les médias français.
Mais si le premier a persisté et signé ce qui en a fait un paria, Bigard pour des raisons connues de lui même a préféré s'excuser. Je ne me permettrais pas de le juger. Je ne connais pas les pressions qu'il a pu subir après ces malheureux mots sur le 11 septembre et de toute manière ce n'est pas trop dans mes habitudes de jouer au moralisateur.
Ce qui m'intéresse dans l'affaire Bigard, c'est la diabolisation qu'a connu son discours dans l'intégralité des médias français les plus populaires.
Qu'est ce qu'a dit Bigard?
En gros, qu'en regardant certains films sur internet on peut se poser pas mal de questions sur le 11 septembre. Bigard fait référence à "Loose change". Il aurait également pu évoquer "zeitgeistmovie"bien que ce film ne traite pas uniquement du 11 septembre.
On découvre dans ces films ce à quoi fait allusion Bigard,c'est à dire que jamais aucune image ne nous a montré un avion s'écrasant sur le pentagone ou des traces crédibles témoignant d'un tel crash.
On peut se demander à juste titre pourquoi le gouvernement et les médias américains ont voulu faire croire au monde à un crash sur le pentagone si celui-ci comme le pense certains (notamment un général de l'armée américaine responsable de l'imagerie militaire pour l'espionnage scientifique et technologique pendant la guerre froide... témoignage disponible sur internet) a été frappé par un missile.
On peut également se demander tout comme Jean Marie Bigard pourquoi les tours se sont effondrées en à peine dix secondes soit à la vitesse de tours démolis avec des explosifs si elles se sont écroulées à cause des feux provoquées par le crash des avions.
Personnellement tout cela me dépasse complètement... mais je trouve étrange que l'on diabolise avec un tel acharnement des propos s'ils sont tellement fantaisistes...
Où est la liberté d'expression si l'on a plus le droit de dire qu'on a été interpellé par des documentaires vu sur internet?
Serait-il interdit aujourd'hui d'être naïf? Devrait on s'excuser d'être crédule, à moins que ne soit le contraire?
Quand on puise au même source que Bigard, il me semble qu'on peut, sans les partager, ne serait-ce que comprendre ses propos. Si les théories auxquelles il fait allusion sont absurdes pourquoi notre société fondée sur l'esprit scientifique et l'expertise n'y répond pas une fois pour toute de façon claire et nette par une expertise scientifique?
Je n'en ai aucune idée mais comme Jean Marie Bigard, je trouve ça un peu étrange. Pas vous?
Et puis, n'est-ce pas sous le mandat du même gouvernement américain que l'on nous a répété que les irakiens possédaient des armes de destructions massives alors qu'il n'en était rien... Comment peut on croire béatement un gouvernement qui a menti aussi honteusement à ses concitoyens? Tout cela est bien triste... et je me demande bien où se trouve le débat agonistique et la liberté d'expression et d'opinion dans des pays qui en font les fondements de leur système de valeurs.
shed the baby fat.
de ce voyage en amitié...les chemins choisis sont remarquables
d'intensité et d'attentions partagées.beau texte.
pas convaincante. Le texte est haché et laborieux : vous nous avez habitué à mieux
 18/09/08 à 19h53
c'est pertinent, sensible, humain et ça me procure une grande joie de lire ton gros paragraphe sur la 2e forme d'amitié

de plus, je ne connaissais pas ce film, et dès que j'en ai l'occasion j'irai le découvrir
 18/09/08 à 12h35
labourguignonne
à tout âge on dirait encore qu'on y a rien compris, c'est p't'être pire que l'amour ce sujet là...